Un affûtage à risque

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Un affûtage à risque
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Avec la perspective d'ouvrir la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.) par deux oppositions face au Japon et au Canada, deux nations a priori à la portée des Bleus, le staff tricolore a fait le choix de prolonger sa phase de préparation jusqu'au choc face aux All Blacks. Une logique peut-être légitime, mais pas sans risque: le bilan médical continue d'inquiéter avec la blessure, vendredi à l'entraînement, d'Alexis Palisson.

Avec la perspective d'ouvrir la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.) par deux oppositions face au Japon et au Canada, deux nations a priori à la portée des Bleus, le staff tricolore a fait le choix de prolonger sa phase de préparation jusqu'au choc face aux All Blacks. Une logique peut-être légitime, mais pas sans risque: le bilan médical continue d'inquiéter avec la blessure, vendredi à l'entraînement, d'Alexis Palisson. Même s'ils sont encore loin d'avoir retrouvé à l'entraînement l'intensité de leurs deux mois de préparation, les joueurs de l'équipe de France, 48 heures après leur arrivée en Nouvelle-Zélande, ne sont pas à l'abri d'un pépin physique. Les effets du décalage horaire, qui exposent et rendent les organismes plus vulnérables, peuvent se faire ressentir. Vendredi matin, lors de l'unique séance de la journée, l'un des hommes en vue des deux test-matches face à l'Irlande, Alexis Palisson, a ressenti une douleur musculaire. Le trois-quarts a dû se soumettre dans l'après-midi à une IRM de contrôle. Un examen qui aurait révélé une déchirure au niveau du psoas, synonyme d'une indisponibilité estimée jusqu'à quinze jours et priverait donc - si elle venait à être confirmée - Palisson du premier match des Bleus dans cette Coupe du monde, le 10 septembre face au Japon. Un caillou de plus dans la chaussure de Marc Lièvremont, que l'infirmerie tricolore continue forcément de tracasser. Lui dont la volonté affirmée jeudi, en conférence de presse, reste de continuer à donner à tous du temps de jeu: "On a besoin de donner du temps de jeu à tous sur ces deux premiers matches, certainement. Pour ceux qui ont joué à Bordeaux (ndlr, face à l'Irlande, le 13 août), on sera à quatre semaines de ce match (...) L'idée serait aussi de faire deux bons matches et de pouvoir intégrer assez rapidement les remplaçants." Un désir légitime à l'heure du retour de blessure de Barcella (tendon d'Achille), Servat (genou) et Rougerie (cheville), quand d'autres restent encore en phase de convalescence - comme Mermoz (genou) - ou n'ont joué qu'un seul match de préparation. Dans sa grande majorité, ce groupe manque de rythme et aspire à monter en puissance. Lièvremont: "Les moyens de battre ces deux équipes""Physiquement, j'ai besoin d'un ou deux matches pour me sentir bien dans la compétition", abonde le troisième ligne Imanol Harinordoquy. Ça fait trois semaines que j'ai joué, d'autres deux semaines. Nous perdons physiquement. Rien ne remplace le rythme d'un match." Mais face au Japon puis au Canada, deux premiers adversaires normalement à la portée des Bleus, il sera aussi question de cumuler le temps d'une préparation sur le point de s'achever, avec celui d'un début de compétition a priori sans danger. "Les 15 jours de travail restants sont vraiment importants, en ce sens qu'ils vont vraiment finaliser la préparation et capitaliser ces deux mois de travail, avait notifié le préparateur physique Julien Deloire. Ce sera la phase d'affûtage." De là à voir cette équipe de France en flagrant délit de complexe de supériorité, il n'y a qu'un pas... Et l'option du staff tricolore n'est sans doute pas sans risque, dans un contexte de Coupe du monde de plus en plus relevé, même pour les nations supposées les plus fortes. Lièvremont, lui, n'a aucun doute sur l'issue annoncée de ses deux premières levées: "Sincèrement, on ne va pas monter un collectif par rapport aux problématiques que peuvent nous poser le Japon et le Canada. Quelle que soit l'équipe alignée, on devrait avoir les moyens de battre ces deux équipes." Sans doute... Encore faudrait-il pouvoir compter sur l'ensemble de ses forces vives. Car l'incertitude qui pèse désormais sur Palisson s'ajoute à l'indisponibilité confirmée de Maxime Mermoz. Réapparu jeudi, au premier jour d'entraînement sur le sol néo-zélandais, au même titre que Damien Traille - totalement rétabli, en revanche (genou) - le trois-quarts centre perpignanais, qui se remet d'une entorse à un genou contractée face à l'Irlande (19-12), n'était toujours pas en mesure de rejoindre ses coéquipiers, contraint à un travail individualisé avec l'un des préparateurs physiques. Pour Lièvremont, sa présence face au Japon n'est pas à l'ordre du jour: "Ce sera compliqué", avoue-t-il. Dans l'absolu, il pourrait. Mais il ne s'est pas entraîné depuis trois semaines. Médicalement, il sera apte. Après, concernant le jeu, il va reprendre l'entraînement en début de semaine, on l'espère. On a suffisamment de joueurs pour ne pas prendre de risques et pour lui donner plus de temps." William Servat, quant à lui, participe à toutes les séances normalement. Hormis Mermoz, "les 29 sont compétitifs", appuie Lièvremont. C'était avant de perdre probablement Palisson...