Un trio se détache

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Un trio se détache
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VOILE - Après huit jours de course, trois monocoques mènent la flotte de la Transat Jacques-Vabre.

Alors que la Transat Jacques-Vabre est partie depuis désormais huit jours, trois monocoques ont pris les commandes de la course: Safran (Guillemot-Caudrelier), Bel (de Pavant-Gabart) et Mike Golding Yacht Racing (Golding-Sanso). Pour Hugo Boss l'aventure risque de tourner court assez rapidement après une collision avec un OFNI.Après une première semaine qui aura été brutale pour les concurrents de la Transat Jacques-Vabre, provoquant les abandons successifs de Brit Air (Le Cléac'h-Troussel), BT, dont l'équipage Josse-Cuzon aura été spectaculairement sauvé par la Marine portugaise vendredi, et DCNS (Thiercelin-Pratt, avarie de quille), la régate a repris ses droits après huit jours de course, même si la flotte devrait perdre une unité supplémentaire d'ici les Antilles: Alex Thomson a annoncé dimanche soir que son monocoque Hugo Boss avait heurté un objet flottant non-identifié, avec de sérieux dégâts à la clé, puisque le flanc tribord du plan Finot-Conq est assez largement ouvert. Autant dire que pour le tandem anglais, alors quatrième au classement, la course est terminée, l'objectif étant désormais de mener Hugo Boss intact aux Antilles, sans recourir à une quelconque assistance, où il sera sans doute contraint à l'abandon. Il laisse la course se poursuivre sans lui et notamment les trois monocoques de tête en découdre, dans des conditions certes plus calmes, soit un alizé qui leur a permis d'allonger la foulée et d'en finir avec le près une fois les Açores franchis, mais pas forcément plus simples, les changements d'angle et de direction de cet alizé obligeant les skippers à une vigilance de tous les instants."Depuis hier matin (dimanche, ndlr), on glisse sous gennak à pleine balle, c'est vachement agréable de barrer, ce n'est que du bonheur, de la belle glissade sur l'Atlantique. L'alizé, ça se mérite !", se réjouissait ainsi à la vacation matinale de lundi François Gabart. Mais le benjamin de la course, deuxième sur Groupe Bel, parvenu dans la nuit à passer devant le tandem Mike Golding-Javier Sanso, corrigeait aussitôt: "Le vent n'est pas stable du tout, tant en direction qu'en force. Du coup, c'est mieux d'être à la barre pour suivre l'évolution du vent. Hier, on a été toute la journée à la barre, dans des conditions quand même assez musclées, ce n'est pas simple." Après avoir passé la première semaine essentiellement dans le cockpit sous pilote le temps de laisser passer les dépressions, les marins engagés sur la Jacques-Vabre risquent donc de passer la seconde sur le pont, avec beaucoup de réglages et d'heures de barre, histoire d'exploiter au mieux les oscillations du vent. Car l'alizé n'est pas décidé à s'établir, ce que confirmait Pascal Scaviner, de Météo Consult, l'un des experts météo de la Jacques-Vabre: "Le vent est très instable, on le voit notamment pour le groupe de tête. A quelques milles près, les conditions peuvent être très différentes et elles obligent à des empannages."