Un Parra de combat

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Un Parra de combat
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Après le second test-match face à l'Irlande, l'équipe de France se rapproche un peu plus de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). Notre site poursuit sa série de portraits des joueurs tricolores. Enfant prodige du rugby français, Morgan Parra, porté aux nues il y a un an encore, aborde le premier Mondial de sa carrière moins souverain. Face à Yachvili, le Clermontois va devoir se battre pour récupérer ses galons de titulaire.

Après le second test-match face à l'Irlande, l'équipe de France se rapproche un peu plus de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). Notre site poursuit sa série de portraits des joueurs tricolores. Enfant prodige du rugby français, Morgan Parra, porté aux nues il y a un an encore, aborde le premier Mondial de sa carrière moins souverain. Face à Yachvili, le Clermontois va devoir se battre pour récupérer ses galons de titulaire. "Il n'y a rien de nouveau... Je ne pense pas avoir écrasé non plus la concurrence. Vous avez mis un peu le bazar durant le Tournoi sur la concurrence qui pouvait exister entre nous deux, et sur les choix de Marc Lièvremont. Il y a un entraîneur et il y a des choix, c'est la loi du haut niveau." Morgan Parra, dont la précocité n'a d'égal que le talent, ne sait déjà que trop bien de quoi est faite une carrière au plus haut niveau. Alors que d'autres, au même âge, en sont encore à fourbir leurs premières armes, lui a déjà tout connu ou presque, à un poste de demi de mêlée pourtant d'ordinaire à maturation lente. Du haut de ses 23 ans, le Lorrain d'origine - il a grandi à Metz - affiche une expérience colossale. Jugez plutôt: c'est à 18 ans et 3 jours que cet autre produit du Pôle France à Marcoussis honore à Pierre-Rajon sa première titularisation en Top 14 avec Bourgoin, le club de ses débuts avec lequel il a déjà goûté les joies d'un titre de champion de France Reichel. En Isère, Parra - dont on sait moins qu'il débute en n°10 - explose et s'affirme, avant d'être replacé à la mêlée. Malgré son gabarit (1,80 m, 75 kg) et son jeune âge, il prend la voix et l'envergure d'un taulier. Le "petit merdeux" devient un homme, s'impose aux titulaires et met sous sa coupe des "gros", pour la plupart trentenaires, qui reconnaissent en lui l'un des leurs. Une précocité remarquable Une trajectoire qu'il applique avec la même autorité au niveau international, qui déjà l'appelle. Sa première cape internationale, Parra l'honore à 19 ans, deux mois et 18 jours, pour devenir l'un des joueurs de l'équipe de France les plus précoces de l'histoire (*) à l'occasion d'une entrée en cours de jeu sur la pelouse de Murrayfield, en l'Ecosse (victoire 27-6). Avec le Berjallien s'ouvre aussi à l'hiver 2008 l'ère Lièvremont, qui n'hésite pas à associer le phénomène à François Trinh-Duc (21 ans) pour former la plus jeune charnière de l'histoire des Bleus, au Stade de France face à l'Angleterre ! La défaite est au rendez-vous (13-24), mais Parra impressionne déjà par son emprise, sur les hommes comme sur le jeu, à laquelle il ajoute ses qualités de buteur. Comme pour mieux asseoir sa maturité. Une éclosion telle que le cocon berjallien, en proie à des difficultés de plus en plus marquées, devient trop étroit. L'heure d'un nouvel envol a sonné et c'est à Clermont - où il retrouve une autre part de Berjallie auprès des Julien Pierre, Julien Bonnaire et autres Benoît Cabello - qu'il accorde ses faveurs pour franchir un nouveau palier. A 20 ans, le voilà aux commandes d'une des plus grosses écuries du rugby européen, dont il lui faut apprendre à connaître les rouages. Un apprentissage difficile, qu'il surmonte grâce à la reconnaissance dont il continue de bénéficier chez les Bleus. Parra sort définitivement de l'ombre de Jean-Baptiste Elissalde puis de Julien Dupuy, lorsque ce dernier est évincé suite à sa suspension, pour prendre les clés du groupe France. Le Tournoi 2010 le consacre en tant que révélation et premier artisan du Grand Chelem, dont il finit meilleur réalisateur avec 61 points, à 82 % de réussite (à égalité avec le Gallois Stephen Jones). Irrésistible, il complète sa saison avec Clermont par un premier quart de finale européen, mais aussi et surtout offre aux Jaunards, après trois finales de rang perdues, leur premier Brennus depuis 99 ans. C'est Parra superstar ! L'heure de la confirmation sera plus délicate à gérer, pour celui que ses pairs n'ont pas hésité à élire meilleur joueur de Top 14. A l'image de ses tests de novembre, et notamment de la déroute face aux Wallabies, Parra est dans le dur, peut-être pour la première fois de sa jeune carrière. Son emprise sur le collectif clermontois s'avère moins prégnante, au sein d'un groupe en fin de cycle, quand il doit subir dans le même temps le retour à son meilleur niveau en sélection de Dimitri Yachvili, qui finit par le supplanter au cours du Tournoi 2011. A la veille de sa première Coupe du monde, le voilà, lui le demi de mêlée le plus utilisé depuis la prise de fonctions de Lièvremont (18 titularisations), relégué au rang de numéro 2. Saura-t-il transcender ce statut ? (*) Le Dacquois Claude Dourthe est international à l'âge de 18 ans et sept jours, le 27 novembre 1966, en Roumanie (victoire 9-3). Huit autres joueurs moins connus ont débuté avant 19 ans. Le Pyrénéen Jean Gachassin joue pour la première fois en bleu le 7 janvier 1961, contre l'Ecosse (victoire 11-0), à 19 ans et 15 jours. Le Toulousain Frédéric Michalak joue pour la première fois en équipe de France le 10 novembre 2001, contre l'Afrique du Sud (victoire 20-10), à 19 ans et 25 jours. (Source: rugbyconnection.com) A suivre mardi: Maxime MERMOZ