Un goût d'inachevé

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Un goût d'inachevé
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Le rideau est tombé sur la saison de ski ce dimanche en laissant un goût amer à quelques animateurs du grand cirque blanc, l'Américaine Lindsey Vonn en tête. Avec pas moins de quatre courses annulées, le bouquet final de Lenzerheide a pris des apparences de pétard mouillé. Reste que la saison 2010-2011 aura été exceptionnelle pour le clan tricolore.

Le rideau est tombé sur la saison de ski ce dimanche en laissant un goût amer à quelques animateurs du grand cirque blanc, l'Américaine Lindsey Vonn en tête. Avec pas moins de quatre courses annulées, le bouquet final de Lenzerheide a pris des apparences de pétard mouillé. Reste que la saison 2010-2011 aura été exceptionnelle pour le clan tricolore. Cruelle ironie, c'est sous un soleil radieux que l'épreuve par équipes des finales de Lenzerheide - rendez-vous à l'intérêt sportif nul - s'est déroulée ce dimanche. Auparavant, les caprices de la météo suisse avaient poussé les organisateurs à annuler quatre courses sur huit: les Super-G et slaloms géants masculins et féminins. Une hécatombe aux dommages collatéraux certains. La principale lésée dans cette affaire étant assurément la triple lauréate du gros globe de cristal sortante, Lindsey Vonn. Au bilan de toute une saison, l'Américaine perd sa couronne pour trois petits points au profit de sa rivale Maria Riesch. Sans avoir pu enfoncer le clou dans le Super-G au lendemain de la descente ultime qui l'avait vue prendre provisoirement les commandes de la Coupe du monde. Et sans avoir pu défendre ses chances dans la toute dernière épreuve technique. "Je suis extrêmement déçue. J'ai le sentiment de m'être donnée à fond et d'avoir fait une belle saison. Gagnante ou perdante, peu m'importe, mais je voulais avoir ma chance. L'annulation de la course n'est pas préjudiciable qu'à ma seule personne, elle est préjudiciable aux supporters et au ski en général." Hormis Lindsey Vonn, les Ivica Kostelic, Michael Walchhofer, Hannes Reichelt et Carlo Janka peuvent regretter de ne pas avoir contesté jusqu'au bout le globe du Super-G à Didier Cuche. Comme Aksel-Lund Svindal et Cyprien Richard peuvent déplorer le fait de ne pas avoir dit leur dernier mot en slalom géant, au grand bonheur de Ted Ligety. Même frustration pour Tessa Worley qui aurait sans doute aimé jouer sa dernière carte contre Viktoria Rebensburg dans la course au globe des géantistes. 8 victoires et 20 podiums pour les Bleus Pour bon nombre d'observateurs, les responsables de la Fédération internationale de ski (FIS) ont trop vite pris l'initiative de faire une croix sur des épreuves impossibles à reprogrammer à ce stade ultime de la saison. A l'image d'un slalom géant féminin dont l'annulation a été décrétée samedi dès 7h20 du matin, alors que le slalom masculin a bien eu lieu, quelques heures plus tard, en dépit du brouillard. "Ce n'était pas la bonne chose à faire que de prendre une telle décision dès le matin", juge ainsi Alex Hoedelmoser, l'un des entraîneurs de l'équipe des Etats-Unis. Un constat qui pose indirectement la question de la densité d'un calendrier mondial qui n'avait jamais été aussi chargé. Un mal pour un bien vu du camp des Français ? Sans doute. Avec 8 victoires pour 20 podiums signés durant l'exercice 2010-2011, les skieurs tricolores ont égalé leurs deux records en la matière: les 20 podiums de la saison 2000-2001 (pour seulement six succès cependant) et les 8 victoires de 1991-1992 (dont sept obtenues par la seule Carole Merle). Principaux pourvoyeurs des Bleus cette année, Jean-Baptiste Grange et Tessa Worley se sont imposés en leaders de la technique à la française, avec trois triomphes chacun et une médaille aux Championnats du monde de Garmisch-Partenkirchen (l'or du slalom pour le premier, le bronze du géant pour la seconde). La France reste toutefois devancée par l'Autriche, la Suisse et l'Italie au classement des nations.