Trop fort Nadal ? Pas sûr...

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Trop fort Nadal ? Pas sûr...
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Nadal, toujours Nadal. La saison européenne sur terre battue a débuté comme s'était achevée la précédente, par un titre de l'Espagnol. Pour autant, le n°1 mondial n'a pas dominé son sujet à Monte-Carlo. L'hypothèse d'une adaptation un peu plus lente à la surface ocre est évidemment plausible, le Majorquin concédant lui-même ne pas avoir joué à son meilleur niveau. Mais si le maître de la terre était tout simplement moins performant ?

Nadal, toujours Nadal. La saison européenne sur terre battue a débuté comme s'était achevée la précédente, par un titre de l'Espagnol. Pour autant, le n°1 mondial n'a pas dominé son sujet à Monte-Carlo. L'hypothèse d'une adaptation un peu plus lente à la surface ocre est évidemment plausible, le Majorquin concédant lui-même ne pas avoir joué à son meilleur niveau. Mais si le maître de la terre était tout simplement moins performant ? 2h59 pour battre Andy Murray, 2h16 pour se défaire de David Ferrer. Rafael Nadal s'est montré plus joueur que d'habitude ce week-end à Monte-Carlo où il a déroché une septième couronne consécutive. Si de ses voeux, l'Espagnol avait sans doute pratiqué l'année dernière le meilleur tennis de sa carrière sur les courts de la Principauté, le n°1 mondial a été davantage besogneux cette fois-ci pour son premier tournoi de la saison sur terre battue. Entendons-nous bien, il n'est en aucun cas question ici de remettre en cause la domination du Majorquin sur sa surface de prédilection. Mais de savoir si cette marge qu'il possède (possédait ?) sur ses plus sérieux rivaux ne va pas se réduire. A l'issue de sa victoire en finale sur Ferrer, Nadal a admis que son tennis n'avait pas toujours atteint des sommets la semaine dernière. "Je ne suis pas capable, dit-il, de jouer à mon meilleur niveau tout le temps. Je joue très bien sur quelques jeux, puis j'ai l'impression que je me déconcentre plus facilement que d'ordinaire." Malgré tout le mérite que l'on peut accorder à Andy Murray, les difficultés éprouvées par l'Espagnol pour se débarrasser en demie d'un joueur non spécialiste de la terre battue ont pu surprendre quelques observateurs avertis. Et quitte à chipoter, parce qu'il s'agit bien de cela, sa prestation en finale n'a pas non plus cassé des briques. "Je défends peut-être un peu plus que je ne devrais le faire" Nadal, à juste titre, trouve cela plutôt rassurant de gagner sans être à son top niveau. "Si tu gagnes sans même jouer ton meilleur tennis, cela signifie a priori qu'à défaut d'être parfait, tu peux rester compétitif. Et si tu améliores un peu ton jeu, tes chances sont encore plus grandes. Je ne dis pas que j'ai mal joué. J'ai joué correctement. Mais j'ai certainement des choses à améliorer pour les semaines à venir." Son explication, que défend également son oncle et entraîneur Toni, tient la route, surtout si l'on prend en compte qu'il restait sur deux gros tournois achevés en finale sur le ciment américain d'Indian Wells et Miami. Pour autant, sa préparation n'avait pas été plus longue l'an dernier avant Monte-Carlo puisqu'il avait atteint les demi-finales en Floride. Et le résultat, en matière de jeu, n'avait pas été du tout le même. Exceptionnel au point de ne céder que 14 jeux sur le Rocher en 2010, Nadal en a perdu vingt de plus cette année et a même concédé un set (face à Murray), chose rare pour lui sur cette surface (il n'en avait perdu que deux l'an dernier sur ocre, contre Gulbis à Rome et Almagro à Madrid, ndlr). Si les chiffres ne font pas tout, son jeu déployé la semaine dernière s'est révélé parfois poussif, avec des approximations quand il fallait attaquer et des coups de défense moins profonds et gênants pour ses adversaires que d'habitude. "Je défends peut-être un peu plus que je ne devrais le faire, conçoit l'homme aux désormais 30 titres sur terre battue. Mais j'espère que cette victoire m'aidera pour la confiance. Les bons résultats vont arriver... Je compte bien jouer plus offensif. Du moins je vais essayer !" Les réponses résident en la capacité que va avoir l'Espagnol à améliorer son jeu dans les semaines à venir. S'il y parvient, alors oui sa marge sur la concurrence - bien que l'on ne connaisse pas encore ce que peut donner le Djokovic de 2011 sur cette surface - restera importante. Mais si Nadal propose jusqu'à Roland-Garros le niveau de jeu présenté à Monte-Carlo, rien ne qu'il ne devra pas partager un peu le gâteau d'ici la fin de la saison de terre battue.