Tripon-Le Gal, cap à l'ouest

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Tripon-Le Gal, cap à l'ouest
@ Gedimat
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VOILE - Le duo mène la flotte de la dixième Transat AG2R, jeudi.

VOILE - Le duo mène la flotte de la dixième Transat AG2R, jeudi. Après une traversée du Golfe de Gascogne en formation groupée, la flotte de la Transat AG2R s'est nettement scindée en plusieurs groupes depuis mercredi et l'arrivée d'un petit front dépressionnaire le long des côtes portugaises qui a fortement perturbé le plan d'eau et conduit les uns et les autres à choisir des trajectoires opposées: certains ont décidé de se rapprocher du Portugal, d'autres ont au contraire misé sur une option plus au large, pour l'instant payante, puisque ce jeudi, après quatre jours de mer, les «occidentaux» ont clairement pris le pouvoir, à commencer par le tandem Armel Tripon et Franck Le Gal, parvenus à se détacher en tête. "On ne va pas déboucher le champagne tout de suite, mais c'est bon d'être leaders !, se réjouissait-on à la mi-journée à bord de Gedimat. On a vécu une nuit vraiment fabuleuse: pour résumer, nous avons slalomé entre deux bulles sans vent, toujours en phase avec les rotations, empannant au bon moment, trouvant les bonnes veines de vent pour aller vite... Un moment encalminés (arrêtés dans une bulle sans vent, ndlr), nous avons fait demi-tour pendant dix minutes... et hop ! On reprenait aussitôt une veine de vent très favorable pendant que la plupart de la flotte restait au ralenti en travers de la piste. Et là, ce midi, on est encore à 8 noeuds sur le fond et sur la route, avec un bon vent presque régulier qui nous fait marcher au moins deux noeuds plus vite que nos petits camarades partis dans l'est." Un choix à court terme ? En clair, les deux hommes, mais également leurs poursuivants, partis à l'ouest, comme Miguel Danet-Damien Cloarec (Concarneau-Saint-Barth) et le tenant Jean-Paul Mouren, associé à Paul Meilhat (Groupe Snef), ont touché du vent avant les autres, qui, pendant une bonne partie de la journée de jeudi se sont débattus dans la pétole et sous le cagnard, avec les voiles qui battent et l'espoir que cela finisse au plus vite. Pas étonnant dans ces conditions de voir les écarts se creuser de parfois assez impressionnante, certains favoris se retrouvant jeudi soir relégués à plus de 80 milles, dont Eric Drouglazet-Laurent Pellecuer (Luisina), Yann Eliès-Jérémie Beyou (Generali-Europ Assistance), Nicolas Troussel-Thomas Rouxel (Crédit Mutuel de Bretagne) ou Nicolas Lunven-Jean Le Cam (Generali), excusez du peu ! Cela va-t-il pour autant durer ? "Pour l'instant, les routages que nous faisons tourner sur l'ordinateur nous restent favorables, répond Armel Tripon, ce n'est que de la théorie, mais nous sommes où nous voulions être et avons bien l'intention de tout faire pour conserver le leadership le plus longtemps possible." Pour Jean Maurel, le directeur de course, les dés ne sont pas jetés, loin de là, malgré des écarts qui deviennent significatifs: "Ceux qui ont choisi d'aller à l'ouest ont clairement privilégié une évolution favorable à court terme. Une évolution dont ils touchent actuellement les bénéfices. Les partisans de l'option à l'est, près des côtes portugaises, ont, pour leur part, misé sur une évolution favorable à long terme". On voit mal en effet autant de favoris de cette dixième Transat AG2R partir à l'aventure dans une option hasardeuse...