Un "labo" pour les Blacks

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Un "labo" pour les Blacks
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Là où leurs rivaux australien et plus encore sud-africain peinent encore à convaincre, les All Blacks, qui ouvriront samedi, à Wellintgon, à 41 jours de "leur" Coupe du monde à domicile, la défense du Tri Nations, offrent le visage d'une équipe au-dessus de la mêlée. Une marge sur ses concurrents qui tout au long de l'été devrait permettre à Graham Henry d'optimiser son équipe en vue du Mondial.

Là où leurs rivaux australien et plus encore sud-africain peinent encore à convaincre, les All Blacks, qui ouvriront samedi, à Wellintgon, à 41 jours de "leur" Coupe du monde à domicile, la défense du Tri Nations, offrent le visage d'une équipe au-dessus de la mêlée. Une marge sur ses concurrents qui tout au long de l'été devrait permettre à Graham Henry d'optimiser son équipe en vue du Mondial. En Nouvelle-Zélande, le poids de la tradition n'est pas qu'une vue de l'esprit. La fédération (NZRU) peut bien avoir délivré son accord pour autoriser l'Angleterre à arborer un maillot... noir lors de la prochaine Coupe du monde, l'icône locale, l'ancien ailier Jonah Lomu, ambassadeur de la compétition, ne s'est pas gêné pour dire ce qu'il pensait de cet emprunt plus que douteux de l'Albion aux relents de gros sous (lire: Lomu critique le maillot noir de l'Angleterre). Il n'y a bien évidemment qu'un seul maillot noir, propriété a priori inaliénable des All Blacks qui, samedi, à Wellington, face aux Springboks dévoileront leur nouvelle livrée en vue du Mondial. Un maillot dont il ne faut attendre a priori aucune innovation majeure, qui face au poids de l'histoire, pourrait avoir valeur de sacrilège au pays du rugby. "Il n'y aura pas de grand changement, commente sur le site nzherald.co.nz l'arrière vétéran, Mils Muliaina, qui samedi honorera sa 96e cape face aux Boks. Il sera noir, et la fougère argentée sera encore dessus". Nous voilà rassurés. Henry: "Ce serait satisfaisant d'évoluer à 65-70 % de nos possibilités" Pour le reste, en revanche, ce Tri Nations, raccourci et coincé à la veille du Mondial, doit servir aux joueurs de Graham Henry de parfait tremplin. Mais là pas question de céder au conformisme, le sélectionneur néo-zélandais et son staff ont à l'évidence choisi de mettre à profit ces quatre tests à venir pour multiplier les expériences dans le jeu comme avec les hommes. Une semaine après une mise en jambes sympathique à huit essais face aux Fidji (60-14), jugée à peine correcte, les Blacks accueillent une équipe des Springboks en guenille, dont le sélectionneur Peter De Villiers est plus occupé à combattre les rumeurs autour de la mystérieuse gestion de son groupe (voir par ailleurs) que par l'idée d'une possible réaction après la gifle reçue en ouverture à Sydney, face aux Wallabies (39-20). Et déjà l'on imagine les Blacks approcher le dernier score fleuve infligé à une équipe-bis d'Afrique du Sud (33-7). Le discours froid et serein de Henry a il est vrai de quoi donner le vertige. "J'ai pensé que nous avions joué à 50% de nos possibilités à Dunedin, a-t-il avoué sur le site stuff.co.nz. Ce serait satisfaisant d'évoluer à 65-70 % de nos possibilités cette semaine. L'opposition sera plus forte, mais ça n'en sera que plus probant." Plus encore que de tutoyer des records, les entraîneurs néo-zélandais ont choisi de faire de ce Tri Nations un laboratoire en temps réel afin d'y explorer toutes les dernières opportunités offertes par leur effectif. "Nous ne disposons pas de beaucoup de temps, souligne encore Henry. Quand vous coachez dans le Super Rugby, vous disposez de plusieurs mois, là où dans le rugby international, vous n'avez qu'une semaine." Le temps est donc compté, mais les Blacks ont les moyens pour explorer de nouvelles voies. Comme lorsqu'ils laissent, en plus d'un Sonny Bill Williams, lui, au repos, leur stratège Dan Carter sur le banc au coup d'envoi face aux Fidjiens pour mieux apprécier et valider le statut de doublure à l'ouverture du jeune Colin Slade, auteur de 19 points, dont un essai ce jour-là. Le quinze type néo-zélandais existe déjà sans doute dans l'esprit des sélectionneurs, mais sans perdre de vue la conquête d'un possible 11e Tri Nations, les All Blacks peuvent s'autoriser de laisser encore à l'herbage ce week-end des cadres du calibre de Brad Thorn, Kieran Read, Keven Mealamu et Owen Franks. Sans crainte excessive d'y laisser des plumes. Et jusqu'à envisager tout cette semaine, sous la pression des médias, un Richie Mc Caw débuter au poste de n°8... "Nous avons besoin de flexibilité en troisième ligne, et sa capacité à glisser en numéro 8 nous permet de laisser Kieran Read au repos." McCaw restera fidèle finalement à son poste de flanker et c'est Adam Thomson qui, un peu choqué lorsqu'il a appris la nouvelle, pour la première fois de sa carrière, glissera dès le coup d'envoi au centre de la troisième ligne. A en croire Henry, les numéros dans le dos de ses joueurs ne signifient pas grand-chose, mais en revanche, ces derniers ont besoin d'être confrontés à des idées totalement étrangères: "Ils n'en ont jamais fait l'expérience, ils jouent depuis vingt ans, alors modifier des choses aussi établies peut apparaître difficile." La mise en danger est évidente, les All Blacks ne risquent pas de s'endormir sur leurs lauriers...