Tsonga change ses plans

  • A
  • A
Tsonga change ses plans
Partagez sur :

A bientôt 26 ans, Jo-Wilfried Tsonga a décidé de changer quelque chose dans son jeu. Le Français, dont le début de saison a encore été perturbé par des pépins physiques, entend se tourner vers un tennis plus offensif quitte à passer par une petite période d'adaptation. Sorti d'entrée à Indian Wells, "Jo" retente sa chance à Miami. Pari gagnant ?

A bientôt 26 ans, Jo-Wilfried Tsonga a décidé de changer quelque chose dans son jeu. Le Français, dont le début de saison a encore été perturbé par des pépins physiques, entend se tourner vers un tennis plus offensif quitte à passer par une petite période d'adaptation. Sorti d'entrée à Indian Wells, "Jo" retente sa chance à Miami. Pari gagnant ? Jo-Wilfried Tsonga n'a pas peur du changement. Du moins, il le laisse entendre. Après deux mois en 2011, marqué par une finale à Marseille et une nouvelle blessure qui l'a privé du premier tour de Coupe Davis, le Français a fait un choix, celui de faire évoluer son jeu vers quelque chose de nouveau pour continuer à progresser. Un pari audacieux pour un joueur qui émarge au 16e rang mondial et qui n'aurait pas quitté le top 10 sans ses blessures récurrentes. Mais Tsonga, dont les deux faits d'armes demeurent sa finale lors de l'Open d'Australie 2008 et son titre à Bercy la même année, aspire à mieux, lui qui caresse encore le rêve de remporter un jour une levée du Grand Chelem. Pour se donner les meilleures chances d'atteindre ce graal, le Manceau a décidé de revenir aux sources, à ses premières heures de tennisman lorsqu'il voulait faire mal à ses adversaires. "C'est ça le projet: plus de jeu au filet, plus de slice, plus de variations et, surtout, des winners (coups gagnants) directs. (...) J'en ai marre de courir pour défendre. Je ne suis pas fait pour ça, expliquait-il il y a dix jours dans les colonnes de L'Equipe. C'est un peu la mentalité du slalomeur Jean-Baptiste Grange. Il y va pour gagner, pas pour faire quatrième. S'il sort, il sort. Mais s'il arrive en bas, il est devant." Plus de risques pour gagner plus gros en somme, voilà la nouvelle philosophie de Tsonga. Quitte à y laisser des plumes au passage. A la pêche au gros Ce fut le cas à Indian Wells où, pour son entrée en matière, le Sarthois s'est cassé les dents sur Xavier Malisse. De retour au jeu après près d'un mois d'arrêt suite à son hernie inguinale, "Jo" n'avait pas encore trouvé le bon dosage. "C'est une nouvelle aventure qui commence et comme toujours quand on change, il y a des galères, avait-il déclaré en Californie. Mais ça sourira plus tard." Le protégé d'Eric Winogradsky, qui a aussi besoin de revenir à 100% physiquement pour pratiquer ce jeu à haut risques, ne semble pas se faire une montagne des éventuels accrocs liés à cette période de transition. "Je dois avaler quelques pilules avant que ça marche mais j'ai envie de changer d'optique de jeu. Ce n'est pas l'attaque à tout va, mais c'est être plus performant sur service-volée, prendre des balles plus tôt, changer de tempo." A Miami, sur une surface plus rapide qu'à Indian Wells, cette nouvelle tactique pourrait s'avérer davantage payante, même si le vent qui s'invite souvent en Floride n'est pas le meilleur ami des attaquants. Sa partie de tableau, qui pourrait lui réserver Dolgopolov dès le troisième tour puis Nadal au suivant, n'a toutefois rien d'une entrée en douceur. Mais Tsonga se donne le temps de réussir sa métamorphose, quitte à sacrifier le court terme. "Si, pendant deux semaines, mon jeu d'attaque marche fort et me fait gagner un gros truc, ça me va." Le Manceau vise aujourd'hui la qualité plus que la quantité. Miami n'est qu'une étape.