Une année de tennis

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Une année de tennis
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2011 a marqué un tournant sur le circuit masculin avec la prise de pouvoir de Novak Djokovic aux dépens de Rafael Nadal et Roger Federer. Intouchable ou presque pendant huit mois, le Serbe a néanmoins perdu le plus beau match de l'année à nos yeux, une demi-finale somptueuse à Roland-Garros contre Federer. Du beau jeu à la menace d'une grève, il n'y a qu'un pas que les joueurs auraient pu franchir pour pointer du doigt un calendrier trop chargé. Chez les filles, on attend 2012...

2011 a marqué un tournant sur le circuit masculin avec la prise de pouvoir de Novak Djokovic aux dépens de Rafael Nadal et Roger Federer. Intouchable ou presque pendant huit mois, le Serbe a néanmoins perdu le plus beau match de l'année à nos yeux, une demi-finale somptueuse à Roland-Garros contre Federer. Du beau jeu à la menace d'une grève, il n'y a qu'un pas que les joueurs auraient pu franchir pour pointer du doigt un calendrier trop chargé. Chez les filles, on attend 2012... Le joueur de l'année : Novak Djokovic De n°3, derrière l'intouchable duo Nadal-Federer, Novak Djokovic a franchi un cap immense cette année en devenant ni plus ni moins que le meilleur joueur du circuit. Une domination presque sans partage que le Serbe a initiée dès l'Open d'Australie, premier de ses trois titres du Grand Chelem raflés lors des douze derniers mois. Invincible pendant 41 matches, il a fallu attendre début juin, à Roland-Garros, et une demi-finale d'anthologie face à Roger Federer (voir plus bas) pour le voir perdre. Une défaite dont "Nole" s'est très vite remis, s'adjugeant durant l'été pour la première fois Wimbledon et l'US Open, portant à dix son nombre de titres récoltés en une saison. Si une blessure au dos et une logique usure mentale et physique lui ont gâché sa fin d'année - il a concédé cinq de ses six défaites en 2011 après la mi-septembre -, la saison de Djokovic reste en tout point extraordinaire. N°1 mondial avec 13 675 points, soit 4 100 de plus que son dauphin Rafael Nadal, le Serbe a établi un nouveau record, comme celui des plus gros gains amassés en une saison (12,6 millions de dollars, environ 9,5 millions d'euros). De quoi fêter dignement ce cru d'exception avant de se plonger vers 2012, où le plus dur sera de rééditer ses prouesses. Le match de l'année : Federer-Djokovic, demi-finale de Roland-Garros La saison a offert bon nombre de merveilleux bras de fer, mais la demi-finale à Roland-Garros ayant mis aux prises Novak Djokovic et Roger Federer a le plus attiré notre attention. Si les deux hommes allaient se livrer une autre demie complètement folle trois mois plus tard à New York, là même où la finale entre Djokovic et Rafael Nadal se révèlera également dantesque, ce match disputé le 3 juin sur un court Philippe-Chartrier plein comme un oeuf restera comme le plus beau de la saison. Entre un Djokovic encore invaincu en 2011 et un Federer au sommet de son art, le spectacle fut magnifique. Le premier set notamment, tombé dans la poche du Suisse après 1h10 de coups plus beaux les uns que les autres. Et quand, après quatre sets d'une intensité rare, Federer infligeait au Serbe son premier revers de l'année (7-6, 6-3, 3-6, 7-6), le public du Central en redemandait, comme si la notion de rappel existait dans le sport. Il faut dire que les deux artistes l'avaient bien mérité. L'équipe de l'année : L'Espagne Celle de République tchèque, chez les dames, aurait très bien pu s'inscrire à ce palmarès après le premier sacre de son histoire en Fed Cup obtenu en Russie. Mais on lui a préféré l'équipe d'Espagne masculine pour plusieurs raisons. Parce qu'elle a survolé l'épreuve cette année pour commencer. Jamais poussés à disputer un cinquième match décisif lors de leurs quatre rencontres, les Espagnols ont été capables de prendre les Américains à leur propre jeu sur surface rapide avant de mater les résistances françaises et argentines sur terre battue. Aussi parce qu'avec cinq Saladiers d'argent glanés depuis 2000, l'Espagne a confirmé qu'elle disposait bien d'une génération exceptionnelle. Enfin parce que c'est justement la fin d'un cycle qu'a marqué cette épopée 2011, sachant que ses deux leaders Rafael Nadal et David Ferrer ont déjà fait savoir qu'ils feraient l'impasse sur la prochaine édition. Albert Costa a lui décidé de rendre son tablier de capitaine et vu le peu de relève actuel dans le tennis espagnol on souhaite déjà bon courage à son successeur, sans doute Alex Corretja. La polémique de l'année : La menace d'une grève Oui, deux mois avant la fin de la saison, les joueurs ont brandi la menace d'une grève. Lassés des cadences infernales du calendrier de l'ATP, les acteurs du circuit ont défié les hautes instances. La tenue d'un tour de Coupe Davis le week-end suivant l'US Open n'ayant pas plu à tout le monde, à commencer par les cadors, premiers à monter au front. "Il y a clairement un risque de grève, avait lancé à l'époque Andy Murray. Je sais pour en avoir déjà parlé avec eux, que certains joueurs n'ont pas peur d'y recourir. Il faut espérer qu'on en n'arrivera pas là, mais les joueurs y songent." Solidaires pour ne plus laisser l'ATP rallonger chaque saison, les joueurs aimeraient voir le calendrier s'alléger. Des aménagements ont déjà été actés pour 2012, avec notamment l'avancée de la finale de la Coupe Davis de deux semaines, ce pour permettre à ses protagonistes de profiter d'une intersaison plus longue de 15 jours. Une première réforme qui a atténué la révolte des "ouvriers" de la petite balle jaune. Le voeu pou 2012 : Du charisme et une "vraie" numéro 1 chez les filles Le circuit féminin manque actuellement d'une patronne, mais ce n'est pas ça qui le rend si fade. A vrai dire, mieux vaut pour l'intérêt de tous avoir quatre différentes lauréates en Grand Chelem comme cette année (Clijsters à Melbourne, Li à Paris, Kvitova à Londres et Stosur à New York) que de voir une joueuse tout gagner ou presque. La première place mondiale de Caroline Wozniacki est en revanche plus dommageable. La Danoise, qui avait atteint le sommet de la hiérarchie grâce à sa régularité, est parvenue au rang de n°1 sans avoir gagné le moindre tournoi du Grand Chelem, à l'image de Jelena Jankovic et Dinara Safina avant elle, et n'a pas fait mieux depuis. La grande blonde n'est évidemment pas la seule responsable des maux du tennis féminin qui possède pourtant nombre de joueuses talentueuses. Mais le talent ne suffit pas, et le manque de charisme de la plupart des têtes d'affiche de la WTA n'encourage pas le public à s'y intéresser. Résultat: les taux de remplissage des stades hors levées du Grand Chelem sont souvent ridicules. Les soeurs Williams et Maria Sharapova, de loin les filles les plus "bankable", ne représentent pas la relève. Kim Clijsters mettra elle un terme à sa carrière la saison prochaine. Il n'est donc pas dit que les choses aillent en s'améliorant, d'où l'idée d'en faire le voeu...