Tsonga: "Ma mission impossible"

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Tsonga: "Ma mission impossible"
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C'est une certitude, Jo-Wilfried Tsonga va jouer dimanche le troisième simple de la demi-finale de Coupe Davis qui oppose ce week-end l'Espagne à la France. Non retenu vendredi, le Manceau aura la lourde tâche d'affronter Rafael Nadal sur la terre de Cordoue. Avec l'obligation de l'emporter pour offrir un sursis à la sélection tricolore. Une mission qu'il qualifie lui-même d'"impossible", même s'il s'efforce de croire en l'exploit.

C'est une certitude, Jo-Wilfried Tsonga va jouer dimanche le troisième simple de la demi-finale de Coupe Davis qui oppose ce week-end l'Espagne à la France. Non retenu vendredi, le Manceau aura la lourde tâche d'affronter Rafael Nadal sur la terre de Cordoue. Avec l'obligation de l'emporter pour offrir un sursis à la sélection tricolore. Une mission qu'il qualifie lui-même d'"impossible", même s'il s'efforce de croire en l'exploit. Fantastique, merveilleux, incroyable ! Quel mot vous vient après ce double maîtrisé ? C'est super ! Mais on est toujours menés deux à un. La route est encore très, très longue. Demain, cela va être l'Everest. Il va falloir prendre le piolet et y aller ! Vous avez fait un double extraordinaire... Oui, je pense que l'on a fait un double extraordinaire. « Mika » et moi avions à coeur de montrer que nous avons de l'orgueil, que l'on a de la fierté, que l'on est de bons joueurs et que ce qui s'est passé hier, c'était un accident. Nous sommes rentrés sur le court avec de supers ambitions et l'envie de faire le match parfait. C'est génial de pouvoir recoller au score et d'être toujours en vie ce soir. « Mika » a révélé en conférence de presse que Guy Forget vous avait passé une belle « soufflante » hier soir. Pouvez-vous nous raconter ce dîner ? Guy nous a fait part de son mécontentement. Guy a été un joueur. Lui comme nous, on déteste être humiliés, prendre des claques comme on en a pris hier. Il n'était pas satisfait. Comme nous d'ailleurs. Il a prononcé un discours qui a remotivé l'équipe. Il l'a très bien fait... C'est l'orgueil qui vous a fait avancer aujourd'hui ? Oui, on avait envie de bien faire et de montrer notre vrai visage, tout simplement. Vous vous projetez déjà sur demain midi et votre match contre Rafael Nadal... Ça ne peut pas en être autrement. Ce sera ma mission impossible. Quelque part, j'adore ça. C'est le genre de matches dans lequel je suis capable de faire de belles choses. Je vais rentrer sur ce match avec les trois « C » comme ils disent ici en Espagne : « Cabeza, corazon y corones » (la tête, le coeur et les c...). Les sensations ressenties aujourd'hui en double vous laissent-elles croire que l'exploit est possible demain contre « Rafa » ? C'est vrai que je me sentais bien physiquement aujourd'hui. Alors que ces derniers jours, je n'étais vraiment pas bien. J'avais du mal à m'acclimater à la terre battue. Mais depuis hier, je sens que je monte en puissance. Et là, aujourd'hui, je me suis senti assez bien sur le court. J'espère être demain une fusée et réussir le plus gros match de ma vie. Un challenge incroyable se présente à vous... Ça va être quelques chose d'extraordinaire. Je ne peux pas rêver mieux. Je n'ai pas grand-chose à perdre. Je vais y aller avec mes armes, avec le coeur, et on verra ce que ça va donner. De toute façon, « Rafa », c'est le plus grand joueur de ces dernières années sur terre battue, et si je veux aller le chercher, il faut que je fasse le match parfait. Ça va être très, très dur quoi qu'il arrive. "Ce serait plus fort que de battre Federer à Wimbledon" Battre Nadal à la maison sur terre battue en demi-finale de la Coupe Davis, c'est comme battre Federer « chez lui » à Wimbledon ? Battre « Rafa » chez lui sur terre, cela dépasse l'entendement. C'est plus fort que de battre Federer à Wimbledon. A quel match vous attendez-vous contre Nadal ? Ce qui s'est passé aujourd'hui en double va le mettre un peu en rogne. Il va être regonflé à bloc. Je m'attends à rencontrer un énorme Rafael Nadal. J'espère que je serai un grand « Jo » demain. Quel sera votre tactique demain contre « Rafa » ? Je pense qu'il récupère de mieux en mieux de son décalage horaire. Il ne faudra donc pas rester trop derrière, car je risque de faire beaucoup de voyages. Et sur terre battue, je dépense beaucoup plus d'énergie que sur les autres surfaces. Je pourrais vite aller aux crampes. Ma tactique sera d'être très agressif. Vendredi, Richard a essayé de l'être. Au premier set, c'était pas mal. Mais ça manquait un peu de conviction. J'espère que demain, j'aurai cette conviction. Selon vous, Nadal a-t-il peur de Tsonga ? Je ne sais pas. En revanche, il sait que je suis capable de faire de très gros matches. J'ai été capable dans le passé de le battre. Certes, ce n'était pas sur terre battue, mais ça compte un peu quand même... « Rafa » espérait être en vacances dès ce soir. Là, il va devoir repartir au boulot... Connaissant le garçon, je pense que ça ne l'effraie pas... Si vous réussissez l'exploit contre Nadal, l'équipe de France est-elle capable ensuite de remporter le cinquième match ? Tout est possible. Il n'y a pas de règle dans cette compétition. Personne ne s'attendait à ce que l'on gagne aussi rapidement aujourd'hui. L'important, c'est de se laisser la chance de pouvoir faire un exploit. Si on est à 3-1 à l'issue du quatrième match, on ne pourra plus le faire. Essayons d'abord de revenir à 2-2. Après, ce sera une autre histoire. Et sur un match décisif, tout est possible. Richard est-il entamé mentalement ? Je ne pense pas qu'il soit entamé. Vendredi, il a joué contre « Rafa ». Il y avait un niveau d'écart. Basta. Comme aujourd'hui en double. Mais Richard n'est pas entamé. Il a simplement joué le meilleur joueur du monde sur terre battue.