Un Hérault nouveau

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Un Hérault nouveau
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Qualifié pour la première fois de son histoire pour les demi-finales du Top 14, le Montpellier Hérault Rugby, tombeur de Castres samedi (18-17) à Pierre-Antoine, vient chatouiller les ténors du championnat. Futurs adversaires du Racing, les joueurs de Galthié et Béchu semblent ne pas connaître leurs limites. En attendant, l'euphorie de Ouedraogo et sa bande de copains est totale !

Qualifié pour la première fois de son histoire pour les demi-finales du Top 14, le Montpellier Hérault Rugby, tombeur de Castres samedi (18-17) à Pierre-Antoine, vient chatouiller les ténors du championnat. Futurs adversaires du Racing, les joueurs de Galthié et Béchu semblent ne pas connaître leurs limites. En attendant, l'euphorie de Ouedraogo et sa bande de copains est totale ! En larmes Fabien Galthié. L'ancien capitaine du XV de France peut bien avoir tout connu, ou presque, au cours de sa très riche carrière, il craque. Samedi, dans cette enceinte de Pierre-Antoine, si répulsive pour ses visiteurs, inviolée en treize matches de saison régulière, son équipe, le Montpellier Hérault Rugby, vient de réussir l'impensable. La victoire au bout de la première apparition du plus jeune club de l'élite en phases finales, qui envoie Montpellier dans le dernier carré du Top 14 défier le Racing et ses stars (voir par ailleurs). Comme Toulon, et tant d'autres cette saison, Castres à son tour a succombé à ce miracle montpelliérain permanent que Fulgence Ouedraogo et ses partenaires n'en finissent plus de prolonger. Ironie de l'histoire, c'est par sa défense -Montpellier a signé samedi son 3e match sans essai de la saison après Perpignan (12-12) et Toulouse (9-26)- que l'équipe à l'offensive si séduisante a mis au pas le CO pour un petit point. Samedi, à Pierre-Antoine, le MHR, si souvent de gala cette saison, avait enfilé une panoplie commando qu'on ne lui connaissait pas. Mieux encore c'est par la botte de Martin Bustos Moyano, l'artificier argentin, auteur des dix-huit points de ce succès historique, que l'exploit s'est concrétisé quand la référence en la matière, Romain Teulet, connaissait au pire moment un jour sans. La suite, c'est une douce euphorie, la joie d'une bande de copains en communion avec son staff et ses supporters qui, à quinze jours d'un déplacement à Marseille pour y côtoyer la crème du championnat, se prennent à rêver. Ouedraogo: "Juste des petits qui s'invitent parmi les grands..." Risée du rugby français il y a quelques saisons lorsqu'un président éphémère avait osé annoncer que Montpellier jouerait le titre sous trois ans, voilà le club héraultais qui pénètre dans la cour des grands. Dans un vestiaire chaviré de bonheur, le capitaine Fulgence Ouedraogo, l'un de ces ex-"quatre fantastiques", qui ne sont plus que trois aujourd'hui, pur produit de la formation montpelliéraine, exulte et mesure surtout le chemin parcouru au micro de Canal+: "On a cru en notre potentiel, même si c'était une période difficile pour nous. On a su se remettre en question, travaillé. Je pense qu'en interne, ils ont fait un boulot monstre avec la venue de Fabien (Galthié) et d'Eric (Béchu), qui nous ont immédiatement apportés, de joueurs, comme Santiago Fernandez, et d'autres. Il y a une histoire qui s'est créée, une histoire d'amis et pour l'instant, ça nous mène jusqu'en demi-finales." Elle est belle cette joie simple, fraiche et toute neuve de ce groupe si jeune, vierge de cette sacro-sainte expérience sans laquelle il n'y a, dit-on, point de salut en phases finales. "Honnêtement, c'est un rêve de gamin, savoure, extatique au micro de Canal+, Julien Tomas. Je voyais des demi-finales à Montpellier, à La Mosson, j'avais quatorze ans. Et là, putain, j'y suis, au Vélodrome, pour les joueurs, pour le club, c'est extraordinaire, c'est magnifique. On vit une aventure humaine extraordinaire, énorme, et sportivement, on n'imaginait pas arriver à ce stade de la compétition. On venait ici avec beaucoup d'humilité, on savait que c'était très dur de gagner chez eux. Etre portés en plus par un public comme ça, il n'y a pas de mots, à vivre, c'est énorme !" Et ça promet de l'être encore plus dans deux semaines, au Vélodrome. "Vu qu'on a quinze jours, on va se faire une petite fiesta entre nous, dans le rugby, ça resserre les liens pour être encore plus fort dans quinze jours", annonce encore le demi de mêlée international. Bien sûr, il y a les considérations technico-tactiques, mais un leitmotiv revient en boucle autour de la dimension humaine de cette aventure. "C'est un peu le résumé de notre saison. On a eu beaucoup de hauts avec quelques bas en fin de saison, où on était passés à côté de quelques matches, commente toujours Tomas. Défensivement, on était moins performants, en attaque, on a été critiqués, et on s'est serré les coudes. On voulait vivre une aventure humaine extraordinaire sur ces phases finales." Galthié, à l'origine avec son complice, Eric Béchu, de cette mutation d'une équipe qui la saison dernière luttait encore pour le maintien, reste sur ce registre émotionnel lorsqu'il évalue la performance de ses joueurs: "Dans le coeur des joueurs et de tous ceux qui les suivent depuis le début de l'année, la note du match, c'est 22 sur 20 !" Son capitaine, sondé sur les capacités de son équipe à tutoyer le rêve impossible d'un Brennus, se résout à jouer les modérateurs: "On n'est pas encore des grands, juste des petits qui s'invitent parmi les grands. On va essayer d'être dignes de cette demi-finale."