Trop tendre Lille

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Trop tendre Lille
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Lille n'y arrive pas. A l'heure d'accueillir une Inter Milan mal en point, les Lillois ont concédé leur première défaite en Ligue des champions, mardi (1-0). Alors que Giampaolo Pazzini a ouvert le score en première période, les joueurs de Rudi Garcia ont longtemps buté sur la défense italienne, et se sont montrés trop maladroits pour espérer mieux.

Lille n'y arrive pas. A l'heure d'accueillir une Inter Milan mal en point, les Lillois ont concédé leur première défaite en Ligue des champions, mardi (1-0). Alors que Giampaolo Pazzini a ouvert le score en première période, les joueurs de Rudi Garcia ont longtemps buté sur la défense italienne, et se sont montrés trop maladroits pour espérer mieux. Pour s'accrocher à son rêve, le Losc peut se mettre en tête qu'une qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions se gagne souvent avec 11 points. Et donc qu'avec deux points à son compteur après trois matches, le club nordiste peut encore mathématiquement envisager un printemps européen dans la compétition. Mais les calculs sont désormais simples: battus mardi au Stadium Nord par l'Inter Milan (0-1), les Dogues sont pratiquement condamnés au sans-faute pour sortir de la phase de poules. Pas pour ne pas avoir été au niveau. Mais pour ne pas avoir su abattre une équipe milanaise à sa portée quand ses deux nuls décidément malvenus enregistrés lors des deux premières journées contre le CSKA Moscou (2-2) et Trabzonspor (1-1) l'exigeait. Voilà ce qui sépare peut-être encore un champion de France de retour quatre ans après dans la plus prestigieuse compétition européenne et une équipe milanaise certes mal en point en championnat mais toujours championne du monde en titre, pour répondre à la question qui fut posée à Rudi Garcia à la veille du match. Autant le Losc avait eu du mal à conclure ses deux premiers matches de la compétition, à regret, autant le club nordiste a cette fois-ci eu du mal à se réveiller, endormi moins par le froid enveloppant le Stadium Nord que par le faux rythme imprimé par les Italiens. C'est aussi ça l'expérience des reptiles à sang froid qui peuplent la Ligue des champions. Hypnotiser leur proie que l'on sait prompte à enflammer le match et l'atmosphère pour mieux la mordre. Et avec un poison comme Pazzini à la pointe de l'attaque lombarde, ça ne pardonne pas. Après avoir buté une première fois sur un Chedjou impérial en défense centrale pour son retour de blessure (6e), le prédateur italien a su se faire oublier pour piquer l'enthousiasme nordiste et baptiser Enyeama, dont c'était la première titularisation cette saison en remplacement de Landreau blessé (béquille à une cuisse), d'une froide reprise de volée sur un centre en retrait (21e, 0-1). Des éclairs vains... La force des grandes équipes est aussi de savoir faire le dos rond quand ça le nécessite. Et les Intéristes, conscients d'avoir ainsi réveillé la bête endormie, acceptent la réaction d'orgueil des Lillois, traduite par deux centres dangereux d'Hazard dans la même minute (24e) - ses deux seuls faits d'arme au cours d'une première période jouée en dilettante - et deux frappes ratées de Cole (23e et 27e). Cinq minutes de rébellion et puis plus rien, la faute à ses diables d'Italiens qui se plaisent de nouveau à casser le rythme pour là encore mieux jaillir en contre, à l'image de Zarate, contré par Basa après avoir pris le meilleur sur Debuchy (36e). Et si l'ouverture de Cole pour Sow, devancé de justesse par Julio Cesar (38e), laisse à penser que le Losc a les moyens de répondre, c'est Maicon, sur une frappe en première intention, qui a le dernier mot dans cette première période (45e). On devine le scénario de la seconde période, avec une équipe nordiste obligée de pousser pour inverser le cours du match et une formation italienne prête à profiter des espaces en contre et du formidable point d'appui que représente Pazzini. La frappe de Sow, détournée et difficilement captée par Julio Cesar (50e), après une talonnade de Hazard sur l'action par Thiago Motta met ce film en action. Balmont, au centre (52e) puis à la frappe, une tentative contrée du bout du pied par Lucio qui semblait battu sur le crochet du milieu nordiste en pleine surface (62e), entretient l'espoir des supporters nordistes, autant que la frappe de Payet, entré en jeu à la place de Pedretti à l'heure de jeu, détournée du bout des gants par Julio Cesar (66e). Mais le Losc, sous la menace d'un contre mais épargné par Stankovic (72e), n'agit que par à-coup, comme coincé entre la tentation de se livrer totalement et le souvenir douloureux de ses deux premières sorties européennes. Le sprint de Sow, trop court pour devancer Julio Cesar (77e), ou la frappe en dehors de la surface de Beria (78e) sont symptomatiques de l'impuissance nordiste. Pour la première fois de sa jeune histoire, l'équipe lilloise s'incline contre une équipe italienne à domicile et rend les armes en phase de poules de la plus prestigieuse des compétitions européennes. L'Inter en a perdu d'autres. Mais le club italien, qui compte trois Ligues des champions à son palmarès, sait les matches qu'il faut gagner... Pour le Losc, ça sera les trois prochains où ça ne sera rien...