Une charnière tombe à l'eau

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Une charnière tombe à l'eau
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Très loin du compte face au Japon, où elle n'aura jamais su peser sur le match, la paire de demis, Dimitri Yachvili-François Trinh-Duc, semble clairement menacée avant l'annonce ce mardi matin (lundi, 22h, heure française) du quinze de départ retenu pour affronter le Canada dimanche, à Napier. Même si la blessure de David Skrela rebat les cartes et impose désormais à Morgan Parra aussi un statut de n°10 réserviste.

Très loin du compte face au Japon, où elle n'aura jamais su peser sur le match, la paire de demis, Dimitri Yachvili-François Trinh-Duc, semble clairement menacée avant l'annonce ce mardi matin (lundi, 22h, heure française) du quinze de départ retenu pour affronter le Canada dimanche, à Napier. Même si la blessure de David Skrela rebat les cartes et impose désormais à Morgan Parra aussi un statut de n°10 réserviste. Sans atteindre la violence de la diatribe qui s'est abattu sur Imanol Harinordoquy, dont le matricule a chauffé plus qu'aucun autre joueur français dimanche, à l'heure où un Marc Lièvremont, animé d'une colère froide, a décerné les prix d'horreur de la victoire face au Japon (47-21) (voir Harinordoquy en tête au tableau d'horreur), la charnière Yachvili-Trinh-Duc ne fut pas oubliée pour l'ensemble de son oeuvre face aux Nippons. "Une charnière poussive sur le match, il faut bien le dire, très approximative", relèvera Lièvremont, enchaînant à l'adresse du demi de mêlée biarrot, qui le jour de l'annonce de sa titularisation pour ce match d'ouverture déclarait tout de go: "Je le mérite !" Mérite-il les propos tenus à son endroit par Lièvremont ? "On avait trouvé Le Yach' très alerte et très précis sur la préparation, et il a été aussi en-dedans, avec beaucoup de déchet technique dans les transmissions." Quant à Trinh-Duc, ce sera aussi bref que lapidaire: "Et François s'est mis au diapason..." Les deux demis ont sombré de concert, incapables d'assumer leur costume respectif de "leader de jeu", comme le signale Lièvremont, dédouanant du même coup son capitaine, Thierry Dusautoir, "leader de combat", lorsque les Bleus ont cédé à la facilité et à l'a peu près, notamment à l'heure de jeu, au plus fort du retour japonais. Estebanez, l'autre option en dix Déjà a priori exclue, si l'on s'en tient à la logique de roulement privilégiée, la perspective de voir et l'un et l'autre reconduits face au Canada était devenue quasi nulle. D'autant que dans le même temps, Morgan Parra réussissait lui une rentrée probante, qui ne pouvait évidemment pas échapper à Lièvremont: "Morgan a été très bon dans l'animation, c'est vrai qu'il a remis de la fluidité, un peu de vivacité. On a eu longtemps le sentiment que face à des Japonais virevoltants, on jouait vraiment avec des semelles de plomb ; on était très empruntés, très poussifs. Morgan a joué sur un rythme, des choses simples, une bonne qualité de passe et il a su donner un peu plus d'envergure à notre match." Autant dire un bon valable pour une titularisation face aux Canucks, dimanche, à Napier. A la seule nuance près que c'est à... l'ouverture que Parra a réussi sa rentrée en remplacement d'un David Skrela, blessé à l'épaule et sous la menace depuis d'un possible forfait pour la suite de la Coupe du monde. Une situation qui conditionne donc à elle toute seule les contours du quinze de départ que dévoilera Lièvremont mardi matin, depuis l'hôtel Byron on Spencer (lundi soir, 22h, heure française). En effet, Parra s'inscrit dans un tel contexte, et en attendant que se dénoue la question de l'avenir de Skrela dans ce Mondial, comme la doublure n°1 de Trinh-Duc en n°10, ce que Lièvremont a confirmé: "Morgan a montré, ça avait déjà été le cas par le passé, en tant que dix de formation, qu'il pouvait ponctuellement jouer ce registre-là." Pas de quoi tout de même transformer Parra en réserviste de l'ouverture, ni le priver de l'alternance qui se dessine pour lui au poste de demi de mêlée. Et ne laisse donc aucune chance de se refaire à la charnière perdante du Japon. D'autant qu'un Fabrice Estebanez, autre option à l'ouverture -il y a évolué avec Brive-, est en mesure lui aussi d'endosser ce rôle de doublure, laissant à Parra toute latitude de rentrer en n°9 au côté de Trinh-Duc. Autre choix épineux pour le sélectionneur, qui devrait valider les retours de Maxime Mermoz, remis de son entorse au genou gauche, et de Damien Traille, en plus d'une refonte complète de ses deuxième et troisième lignes, le poste de talonneur, où un William Servat, dont il attendait qu'il refasse ses preuves, a rempli son contrat. "Pour un garçon qui n'avait pas joué depuis quatre mois, il a réussi une rentrée probante ; il a été notre fer de lance en mêlée, il a poussé deux ou trois charges intéressantes, pour un retour, c'est quand même satisfaisant." Au point que Lièvremont devrait redonner du temps de jeu à son leader de la première ligne face aux Canucks. "Il y a une forme de logique à ça. Dimitri est un formidable compétiteur, qui se donne les moyens de ses ambitions, et peut-être plus qu'un autre, il y a une forme de frustration pour lui de se dire que stratégiquement et par rapport à leur complémentarité, il est plus intéressant que William démarre." Szarzewski avait déjà compris... Le XV de France possible face au Canada: Traille - Clerc, Marty, Mermoz, Médard - (o) Trinh-Duc, (m) Parra - Picamoles, Ouedraogo, Bonnaire (ou Dusautoir) - Millo-Chluski, Papé - Ducalcon, Servat, Poux. Remplaçants: Guirado, Barcella, Pierre, Dusautoir (ou Lakafia), Yachvili, Rougerie, Heymans.