Tsonga viré par le nouveau boss

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Tsonga viré par le nouveau boss
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L'aventure de Jo-Wilfried Tsonga à Wimbledon s'est achevée au stade des demi-finales ce vendredi. Le Français s'est incliné en quatre manches face à Novak Djokovic (7-6, 6-2, 6-7, 6-3). Le Serbe, pour la première fois de sa carrière en finale à Londres, est assuré de devenir le nouveau n°1 mondial lundi, quel que soit le résultat de Rafael Nadal contre Andy Murray, affiche de la deuxième demie.

L'aventure de Jo-Wilfried Tsonga à Wimbledon s'est achevée au stade des demi-finales ce vendredi. Le Français s'est incliné en quatre manches face à Novak Djokovic (7-6, 6-2, 6-7, 6-3). Le Serbe, pour la première fois de sa carrière en finale à Londres, est assuré de devenir le nouveau n°1 mondial lundi, quel que soit le résultat de Rafael Nadal contre Andy Murray, affiche de la deuxième demie. Le circuit ATP a un nouveau patron, il s'appelle Novak Djokovic. Cette information, attendue il est vrai depuis plusieurs semaines, découle d'une autre, bien plus récente: le Serbe a battu Jo-Wilfried Tsonga ce vendredi en demi-finales de Wimbledon (7-6, 6-2, 6-7, 6-3). Le parcours remarquable du Français à Londres, sublimé par sa victoire en quarts contre Roger Federer, a donc pris fin sur le gazon du Centre Court. Pas de nouvelle finale en Grand Chelem non plus, trois ans après l'Open d'Australie, déjà contre Djokovic, pour le Manceau qui ne deviendra pas (encore) le deuxième joueur tricolore de l'après-guerre, avec Cédric Pioline (US Open 1993 et Wimbledon 1997), à disputer deux finales en Majeurs. Mais ce n'est que partie remise. On l'avait presque oublié, mais Djokovic n'a perdu qu'une seule fois depuis le début de la saison, en demi-finales de Roland-Garros il y a un mois. Sans montrer grand-chose, le futur n°1 mondial (il le sera lundi quand le classement ATP sera actualisé) a mené sa barque jusque dans le dernier carré de Wimbledon où il avait toujours calé par le passé (2007 et 2010). Pas cette fois-ci. Son jeu de défense, quand parler d'hermétisme devient presque un euphémisme, sa vitesse de déplacement et ses contres fulgurants ont placé Tsonga devant ses limites à ce niveau de la compétition. Le Français a certes battu Federer en pratiquant un tennis de rêve, surtout dans les trois derniers sets, mais sa capacité à répéter de telles performances le prive pour le moment d'une invitation parmi les cadors du circuit. Tant que le fameux "Big Four" sera en place, ses chances de remporter un premier titre en Grand Chelem seront minces, comme pour les autres joueurs d'ailleurs. Tsonga en a les moyens, il lui manque simplement ce petit quelque chose qui fait la marque des grands. Celui qui lui aurait permis de conclure la première manche sur son service à 5-4, mais une double-faute malvenue et un coup droit dans le couloir relance déjà le Serbe après une meilleure entame de match du Français. Dominateur avec le premier set en poche (7-6), Djokovic enfile alors le costume du patron sur le court, pendant près de deux sets (6-2, 6-5), avant qu'un sursaut d'orgueil du Français ne l'empêche de boucler la partie. Djokovic: "Un rêve qui devient réalité" Dos au mur, Tsonga choisit le moment où le Serbe sert pour le gain du match pour retrouver plus de consistance. Et avec elle plus de puissance dans les frappes, plus de tonicité dans les jambes et forcément plus de confiance dans son jeu. Les deux hommes pratiquent alors leur meilleur tennis pour disputer un jeu décisif époustouflant. Djokovic, par deux fois, a la possibilité de conclure mais Tsonga écarte avec un certain cran les deux balles de match, la première d'un smash, la deuxième sur un ace extérieur. Et c'est grâce à sa première balle, encore une fois très performante, qu'il remporte le tie break sur le score de 11-9. La mou de Djokovic, au moment de regagner sa chaise, en dit long sur l'occasion qu'il vient de manquer. Le scénario du quart de finale contre Federer va-t-il se répéter ? Tsonga a-t-il encore les ressources nécessaires pour inverser le cours d'un match si important ? La réponse est non. Rapidement breaké à l'entame du quatrième set, le Manceau paie sa débauche d'énergie et laisse logiquement l'honneur du Centre Court au 25e numéro un mondial de l'histoire (depuis la création du classement ATP automatisé). "C'est difficile de mettre des mots sur ce que je ressens, a réagi le Serbe après la rencontre. C'est mon plus grand bonheur sur un court, c'est un rêve qui devient réalité." Avec un titre dimanche à Wimbledon, son couronnement n'en serait que plus beau.