Un Paris-Roubaix pas comme les autres

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Un Paris-Roubaix pas comme les autres
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Si la 109e édition de Paris-Roubaix a réservé une grosse surprise dimanche en consacrant un outsider, cette édition 2011 disputée sous le soleil n'a pas été avare en rebondissements. Avec ses moments de détresse, comme celui de Tom Boonen livré à lui-même dans Arenberg ou celui de Chavanel après sa chute, mais aussi son final haletant, avec Van Summeren, qui est parvenu à résister au retour de Cancellara.

Si la 109e édition de Paris-Roubaix a réservé une grosse surprise dimanche en consacrant un outsider, cette édition 2011 disputée sous le soleil n'a pas été avare en rebondissements. Avec ses moments de détresse, comme celui de Tom Boonen livré à lui-même dans Arenberg ou celui de Chavanel après sa chute, mais aussi son final haletant, avec Van Summeren, qui est parvenu à résister au retour de Cancellara. Tom Boonen à l'arrêt dans la Trouée d'Arenberg Sans doute l'image de cette 109e édition de Paris-Roubaix. Triple vainqueur de l'épreuve, en lice pour égaler le record de Roger De Vlaeminck, lauréat à quatre reprises, Tom Boonen rêvait de prendre sa revanche sur Fabian Cancellara, ce qu'il n'était pas parvenu à faire sur le Tour des Flandres. Mais le leader de la Quick Step a pardu tout espoir à un peu plus de 80 kilomètres de l'arrivée, dans la Trouée d'Arenberg. Victime d'un ennui mécanique dans le mythique secteur pavé, le Belge était contraint à l'arrêt en plein milieu de la chaussée, alors que le peloton défilait devant lui. Ce n'est qu'après de longues minutes qu'il fut dépanné par un mécanicien de sa formation et put repartir. Mais, alors qu'il était en chasse pour recoller le peloton, Boonen était victime d'une chute qui mettait définitivement fin à tous ses espoirs. Il abandonnait même à 55 kilomètres de l'arrivée. Sylvain Chavanel à terre Boonen au tapis, la Quick Step fondait désormais tous ses espoirs sur Sylvain Chavanel, déjà auteur d'un véritable numéro la semaine dernière sur le Ronde. Mais, au grand dam de Patrick Lefévère, le Français, déjà victime d'une crevaison quelques minutes plus tôt, chutait lourdement dans la traversée d'Orchies, à une soixantaine de kilomètres de l'arrivée. Marqué, le natif de Châtellerault s'arrachait toutefois pour revenir aux avant-postes. Mais il était déjà trop tard et il avait gaspillé trop d'énergie pour espérer se mêler à la lutte finale. Il devait finalement se contenter de la 38e place à 4'46'' du vainqueur. L'attaque de Johan Van Summeren dans le Carrefour de l'Arbre Personne ou presque n'aurait misé sur Johan Van Summeren comme vainqueur potentiel de ce Paris-Roubaix 2011. Pourtant, c'est bien le longiligne flamand qui est arrivé seul en tête sur le Vélodrome et s'est offert, à 30 ans, le plus beau succès de sa carrière. Poisson-pilote du leader de la Garmin-Cervelo Thor Hushovd avec qui il avait reconnu le parcours, sous la houlette d'un ancien vainqueur Peter Van Petegem, titré en 2003, ce solide rouleur a su saisir sa chance au bon moment. "J'avais fait un repérage jeudi dernier du Carrefour de l'Arbre et Jonathan Vaughters (son directeur sportif) n'arrêtait pas de me dire dans l'oreillette : 'Attends le Carrefour de l'Arbre, attends le Carrefour de l'Arbre !' Ça m'a souri. J'ai attaqué", confiait-il après coup. Une attaque à un endroit stratégique, où la victoire dans l'Enfer du Nord s'est souvent jouée, qu'il a toutefois su bien préparer. Aux avant-postes dès que la course s'est durcie, le Belge a su déjouer tous les pièges pour faire la différence au moment opportun et résister au retour de Fabian Cancellara. Le baroud d'honneur de Cancellara Vexé par sa contreperformance sur le Tour des Flandres, le Suisse avait à coeur de conserver son titre sur Paris-Roubaix. Mais il n'en a pas eu les moyens. Moins impressionnant que l'an dernier, le Suisse a également souffert de la tactique terriblement frileuse de ses principaux rivaux, (Ballan, Flecha, Hushovd) qui ne l'ont jamais lâché plutôt que de jouer leur carte personnelle. Le coureur de la Léopard-Trek, qui a également manqué de soutien de la part de ses coéquipiers, a pourtant beaucoup tenté en plaçant plusieurs accélérations, notamment sur les secteurs de Mons-en-Pévèle et Pont-Thibaut. Serré de près, "Spartacus" tentait un dernier baroud d'honneur dans le final, à 2,5 km de la ligne, pour tenter de fondre sur Van Summeren, mais trop tard. Allongé sur la pelouse du vélodrome à l'arrivée durant de longues minutes, le rouleur helvète a tout donné, mais termine sur la deuxième marche du podium, comme en 2008.