Un bus, un poulpe et des vuvuzelas

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Un bus, un poulpe et des vuvuzelas
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La Coupe du monde 2010 a tenu toutes ses promesses mais a aussi réservé quelques surprises.

La Coupe du monde 2010 a tenu toutes ses promesses mais a aussi réservé quelques surprises. La Coupe du monde 2010 s'est achevée dimanche par le sacre de l'Espagne aux dépens des Pays-Bas, après un mois de compétition. Si le spectacle n'a pas toujours été au rendez-vous, à l'image de la finale, la première épreuve organisée sur le sol africain a tenu toutes ses promesses. Retour sur les réussites mais aussi les échecs de ce dix-neuvième Mondial, ainsi que sur les principaux héros, heureux ou malheureux, de l'épreuve. Les tops Championne d'Europe en titre, l'Espagne est l'une, voir la seule équipe, à avoir confirmé son statut de favori en allant décrocher son premier titre mondial aux dépens des Pays-Bas (1-0 après prolongation), après avoir pourtant manqué son entrée dans la compétition en s'inclinant face à la Suisse (0-1). Reposant sur l'ossature du Barça, Puyol, Piqué, Busquets, Xavi, Iniesta, Pedro et Villa, la Furia Roja a fait preuve de qualités techniques largement supérieures à la moyenne, associées à une solidité et une efficacité sans faille. Des huitièmes à la finale, les hommes de Vicente Del Bosque ont remporté leurs quatre matches sur le même score : 1-0. Autre grande nation européenne à avoir brillé au cours de l'épreuve, l'Allemagne. Le sélectionneur Joachim Löw a pu s'appuyer sur une nouvelle génération de joueurs, prometteurs et talentueux, pour terminer à la troisième place, comme en 2006. Après ses démonstrations face à l'Angleterre (4-1) et l'Argentine (4-0) en huitièmes et en quarts, la Mannschaft a eu la malchance de tomber sur le futur vainqueur espagnol en demies. Mais ce n'est que partie remise pour le meilleur jeune de l'épreuve Thomas Müller et ses coéquipiers. Autres pays à avoir su tirer leur épingle du jeu, les Pays-Bas de Robben et Sneijder, redoutables d'efficacité, mais aussi d'autres moins attendus comme le Ghana, seul représentant africain en huitièmes et quarts de finale, ou l'Uruguay qui, dans le sillage de sa star Diego Forlan, élu meilleur joueur de la compétition, n'a échoué que dans le dernier carré. Le pays organisateur, l'Afrique du Sud, a de son côté quitté la compétition dès la phase de poules, mais avec les honneurs. Les Sud-Africains peuvent aussi se satisfaire d'avoir parfaitement su relever le défi de l'organisation de cette première Coupe du monde sur le sol africain. Hormis quelques tribunes dégarnies lors de certains matches de poules et une grève de quelques jours des stadiers, les organisateurs ont réussi leur mission, notamment sur le plan des infrastructures et de la sécurité. Les supporters locaux ont également répondu présents en créant une ambiance de fête sur et autour des stades. L'apparition de Nelson Mandela sur la pelouse du Soccer City Stadium de Johannesburg, juste avant la finale, restera comme l'une des images marquantes de cet événement planétaire. Très décriés au début du Mondial, les vuvuzelas, dont le bruit assourdissant a cassé les oreilles de nombreux spectateurs et téléspectateurs, ont finalement été adoptés. Ils resteront comme l'objet culte de ce Mondial et font désormais partie de la panoplie des supporters. Regardez ce reportage sur le vuvuzela : Autre grande star de cette dix-neuvième édition, Paul le poulpe, qui par ses pronostics jamais pris en défaut, a suscité l'intérêt du monde entier et bluffé plus d'un parieur. Redécouvrez les images du pronostic de Paul le poulpe avant la finale: Les flops A l'inverse du poulpe devin, certains sont passés complètement à côté de leur Mondial. C'est notamment le cas des deux finalistes de 2006. Tenante du titre, l'Italie a été sortie dès le premier tour, sans avoir décroché la moindre victoire. Même constat désolant pour l'équipe de France, qui, minée par des problèmes internes, s'est même couverte de ridicule avec les insultes de Nicolas Anelka au sélectionneur Raymond Domenech et la grève de l'entraînement proclamée par les joueurs, à 48 heures de leur dernier match face à l'Afrique du Sud. L'image des Tricolores enfermés dans leur bus a fait le tour du monde. Revivez les scènes de la mutinerie des Bleus à l'entraînement: D'autres grandes nations ont également connu de belles déconvenues. Après une phase de poules bien maîtrisée, l'Argentine de Diego Maradona a pris l'eau face à l'Allemagne (0-4) en quarts de finale. Son ennemi juré, le Brésil, a connu pareil sort mais face aux Pays-Bas (1-2). Des désillusions, certaines stars annoncées de cette Coupe du monde en ont également connues. Wayne Rooney (Angleterre), Cristiano Ronaldo (Portugal), Kaka (Brésil), Fabio Cannavaro (Italie), Franck Ribéry (France), Lionel Messi (Argentine) dans une moindre mesure, sont passés à côté. Du coup, le spectacle n'a pas toujours été au rendez-vous. Avec 145 buts marqués en 64 matches (soit une moyenne de 2,27 buts par match), l'édition 2010 a été l'une des moins prolifiques en buts. C'est toutefois plus que le Mondial 90 (2,21 buts). Pourtant, les gardiens de but ne se sont pas ménagés pour aider les attaquants, en commettant de nombreuses bourdes, comme l'Anglais Robert Green face aux Etats-Unis (1-1), ou l'Algérien Faouzi Chaouchi face à la Slovénie (0-1). Pour les portiers, le ballon officiel de l'épreuve concocté par Adidas, le Jabulani, dont les trajectoires ont été jugées totalement imprévisibles, est la principale raison de ses erreurs grossières. (Re)découvrez l'arrêt manqué de Robert Green face aux Etats-Unis: Outre les gardiens, les arbitres n'ont pas toujours été à la hauteur. Si l'Anglais Howard Webb a été critiqué pour son manque de sévérité à l'égard de certains joueurs néerlandais en finale, des erreurs beaucoup plus grossières ont été observées lors des tours précédents. Le milieu anglais Frank Lampard s'est vu refusé un but contre l'Argentine (1-4), alors que le ballon avait franchi entièrement la ligne. A l'inverse, le but de l'Argentin Carlos Tevez contre le Mexique (3-1) a été accordé, alors qu'il était clairement en position de hors-jeu (3-1). Des méprises grossières qui ont relancé le débat sur l'introduction de la vidéo dans le football et qui ne seront donc peut-être plus d'actualité lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil. Le but injustement refusé à Frank Lampard :