Tsonga, et pourquoi pas ?

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Tsonga, et pourquoi pas ?
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Qualifié pour les demi-finales du Masters, Jo-Wilfried Tsonga confirme qu'il est bien l'un des hommes forts de cette fin de saison. Plus mesuré sur le court que par le passé, le n°1 français semble capable de frapper un grand coup à Londres. D'autant qu'à part Federer, aucun joueur ne semble vraiment au-dessus du lot. L'occasion est trop belle.

Qualifié pour les demi-finales du Masters, Jo-Wilfried Tsonga confirme qu'il est bien l'un des hommes forts de cette fin de saison. Plus mesuré sur le court que par le passé, le n°1 français semble capable de frapper un grand coup à Londres. D'autant qu'à part Federer, aucun joueur ne semble vraiment au-dessus du lot. L'occasion est trop belle. Jo-Wilfried Tsonga, 26 ans, 6e joueur mondial, sept titres chez les grands dont un Masters 1000 (Paris-Bercy en 2008). Comme beaucoup, le Français regrettera sans doute dans ses vieux jours d'être tombé durant sa carrière sur une génération exceptionnelle, avec les phénomènes Roger Federer et Rafael Nadal, voire Novak Djokovic si le Serbe confirme son année faste. A la fin des années 90, voire au début des années 2000, quand se succédèrent Rios, Moya, Kafelnikov, Rafter, Safin, Kuerten, Hewitt et Ferrero à la première place mondiale, "Jo" aurait peut-être pu aspirer à se forger un palmarès plus étoffé, en grands titres notamment. Un grand titre, voilà clairement ce qu'il manque aujourd'hui à Tsonga pour franchir un nouveau palier. Derrière les quatre levées du Grand Chelem, que même Andy Murray ne parvient toujours pas à apprivoiser, le Masters, bien que réservé qu'à huit joueurs, est considéré comme le tournoi le plus important de l'année. En se hissant en demi-finales après avoir battu Nadal pour la deuxième fois de la saison jeudi soir (7-6, 4-6, 6-3), le Sarthois ne se trouve plus qu'à deux victoires de décrocher la lune. De quoi se prendre à rêver, même s'il estime que son jeu "est encore perfectible."" Mais j'étais fou !""Il y a des petites choses à améliorer, analyse le troisième Français, après Sébastien Grosjean (2001) et Gilles Simon (2008), à se retrouver dans le dernier carré du tournoi des maîtres. Cela dit, je crois que c'est clair, c'est bien meilleur que tout ce que j'ai fait ces derniers temps." Depuis le début de l'année, Tsonga va en s'améliorant. Sans coach attitré depuis avril, "Jo" s'est davantage pris en main, fruit d'une maturité qu'il expliquait au soir de sa qualification: "J'ai voulu comparer ce que je faisais en 2008. C'était incroyable. Aujourd'hui, je suis moins bon physiquement, je frappe moins fort dans la balle, je ne volleye pas mieux. Mais j'étais fou ! Je demandais à tout le monde de faire la ola. Je dépensais une énergie folle. Maintenant, tout est plus mesuré chez moi, j'ai appris à gérer le score et mes émotions." Pour autant, s'il veut aller au bout à Londres, Tsonga aura sans doute besoin d'un grain de folie. Celui qui lui a peut-être manqué lors de son premier match face à Federer. Le Suisse, le plus impressionnant des candidats encore en lice, assume jusque-là parfaitement son statut de favori à Londres. Mais en étant poussé deux fois sur trois à disputer trois sets lors des matches de poule, par Tsonga et Mardy Fish, il a aussi montré qu'il n'était pas intouchable. Pour Tsonga, très solide depuis quelques semaines et capable du meilleur en indoor, le rêve d'inscrire son nom au palmarès du Masters est donc permis. Mais il lui faudra déjà vaincre Tomas Berdych samedi pour ne pas repousser à 2012 ses envies de grandeur.