Un sommet, un vrai

  • A
  • A
Un sommet, un vrai
Partagez sur :

Au terme d'un match de très haut niveau, Rafael Nadal a décroché son billet pour la finale du Masters 1000 de Madrid grâce à sa victoire en trois manches sur Roger Federer (5-7, 6-1, 6-3). Le Suisse a souvent gêné le tenant du titre, mais il s'est une nouvelle fois heurté à l'incroyable combativité du n°1 mondial. Dans l'autre demi-finale, Novak Djokovic est venu à bout de l'étonnant Thomaz Bellucci (4-6, 6-4, 6-1).

Au terme d'un match de très haut niveau, Rafael Nadal a décroché son billet pour la finale du Masters 1000 de Madrid grâce à sa victoire en trois manches sur Roger Federer (5-7, 6-1, 6-3). Le Suisse a souvent gêné le tenant du titre, mais il s'est une nouvelle fois heurté à l'incroyable combativité du n°1 mondial. Dans l'autre demi-finale, Novak Djokovic est venu à bout de l'étonnant Thomaz Bellucci (4-6, 6-4, 6-1). Ce match n'a pas atteint l'intensité dramatique de leur finale épique à Wimbledon en 2008, mais Rafael Nadal et Roger Federer ont offert un spectacle à la hauteur de leur talent. Leur demi-finale du Masters 1000 de Madrid a bien plus fière allure que celle de Miami en mars dernier, durant laquelle le Suisse était passé complètement au travers. Sur la terre battue espagnole, les deux joueurs ont parfois tutoyé les sommets, chacun à leur manière, Federer avec son jeu d'attaquant délié, Nadal avec ses formidables gifles de coups droits. Et une fois encore, c'est le Majorquin qui s'est imposé après trois sets d'un très beau combat (5-7, 6-1, 6-3). Le voilà en finale à Madrid pour la troisième année consécutive et la quatrième fois de sa carrière. Le n°1 mondial reste donc invaincu sur terre battue cette saison et même depuis près de deux ans puisque sa dernière défaite remonte à Roland-Garros 2009 contre Robin Söderling. Sa suprématie est telle sur sa surface de prédilection qu'il faut bien dénicher quelques motifs d'espoir pour ses adversaires. Le premier set perdu contre Federer en est un et c'est seulement le deuxième abandonné en 2011 après celui lâché contre Andy Murray en demie à Monte-Carlo. Mais Nadal ne l'a pas vraiment perdu ce set, c'est plutôt Federer qui est allé le chercher en produisant un tennis ultra efficace, proche en tout cas du niveau qu'il affichait il y a deux saisons. Après un retard à l'allumage et un break concédé rapidement, le Suisse s'est mis à voler sur le court, distillant des frappes tranchantes en coup droit comme en revers. En attendant Djokovic C'est d'ailleurs sa propension à parfaitement tenir l'échange côté revers qui a déstabilisé Nadal dans la manche inaugurale. Ce qui a compensé aussi ses difficultés sur sa mise en jeu avec un premier service moins efficace qu'à l'accoutumée. Dans ses jeux de retour, Federer n'a pas hésité à prendre l'ascendant dès la première frappe pour dicter l'échange à sa guise et obliger l'Espagnol à reculer, sans toutefois être à l'abri d'un passing croisé ou d'un contre. Mais avec cette tactique clairement offensive, le Suisse avait la mainmise sur le match (7-5). Avant de la perdre bien vite dès l'entame de la seconde manche. Sur une balle de break pour Nadal, Federer s'est arrêté de jouer, jugeant le coup droit de son adversaire dans le couloir. Mais l'arbitre a confirmé la décision de son assistant, à juste titre. Un épisode qui allait avoir bien plus de conséquences qu'il n'y parait. Car c'est à partir de ce moment-là que Nadal a patiemment construit sa victoire. Le métronome majorquin a pris le parti de jouer un coup de plus que Federer, le forçant à la faute. Et les statistiques ne trompent pas: avec 45 fautes directes dans la rencontre (pour 37 coups gagnants), le n°3 mondial ne pouvait pas espérer mieux. A cela s'ajoute un mauvais ratio sur balles de break (2 sur 11 seulement), tandis que Nadal a fait preuve de plus d'efficacité (5 sur 12). Après avoir facilement recollé à un set partout (6-1), le Majorquin s'est engouffré dans la première brèche dans le set décisif, en breakant le Suisse à 2-1 après une balle subtilement glissée au ras du filet pour contrer une amortie. Federer a bien eu une occasion de débreak quand Nadal servait pour le gain du match, mais le trou était déjà fait (6-3). Celui qui sépare le maître de la terre battue de son plus féroce adversaire. En attendant Djokovic...