Un réveil en fanfare !

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Un réveil en fanfare !
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Fidèle à ses principes, Marc Lièvremont a décidé de faire tourner son XV de départ pour le deuxième match du XV de France en Coupe du monde dimanche contre le Canada. Servat, Trinh-Duc, Clerc et Rougerie, repositionné à l'aile et promu capitaine, sont les quatre rescapés du match d'ouverture peu abouti face au Japon (47-21). Traille, Mermoz, Picamoles, Ouedraogo ou encore Millo-Chluski font leur entrée. Avec l'espoir de brouiller un peu plus les cartes...

Fidèle à ses principes, Marc Lièvremont a décidé de faire tourner son XV de départ pour le deuxième match du XV de France en Coupe du monde dimanche contre le Canada. Servat, Trinh-Duc, Clerc et Rougerie, repositionné à l'aile et promu capitaine, sont les quatre rescapés du match d'ouverture peu abouti face au Japon (47-21). Traille, Mermoz, Picamoles, Ouedraogo ou encore Millo-Chluski font leur entrée. Avec l'espoir de brouiller un peu plus les cartes... "Marc est allé se donner un coup de peigne..." Plutôt gêné aux entournures, l'officier de presse de l'équipe de France tente de gagner du temps. Il est 8h07 dans le Hall de l'hôtel Byron on Spencer et les médias, venus en nombre recueillir la parole du sélectionneur national, s'impatientent: Marc Lièvremont est en retard. "J'ai raté le rendez-vous pour l'annonce de l'équipe, ce qui la fout mal", bredouille-t-il quelques minutes plus tard, arrivé enfin au micro, les yeux encore embués de sommeil et pas très loin de garder encore la marque de l'oreiller..."Avec ça, allez demander aux joueurs d'être sérieux et de préparer les matches en respectant les horaires... J'ai l'habitude de me lever aux aurores, donc je ne mets pas de réveil et j'ai plongé..." Forcément après avoir fait le reproche appuyé à ses joueurs d'un excès de légèreté face au Japon, l'écart, aussi anecdotique soit-il, fait un peu tâche. On aurait pu croire que les explications de texte, rendues nécessaires auprès des principaux intéressés, à savoir les joueurs, par le profond remaniement opéré dans son quinze de départ pour affronter le Canada était à l'origine de ce retard, mais il n'en est donc rien. Simplement, Lièvremont a-t-il enfumé son réveil... Rougerie ailier et capitaine Il faut dire que le sélectionneur, fidèle à sa logique, qui réfute jusqu'à nouvel ordre toute idée d'équipe type, a usiné sur ce deuxième quinze de départ avec pas moins de onze changements pour seulement quatre rescapés de la performance si peu aboutie face au Japon (47-21). Une refonte globale, ou presque, pour se frotter à de rugueux Canadiens, tout de même invités à se coltiner les Tonga quatre jours avant d'affronter les Bleus à Napier. Merci l'IRB ! De ce coup de balai, on retiendra donc en premier lieu les titularisations d'un Maxime Mermoz, de retour de blessure (genou) et associé au centre à son coéquipier de l'Usap, David Marty, mais aussi le retour attendu de Morgan Parra à la mêlée, aux dépens de Dimitri Yachvili, évincé, à la différence de François Trinh-Duc, qui profite également de la blessure de David Skrela. Enfin, Damien Traille, lui aussi opérationnel, retrouve le poste d'arrière. "Damien est l'éternel polyvalent. Mais aujourd'hui, il a besoin de se fixer", souligne Lièvremont. A l'arrière et uniquement au poste d'arrière, Parra couvrant les deux postes de la charnière. "Morgan est bien dans sa tronche et il est prêt à occuper le rôle de 10 au cours du match, apprécie le sélectionneur national. Face au Japon, il a assuré l'intérim avec conviction et réussite." Tout cela était en vérité très attendu, ce qui l'était nettement moins en revanche, c'est sans conteste le replacement d'Aurélien Rougerie à l'aile de ses débuts aux dépens de Maxime Médard, relégué sur le banc. Déjà un évènement en soi, qui se double d'une autre sensation puisque le Clermontois enfilera pour la première fois le brassard de capitaine, en l'absence de Thierry Dusautoir, laissé au repos (voir par ailleurs). "Aurélien fait partie de ces joueurs, qui reviennent de blessure, qui ont aussi besoin de temps de jeu, a expliqué Lièvremont. Il faut tout de même se souvenir qu'il a joué dix ans à l'aile. Il couvrait déjà ce poste la semaine dernière. J'avais envie qu'il soit sur le terrain, qu'il soit capitaine. Il est très impliqué depuis longtemps. On en a parlé ensemble (...) J'avais déjà évoqué mes doutes dans le passé sur son capitanat, je le trouvais moins mature qu'aujourd'hui, et depuis trois ans, il m'a convaincu. C'est un joueur important, qui rassure, c'est un mec positif. Il m'a semblé assez évident que ce soit Aurélien." A des degrés et pour des raisons diverses, les absences de Dusautoir et Szarzewski sur la feuille de match apparaissent comme spectaculaire. "Ce n'est pas une sanction, je partais déjà sur une composition comme celle-là, répond Lièvremont. Il y avait la nécessité de redonner du temps de jeu à certains, de leur donner la possibilité de jouer des matches de poule plus difficiles. Il était logique de revoir tout le monde (...) On sait qu'il va y avoir deux matches plus difficiles, assez denses, par la suite." En filigrane se dessine et se profile les contours du choc face aux All Blacks au sujet duquel Lièvremont finit par avouer: "Il n'a jamais été question de faire l'impasse contre la Nouvelle-Zélande. Il y aura une équipe compétitive contre la Nouvelle-Zélande... Comme il y aura une équipe compétitive face au Canada." Ça va mieux en le disant... Le XV de France: Traille - Clerc, Marty, Mermoz, Rougerie (cap) - (o) Trinh-Duc, (m) Parra - Picamoles, Ouedraogo, Bonnaire - Millo-Chluski, Papé - Ducalcon, Servat, Poux. Remplaçants: Guirado, Barcella, Pierre, Harinordoquy, Yachvili, Estebanez, Médard.