Un moment charnière

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La principale surprise du XV de France dévoilé par Marc Lièvremont en vue du match face à la Nouvelle-Zélande (pays hôte de la Coupe du monde), samedi lors de la 3e journée du groupe A, provient de la charnière. En effet, le sélectionneur a décidé de positionner Morgan Parra à l'ouverture, au côté de Dimitri Yachvili. Le tout au détriment, donc, de François Trinh-Duc. Thierry Dusautoir et Maxime Médard reviennent.

La principale surprise du XV de France dévoilé par Marc Lièvremont en vue du match face à la Nouvelle-Zélande (pays hôte de la Coupe du monde), samedi lors de la 3e journée du groupe A, provient de la charnière. En effet, le sélectionneur a décidé de positionner Morgan Parra à l'ouverture, au côté de Dimitri Yachvili. Le tout au détriment, donc, de François Trinh-Duc. Thierry Dusautoir et Maxime Médard reviennent. Comment faire passer une montagne au second plan ? En se concentrant sur son propre panorama, bien sûr. La montagne, ce sont les All Blacks, futurs adversaires du XV de France samedi à Auckland. Et le panorama de Marc Lièvremont, visiblement, était assez obstrué par sa charnière, et plus exactement par un homme: François Trinh-Duc. A la surprise générale, l'ouverture sera tenue par... Morgan Parra, qui prendra donc place au côté de Dimitri Yachvili dans un peu plus de quatre jours pour s'attaquer au terrible défi néo-zélandais. Pas certain, bien sûr, que cela suffise à ébranler l'édifice black. Mais au moins, le patron des Bleus provoque un électrochoc. "Les deux rentrées de Parra ont été probantes sur les deux premiers matches. En prenant cette décision, j'attends aussi une réaction de Trinh-Duc." Le pari Parra suscite inévitablement des questions, et il y aura forcément des réponses. Qu'elles soient positives ou négatives, elles amèneront de nouveaux éléments de réflexion à Marc Lièvremont en vue des quarts de finale (voire plus, si affinités). Parra aurait aussi pu remplacer Yachvili, mais celui qui reste encore le boss en a décidé autrement. "Yachvili mérite toute ma confiance. Et je suis déçu de Trinh-Duc, j'attends plus de sa part. Le choix de la charnière n'a pas été une décision facile. Mais je ne crois pas que ce soit lui faire affront que de dire qu'il a été moins bon sur les deux derniers matches." Au lieu de s'adapter aux Blacks dans les grandes largeurs, comme l'option est régulièrement évoquée dans les différents débats depuis le tirage au sort de cette Coupe du monde - soit depuis des lustres - Lièvremont a donc pris le contre-pied. Lièvremont: "Trinh-Duc a du mal à expliquer qu'il soit passé à côté" Bien sûr, Dusautoir revient en troisième ligne à la place de Ouedraogo, et récupèrera donc son brassard de capitaine. Bien sûr, le retour aux choses sérieuses provoque également la réapparition de Nallet en deuxième ligne, renvoyant Millo-Chluski en tribunes. Bien sûr, Marty laisse sa place à Rougerie au centre et Médard est de retour à l'aile. Mais il n'y a rien à faire: plus de trois-quarts des questions posées par les journalistes à Lièvremont se sont évidemment concentrées sur ce désaveu envers Trinh-Duc, peut-être le joueur qui représente le mieux la patte du futur ex-sélectionneur depuis sa prise de fonctions. Les mots ont même été assez durs de la part du coach, afin de piquer au vif l'orgueil du Montpelliérain. "J'attends aussi qu'il nous montre que c'est un compétiteur. Contre les Tonga, Doussain sera sur la feuille de match, il va y avoir de la concurrence... Son fils lui manque, mais a priori il n'y a pas de problème annexe. Il a du mal à expliquer qu'il soit passé à côté. Il a un peu de mal à assumer ses contre-performances parfois, mais c'est aussi la marque d'un champion que de réussir à faire ça." Le discours est clair, net et précis, avec toujours le même mot d'ordre: celui d'un avertissement sans frais. Sauf si Parra réussit le match de sa vie - ou même, simplement, une vraie bonne performance - auquel cas cette composition d'équipe aura eu des conséquences. Mais on ne pourra le savoir que samedi... "Parra a accueilli sa titularisation avec beaucoup d'enthousiasme." On le serait à moins. Surtout, on en oublierait presque que les Bleus vont jouer les Blacks, avec tout ce remue-ménage.