Un XV sous le sceau du BO

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Un XV sous le sceau du BO
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Ils ne seront que quatre samedi sur la pelouse de La Beaujoire contre les Fidji. Autant que les Perpignanais. Mais Imanol Harinordoquy, propulsé capitaine du XV de France pour l'occasion, Dimitri Yachvili et Damien Traille, associés à la charnière, plus Jérôme Thion, de retour en deuxième ligne, occuperont des postes clés. Un axe 8-9-10 qui sera l'une des clés du match.

Ils ne seront que quatre samedi sur la pelouse de La Beaujoire contre les Fidji. Autant que les Perpignanais. Mais Imanol Harinordoquy, propulsé capitaine du XV de France pour l'occasion, Dimitri Yachvili et Damien Traille, associés à la charnière, plus Jérôme Thion, de retour en deuxième ligne, occuperont des postes clés. Un axe 8-9-10 qui sera l'une des clés du match. D'abord les chiffres. 226, soit le nombre de leurs sélections cumulées. Plus de deux fois le total de leurs onze coéquipiers samedi sur la pelouse de La Beaujoire contre les Fidji (96), dont près d'un tiers repose sur les épaules du seul David Marty (31). Ensuite les symboles. Le brassard pour l'un, Imanol Harinordoquy (62 capes). Les clés du camion pour Dimitri Yachvili (43 capes) et Damien Traille (74 capes). "Pour l'axe 8, 9, 10 on a privilégié l'axe biarrot et les automatismes", justifiait Marc Lièvremont à l'heure de présenter son XV de départ pour ce premier match de novembre. Ajoutez à cette triplette le retour en deuxième ligne de Jérôme Thion, le plus ancien des quatre du haut de ses 33 ans, et le compte est bon. Pour encadrer les petits nouveaux (Schuster, Ducalcon, Estebanez, Guirado, Arias...) tout en gérant les temps de jeu des cadres (Dusautoir, Chabal, Nallet, Jauzion, Mas, Parra), les quatre as du Biarritz Olympique ont donc été réunis sous le maillot bleu. Une réponse à la pique de Serge Blanco qui doutait de la motivation du sélectionneur du XV de France ? On imagine mal Marc Lièvremont entrer dans ce genre de jeu. Une récompense de la bonne passe actuelle des Biarrots ? Les intéressés ne se posent pas cette question en ces termes. "Légitime, on l'est au vu de notre début de saison et du niveau de forme actuel des joueurs ; c'est tant mieux pour nous parce qu'on se connaît très bien. On se dit tout simplement qu'on a bien bossé et qu'on a fait un bon début de saison", glisse Dimitri Yachvili. Traille-Yachvili, un duo indissociable ? L'opération a le mérite de les installer dans un certain confort. A commencer par Harinordoquy qui portera pour la première fois le brassard de capitaine en sélection. Une charge qu'il assume déjà depuis le début de la saison en club. "Il est certain que j'ai la chance de retrouver tous mes compères du BO à mes côtés, Jérôme devant, Dimitri et Damien à la charnière, que je connais très bien, donc ça peut faciliter la communication, des petits changements en cours de match, ça peut aider, c'est sûr", dit le Basque sans dévoiler les dessous du capitanat: "Je ne vais pas raconter tout ce que je fais dans le vestiaire parce qu'il faut garder une part d'intimité... Mais il est certain que lorsqu'on connaît mieux les joueurs, c'est plus facile de s'adresser à eux directement..." Comme il sera plus facile pour Traille d'étrenner ses nouveaux galons de n°10 au côté de Yachvili, lequel le connaît sur le bout des doigts: "Techniquement, il est à l'aise des deux côtés de passes, il est à l'aise sur son jeu au pied qu'il soit court de récupération ou un jeu très long. En défense, il ne s'enlève pas, il ne met pas de tampons, mais il est solide. Il va falloir qu'il s'imprègne un peu plus rapidement des systèmes de jeu, ça va aller très vite." Celui qui suscite l'impatience de Lièvremont, tant le sélectionneur cherche encore une alternative crédible à François Trinh-Duc, sait le luxe qui lui est offert: "C'est un point fort, sachant que je vis avec Dimitri au quotidien en club, reconnaît-il. Je suis ici, à Marcoussis, 24 heures sur 24 avec lui, puisqu'on occupe la même chambre. En termes de repères et d'automatismes, par rapport au club, où l'on peut se comprendre par un simple code, un signe ou une parole, il est évident que ça peut nous servir samedi." Et desservir son coéquipier si jamais il venait à passer à côté ? "Que voulez-vous que je vous dise ?" s'agace Yachvili à la question de savoir si son avenir en bleu était lié à celui de son partenaire en club. "Si on en prend quarante, évidemment qu'il sera lié, et si on en met quarante, que va-t-on dire ? Que c'est normal parce que ce n'était que les Fidji. Donc on ne va pas rentrer sur le terrain en se disant: "Il faut qu'on gagne notre place parce qu'on est à un an de la Coupe du monde." A un an de l'échéance néo-zélandaise, le demi de mêlée biarrot préfère se focaliser sur le présent. "Le staff nous a fait confiance et c'est maintenant à nous de confirmer, qu'on mène le jeu au mieux et qu'on emmène aussi les néo-capés avec beaucoup de confiance et de sérénité pour aborder ce match." De lourdes responsabilités. De quoi avoir plus de pression qu'à l'habitude ? "On est tout le temps sous pression", coupe Yachvili. Ne reste plus qu'à assumer.