Une année de boxe

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Une année de boxe
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En France, où la boxe se meurt à petit feu, il faut tirer un grand coup de chapeau à Jean-Marc Mormeck et à Brahim Asloum qui, à travers son défi personnel pour l'un et Paris United pour l'autre, font bouger les choses. On n'oublie pas non plus Anne-Sophie Mathis et les amateurs. Enfin, sur le plan international, zoom sur Wladimir Klitschko, David Haye et Floyd Mayweather Jr. Voici notre bilan de l'année 2011.

En France, où la boxe se meurt à petit feu, il faut tirer un grand coup de chapeau à Jean-Marc Mormeck et à Brahim Asloum qui, à travers son défi personnel pour l'un et Paris United pour l'autre, font bouger les choses. On n'oublie pas non plus Anne-Sophie Mathis et les amateurs. Enfin, sur le plan international, zoom sur Wladimir Klitschko, David Haye et Floyd Mayweather Jr. Voici notre bilan de l'année 2011. Le Français de l'année : Jean-Marc Mormeck Il va l'avoir son championnat du monde des poids lourds, il va pouvoir tenter de réaliser son rêve, qu'il ne s'inquiète pas ! Initialement prévu le 10 décembre 2011, à l'ESPRIT arena de Düsseldorf, en Allemagne, le duel - a priori déséquilibré - entre le Français Jean-Marc Mormeck et l'Ukrainien Wladimir Klitschko aura finalement lieu le 3 mars 2012. Le cadet des Klitschko, 35 ans, a dû déclarer forfait à cause, semble-t-il, d'un calcul rénal, et ce à cinq jours seulement de la date du rendez-vous. "Mais ce n'est qu'un report, le combat se fera, je suis juste obligé d'attendre. Au final, c'est peut-être un mal pour un bien, je pourrai profiter de ce délai supplémentaire pour travailler les mouvements que j'ai appris avec Kevin Rooney avec qui je m'entraîne depuis environ deux mois. Je veux vraiment mettre en pratique tout ce que j'ai appris avec lui assez rapidement", s'est consolé "JMM". Allez, au boulot ! L'équipe de l'année : Paris United Paris a remporté la première édition des World Series of Boxing (WSB), une sorte de NBA version boxe. C'était le 7 mai dernier, à Guizhou en Chine. Là-bas, "complètement perdu dans les montagnes" d'après leur entraîneur principal Kévinn Rabaud, les Parisiens (Michel Tavares, Rachid Azzedine, Tony Yoka, etc.) ont renversé en finale les Astana Arlans (6-4). "On est tous heureux", lâchait alors, dans l'euphorie, Brahim Asloum, le patron de la franchise française. Il faut dire que l'ancien champion olympique (Sydney 2000) puis du monde (de 2007 à 2009) des mi-mouches a fait avec les moyens du bord. Il a, par exemple, dû payer en retard les salaires de ses boxeurs. Cette saison, il n'y a plus de salaire, mais des primes au combat. "Cela permet de soulager toutes les franchises, du fait qu'il n'y ait pas encore réellement d'économie dans ce nouveau Championnat qui se construit. Il faut laisser le temps au temps", répète l'intéressé. Le combat de l'année : Wladimir Klitschko - David Haye Samedi 3 juillet, Hambourg, 50 000 spectateurs. Le microcosme de la boxe retient son souffle depuis que le culotté David Haye a osé défier le multi-titré Wladimir Klitschko. Les deux hommes ne cessent de se provoquer, de s'insulter, faisant grimper la température d'un combat servant à unifier les titres IBF-WBO-WBA dans la catégorie des poids lourds. Malheureusement, le rendez-vous ne tient pas toutes ses promesses, le challenger britannique se montrant incapable de toucher un adversaire à la boxe aussi minimaliste qu'efficace. Au bout de douze rounds équivoques, l'Ukrainien décroche une 56e victoire (pour 3 défaites) à l'unanimité des juges et confirme la maestria de la fratrie dans la catégorie reine. Haye, "touché dans sa fierté", a depuis annoncé qu'il raccrochait les gants. La polémique de l'année : Floyd Mayweather Jr. Un coup en-dessous de la ceinture qui a beaucoup fait jaser. Absent des rings lors des seize derniers mois, Floyd Mayweather Jr. a signé un retour contrasté en s'emparant, le 17 septembre dernier, de la ceinture WBC des welters au détriment du valeureux Victor Ortiz. Si le pugiliste américain a conservé son invincibilité après avoir mis KO son challenger à la quatrième reprise, c'est la manière, pas du tout dans l'esprit du noble art, qui a provoqué un tollé dans le milieu de la boxe. Mayweather Jr. a en effet profité de la baisse de garde de son adversaire, qui venait s'excuser après un coup de vice, pour lui asséner une combinaison gauche-droite destructrice et l'envoyer au tapis. Le public du MGM Grand de Las Vegas ne s'est d'ailleurs pas trompé en conspuant le boxeur de l'année 2007 à l'annonce du verdict. "Pretty Boy" n'a jamais aussi mal porté son sobriquet. Le voeu de l'année 2012 : Du Bleu partout On pencherait plus pour une lettre au père Noël, en tête de laquelle on demanderait une victoire de Jean-Marc Mormeck sur Wladimir Klitschko, le 3 mars prochain, à Düsseldorf (Allemagne). Pourquoi ? Parce que le Guadeloupéen en rêve et parce que la boxe française a besoin d'un champion du monde pour continuer à exister, ne serait-ce que timidement. Ensuite, on aimerait bien que les amateurs, que ce soit chez les messieurs ou les dames, décrochent des médailles, en or si possible, aux Jeux Olympiques de Londres 2012. On pense notamment à Alexis Vastine, bronzé à Pékin alors qu'il méritait certainement mieux. Enfin, on aspire à voir le Paris United conserver son titre de champion du monde, au moins pour Brahim Asloum qui, même à la retraite, continue de se démener pour le noble art tricolore via les WSB. On n'oublie pas non plus Anne-Sophie Mathis, sûrement la meilleure boxeuse de la planète en ce moment, à qui l'on souhaite davantage de reconnaissance, et, bien sûr, le regretté Joe Frazier...