Un Paris ultime

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Un Paris ultime
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Transparent tout au long de la saison en Top 14, le Stade Français a l'opportunité de sauver la face ce vendredi, face aux Harlequins, en finale du Challenge Européen. Sans certitude sur le visage de l'équipe et sur ses ambitions la saison prochaine, le groupe parisien, promis à un nouveau relooking en profondeur, peut rehausser sa copie et avec offrir au club une place en H Cup.

Transparent tout au long de la saison en Top 14, le Stade Français a l'opportunité de sauver la face ce vendredi, face aux Harlequins, en finale du Challenge Européen. Sans certitude sur le visage de l'équipe et sur ses ambitions la saison prochaine, le groupe parisien, promis à un nouveau relooking en profondeur, peut rehausser sa copie et avec offrir au club une place en H Cup. Ce n'est bien sûr "que" la finale du Challenge Européen, mais comme aime à le rappeler Max Guazzini: "Une finale, c'est une finale." Au terme d'une saison une fois encore anonyme sur le front du Top 14, achevée à une obscure onzième place, le Stade Français, qui affronte les Harlequins vendredi, à Cardiff, en finale du Challenge Européen, ne peut en effet pas s'autoriser le luxe de faire la fine bouche. Le président parisien peut bien relativiser la valeur et la portée d'une qualification pour la H Cup, il fera bien le déplacement... en train (lui qui ne supporte pas l'avion) au Pays de Galles pour assister à la troisième finale de Coupe d'Europe de son club, accompagné d'environ 600 supporters à bord d'un avion et de six ou sept bus affrétés pour l'occasion. Finaliste malheureux de la H Cup à deux reprises (2001, 2005), le club de la capitale a perdu l'aura du grand d'Europe qu'il n'est plus. Max Guazzini ne se voile pas la face lorsqu'il affirme jouer ce vendredi "le match le plus important de la saison". Pourtant, lorsque sondé sur l'importance du billet qualificatif pour la prochaine H Cup, décerné au vainqueur de cette finale au regard du Challenge Européen que vient de disputer pour la première fois le Stade, Monsieur Max tente de donner le change et d'envisager une éventuelle défaite, il ne convainc personne. Et surtout pas ceux qui ont eu le bonheur de goûter l'ambiance chaleureuse de Charléty cet hiver lors des inoubliables confrontations face à Bucarest: "La terre ne s'arrêtera pas de tourner. Franchement, non. Le championnat reste en France la compétition devant la Coupe d'Europe... On ne joue pas une compétition européenne pour l'argent, on le fait pour le plaisir, pour l'honneur et pour le challenge." Bien sûr. Sauf qu'un Stade Français, reversé une fois encore en Challenge Européen, n'accueillera jamais Bucarest au Stade de France... Cheika: "Laisser quelque chose pour le club et l'équipe de l'année prochaine" Invaincus en huit rencontres cette saison dans la compétition, les Parisiens rêvent d'ouvrir le palmarès européen du club. Doté d'un effectif trop juste en nombre, seulement 29 professionnels, et en qualité, Paris ne disposait pas des moyens humains pour pratiquer un rugby constant et performant cette saison. Ecarté des phases finales du Top 14 pour la deuxième année consécutive, le collectif parisien était finalement plus apte à réussir des coups dans des compétitions courtes, où la profondeur de l'effectif pèse moins. Être en finale du Challenge européen est un petit miracle au regard de la saison écoulée. Hormis les deux talonneurs Dimitri Szarzewski, convalescent, et Laurent Sempéré, blessé, l'entraîneur Michael Cheika aligne d'ailleurs la meilleure équipe possible face à des Anglais menés par son trio redoutable composé d'un All Black, l'ouvreur Nick Evans, et de deux internationaux anglais, le demi de mêlée Danny Care et le numéro 8 Nick Easter. "Je ne dirai pas que le bilan est positif parce qu'on voit là où on a terminé le Championnat", dit l'entraîneur australien dans un entretien accordé au site Rugbynews.fr (voir : Cheika: "Vraiment une bataille"). "Ce sera plus positif si on gagne vendredi. C'est une opportunité pour les joueurs de montrer ce qu'ils valent et de laisser quelque chose pour le club et l'équipe de l'année prochaine." Seulement, ces Harlequins, soucieux de tourner le dos définitivement au scandale du "Bloodgate" et en quête pour cela d'un troisième succès dans la compétition après 2001 et 2004 -ce serait un record-, ont tout autant besoin que les Stadistes de ce billet européen, eux qui ont échoué à la septième place de la Premiership, aux portes d'une qualification directe pour la H Cup. Des Parisiens qui devront résoudre une difficile équation: proposer un rugby efficace et une défense hermétique et discipliné tout en endiguant les vagues anglaises qui allient puissance, vitesse et conservation du ballon (voir par ailleurs). Une équation qu'ils ont eu justement toutes les peines à résoudre cette année. "C'est une équipe qui joue très bien au rugby, qui cherche à mettre du rythme, qui commence les matches en essayant de mettre beaucoup de vitesse et d'engagement", analyse Sergio Parisse. "La marque de toutes les équipes anglo-saxonnes, c'est de commencer les vingt premières minutes en mettant beaucoup de rythme", remarque le capitaine parisien. "Etant donné que l'on n'a pas très bien commencé nos deux derniers matches de Challenge européen, ce sera un défi de débuter en étant concentré et en ne donnant pas à cette équipe des points qui nous feraient courir après le score en fin de match." Si, dans le passé, le club stadiste a montré du savoir-faire contre les clubs anglais avec 22 victoires en 34 confrontations, il reste sur deux défaites face aux Harlequins, dont une au Stade de France. Des Londoniens qui, excusez du peu, ont mis KO deux ex-vainqueurs de la H Cup, en phases finales avec des victoires sur les Wasps (32-20), puis surtout face au Munster, à Limerick (20-12), pour ce qui n'est à ce jour que la deuxième défaite de l'histoire de la province irlandaise devant son public. "On se méfie beaucoup, nous ne sommes probablement pas les favoris", ajoute encore Parisse. "Les Harlequins ont un axe 8-9-10 très expérimenté avec Easter, Care et Evans, des joueurs de très haut niveau et très importants." Face auxquels, les nombreux partants annoncés au sein de l'effectif parisien, entre dix et quinze, à la fin de cette saison auront sans doute un surplus de motivation à l'idée d'offrir l'Europe à Paris.