Un Giro dantesque

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Un Giro dantesque
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Pour célébrer le 150e anniversaire de l'unité italienne, les organisateurs du Giro ont tracé un parcours extrêmement difficile, l'un des plus durs de ces dernières années. Ce premier Grand Tour de la saison est taillé pour les grimpeurs comme Contador et Nibali qui s'en donneront à coeur joie sur les pentes de l'Etna et dans les Dolomites. Départ samedi à Turin.

Pour célébrer le 150e anniversaire de l'unité italienne, les organisateurs du Giro ont tracé un parcours extrêmement difficile, l'un des plus durs de ces dernières années. Ce premier Grand Tour de la saison est taillé pour les grimpeurs comme Contador et Nibali qui s'en donneront à coeur joie sur les pentes de l'Etna et dans les Dolomites. Départ samedi à Turin. Ce n'est pas La Divine Comédie de Dante, mais cela y ressemble. Les coureurs qui s'apprêtent à prendre le départ du Tour d'Italie samedi à Turin ont devant eux un carnet de route à faire pâlir les plus aguerris. Le parcours concocté par les organisateurs du Giro en fait l'un des Grands Tours les plus difficiles de ces dix dernières années. Entre un passage sur les fameuses Strade Bianche (des pistes poussiéreuses) et les nombreuses arrivées en côte, le tout entrecoupé d'un contre-la-montre en montée et de l'ascension de l'Etna, les plages de récupération sont réduites à leur portion congrue. "Le parcours du Tour d'Italie 2008 (qu'il avait remporté) était déjà très dur, mais je pense qu'il est encore plus difficile cette année", reconnait d'ailleurs Alberto Contador. Il faudra bien trouver le temps de souffler. Mais quand ? Lors de deux journées de repos évidemment, ou alors sur les bords accueillants de la mer Adriatique au cours de la deuxième semaine. Dans la chambre d'hôtel, le soir, c'est sans doute la meilleure option, car le reste du temps, le peloton sera soumis à un traitement de faveur proche de la torture. Jugez plutôt. Le chrono par équipes va lancer les débats sur la route de Turin samedi, un exercice qui creuse de premiers écarts pour les leaders moins bien entourés. Quatre jours plus tard, les Strade Bianche devraient opérer une première sélection avec 23 kilomètres de routes poussiéreuses dans le final. L'an dernier, la pluie s'en était mêlée, transformant la journée en véritable enfer. Cadel Evans, ancien adepte du VTT, avait sorti son épingle du jeu. C'est dire... La traversée du Sud de l'Italie n'aura rien de bucolique, surtout avec l'Etna à gravir à deux reprises lors de la neuvième étape. L'ascension du volcan sicilien sera le premier grand rendez-vous pour les grimpeurs, à la veille de la première journée de repos. Ensuite, cap au Nord avec dix derniers jours de course abominables: la traversée des Dolomites avec la montée du Zoncolan (15 km à 9%), le contre-la-montre en côte (12 km avec des passages à plus de 10%) et l'avant-dernière étape vers Sestrières qui empruntera des routes, ou plutôt des chemins de montagne, dangereux pour le maillot rose. Sorti de cet enfer, le leader du classement général s'ouvrira les portes du paradis à Milan. Pour les autres, c'est sur le purgatoire. Contador face aux Italiens Vainqueur du Tour d'Italie en 2008, Alberto Contador est de retour pour la première fois depuis son sacre. Le coureur espagnol est le grand favori de cette édition taillée pour les grimpeurs. Mais il n'est pas le seul, lui-même cite quelques noms: "Les plus menaçants seront Nibali, Scarponi et Menchov. Il y a aussi un autre groupe de coureurs particulièrement forts: Kreuziger, Igor Antón, Joaquim Rodriguez, Sastre, Sella..." Le vainqueur sortant, Ivan Basso, a préféré faire l'impasse pour se concentrer sur le Tour de France. Les espoirs italiens reposent donc sur Vincenzo Nibali, troisième l'an dernier, et sur Michele Scarponi.