Un numéro pour rien ?

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Un numéro pour rien ?
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Enfin audacieux, Andy Schleck n'a pas été complètement récompensé de son démarrage à 60 km de l'arrivée de la 18e étape du Tour de France, qu'il a remportée jeudi entre Pinerolo et le col du Galibier. Certes, le Luxembourgeois de l'équipe Leopard-Trek a franchi la ligne en tête, mais Thomas Voeckler conserve le maillot jaune. Surtout, ses 57 secondes d'avance sur Cadel Evans ne suffisent pas au général. Pour le moment.

Enfin audacieux, Andy Schleck n'a pas été complètement récompensé de son démarrage à 60 km de l'arrivée de la 18e étape du Tour de France, qu'il a remportée jeudi entre Pinerolo et le col du Galibier. Certes, le Luxembourgeois de l'équipe Leopard-Trek a franchi la ligne en tête, mais Thomas Voeckler conserve le maillot jaune. Surtout, ses 57 secondes d'avance sur Cadel Evans ne suffisent pas au général. Pour le moment. Il le savait. Andy Schleck savait qu'il ne pouvait pas rester éternellement accroché aux basques de son frère, s'il espère remporter un jour le Tour de France. Et comme l'occasion ne se représentera peut-être plus jamais de façon aussi nette que lors de cette édition 2011, le cadet a enfin décidé de couper le cordon. Il s'est échappé comme un grand à 60 kilomètres de l'arrivée, dans le col de l'Izoard, pour aller remporter l'étape au sommet du Galibier. Un favori a enfin décidé de prendre son destin à bras-le-corps, sans attendre de se trouver à trois kilomètres d'une arrivée en côte pour jouer au gagne-petit. Malheureusement pour le Luxembourgeois, Thomas Voeckler s'est encore accroché de manière héroïque et termine à 2'21", ce qui lui permet de conserver le maillot jaune. Il le savait, Andy Schleck. A la veille de cette 18e étape, le leader de l'équipe Leopard-Trek était conscient qu'une grande partie du Tour se jouerait dans cette montée du Galibier. "Ça va être l'étape décisive du Tour de France mais j'espère que ce ne sera pas une course d'attente, indiquait-il devant les caméras de France 2. Si Thomas est aussi bien que dans les Pyrénées, il sera candidat à la victoire finale à Paris." Longtemps candidat au maillot, le cadet de la fratrie Schleck a au moins écarté Alberto Contador. Mais désormais, tout dépendra de sa capacité à répéter ce même type d'efforts vendredi, au moment d'arriver vers l'Alpe-d'Huez. "Je vais essayer d'attaquer Voeckler" Car le cyclisme est un sport mathématique, et le Tour de France une épreuve impitoyable. En dépit de son superbe numéro de soliste, le Luxembourgeois compte seulement 57 secondes d'avance sur Cadel Evans, ce qui semble insuffisant en vue du contre-la-montre de samedi à Grenoble. Problème: au vu de l'effort fourni jeudi, il n'est pas certain qu'Andy Schleck parvienne à reproduire son exploit. Pire, il pourrait même perdre du temps en cas d'attaque de l'Australien. Bien sûr, le leader des Leopard-Trek n'a pas attaqué pour rien. Il n'avait plus le choix et a su prendre ses responsabilités au bon moment. "C'est très impressionnant", disait Eddy Merckx de Schleck lorsque celui-ci entamait la montée finale. 100 ans après Emile Georget, premier coureur de l'histoire du Tour à franchir le Galibier, le Luxembourgeois a fait honneur au centenaire en attaquant seul le mythe. "Je ne veux pas finir 4e à Paris, donc ça passe ou ça casse, c'est très bien passé cette fois et je suis content pour moi et l'équipe, indiquait le vainqueur du jour à l'arrivée. Je voulais le maillot jaune, mais Voeckler n'a pas voulu me le laisser. Il surprend tout le monde, c'est super pour le cyclisme qu'il puisse encore jouer la victoire finale, mais je vais quand même essayer de l'attaquer." Dans la tête, Schleck est donc prêt à bisser. Tout est dans les jambes, maintenant.