Traoré : "J'ai ma carte à jouer"

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Traoré : "J'ai ma carte à jouer"
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Arrivé mi-août à Marseille après deux saisons à Monaco, la dernière sans quasiment jouer à cause d'une blessure au genou, Djimi Traoré a débuté à la surprise générale la rencontre de Ligue des champions remportée par l'OM mardi face à l'Olympiakos (1-0). Le Malien, 31 ans, savoure ce retour, lui qui n'avait plus joué depuis le 18 décembre, espérant enchaîner à Lyon où Marseille joue gros dimanche pour la 6e journée de L1.

Arrivé mi-août à Marseille après deux saisons à Monaco, la dernière sans quasiment jouer à cause d'une blessure au genou, Djimi Traoré a débuté à la surprise générale la rencontre de Ligue des champions remportée par l'OM mardi face à l'Olympiakos (1-0). Le Malien, 31 ans, savoure ce retour, lui qui n'avait plus joué depuis le 18 décembre, espérant enchaîner à Lyon où Marseille joue gros dimanche pour la 6e journée de L1. Djimi, cette victoire en Grèce a dû faire du bien au groupe ? On en avait besoin et on a fait tout ce qu'il fallait pour ! On avait besoin de se rassurer. L'essentiel était de prendre les trois points et on a démontré qu'on avait les capacités mentalement de répondre, physiquement aussi. C'est plus rassurant mentalement. Quand on enchaîne des défaites dans un grand club, ce n'est pas évident, on parle de crise. Pour être honnête avec vous, quand je vois comment ça se passe à l'entraînement, comment le groupe vit, c'est très serein et très positif. En Ligue des champions, ce n'est jamais évident d'aller gagner à l'extérieur et c'est toujours important. Quand avez-vous appris votre titularisation surprise ? A la veille du match. J'ai eu une conversation avec le coach, il a été clair avec moi, il m'a dit qu'il avait besoin de moi et que je serais titularisé pour ce match. Il m'a dit ce qu'il attendait de moi. Ils m'ont recruté pour jouer ce genre de match, apporter mon expérience, mon vécu. C'est pour ça qu'il m'a titularisé, je pense. Jouer ce match a dû vous donner du baume au coeur ? Oui, d'autant plus que cela faisait huit mois que je n'avais pas joué un match de haut niveau. C'est vrai que j'avais hâte de jouer et de rentrer dans cette compétition. J'ai essayé de démontrer par rapport à ce que je faisais à l'entraînement que je me donnais à fond, que j'étais prêt. J'avais joué un match avec la réserve il y a une semaine. J'étais prêt. Ça me fait super plaisir, jamais je n'aurais pensé jouer un match de Ligue des champions dans un club comme l'Olympique de Marseille. Comme quoi, dans le football, tout est possible ! Quand on ne joue pas pendant plus de six mois, ce n'est pas évident de trouver un club. Je suis venu ici avec beaucoup d'ambition. On m'a proposé un challenge sportif très intéressant. Je n'ai pas réfléchi et j'ai foncé tout de suite. Je n'ai pas regardé combien on me proposait, ceci ou cela... Pour moi, c'est la chose la plus importante, je suis un compétiteur, j'aime ça. Ça prouve que je ne me suis pas trompé, je viens de jouer en Ligue des champions, ce que je n'aurais jamais imaginé. "On est sur la bonne voie" Votre titularisation change-t-elle quelque chose à votre statut à l'OM ? Ça ne change rien à la situation. Je sais pourquoi je suis venu là, pourquoi Marseille m'a recruté. Comme je l'ai dit au coach, je répondrai chaque fois présent quand on aura besoin de moi et je donnerai tout pour le groupe. Ce n'est pas tellement pour moi, c'est surtout pour le groupe que je suis là. Il n'y a pas de changement. Il a prouvé qu'il avait besoin de tout le monde, surtout dans cette situation, il y a des blessés. Ça prouve qu'il y a un bon groupe, des joueurs très compétitifs et on l'a démontré en Grèce. Je suis venu en tant que doublure, après, seul l'avenir le dira. En Grèce, l'OM a encore une fois bien commencé le match, la fin de la rencontre a été en revanche plus difficile... Ce n'est pas évident quand on joue à l'extérieur. On a fait une bonne première mi-temps, après ils sont su réagir. On a fait le dos rond et on a marqué au bon moment pour nous. Après, on a essayé de préserver ce résultat. Ce n'était pas évident, on a eu un joueur qui s'est fait expulser (Rod Fanni), après je commençais à avoir des crampes. Ils ont commencé à pousser et on a résisté. Pourtant, l'Olympiakos n'était pas au mieux pour cette rencontre, puisqu'ils n'avaient pas encore joué de match officiel... C'est clair, ils étaient en manque de compétition, c'était leur premier match officiel, ils n'ont pas débuté en championnat. C'est vrai que pour eux, ce n'était pas évident. Mais nous on avait besoin de se rassurer mentalement par rapport aux défaites qu'on a eues en championnat. Ce match-là va nous faire du bien dans la tête et on va travailler sereinement cette semaine. Ça prouve qu'on est sur la bonne voie, même si tout n'est pas parfait. "Rien n'est perdu" A Lyon dimanche, c'est une autre confrontation de haut niveau qui vous attend dimanche... L'OM pourra-t-il répondre présent ? Si on se prépare comme on a préparé ce match-là, avec le même état d'esprit, la même envie... Pour nous, c'est un match de Champions League. Lyon est une équipe qui est toujours qualifiée sur les douze dernières années. Et puis, Lyon-Marseille, ça a toujours été des grands matches, avec beaucoup de buts. On va essayer de limiter la casse et ne pas encaisser de but. Cette victoire en Grèce va faire beaucoup de bien au moral de l'équipe. Il faut continuer de hausser notre niveau de jeu et de répondre présent pour ce match. On a plus à perdre qu'eux. Ça va être un match très important, on va essayer de ramener quelque chose de là-bas. Est-ce un avantage de ne plus être favori au moment d'aller à Lyon ? C'est à vos yeux que l'OM n'est plus favori. Quand on rencontre les équipes, elles nous considèrent comme plus favorites qu'elles. On va jouer contre Lyon qui pense que l'on est largement favoris. L'OM a-t-il toujours ses chances pour le titre ? Rien n'est perdu ! Cela ne fait que cinq journées de championnat, ce n'est que le début, on pourra se faire un jugement après une dizaine ou une quinzaine de journées. Et si on reste bien jusqu'au mois de janvier, on pourra lancer le sprint final. Ce n'est que le début, ces matchs-là viennent un peu trop tôt, je pense, comme le match de Lille, malheureusement, c'est le calendrier et il faut accepter. Avec Heinze ou Taiwo, l'équipe a perdu des leaders, ressentez-vous un manque ? Je ne pense pas que l'équipe manque de leader. Il y en a. Après, chacun à sa manière de mener l'équipe. On a un leader technique qui est Lucho. Quand lui est bien, l'équipe suit. Après, il y a des joueurs de caractère, que ce soit le gardien, Steve Mandanda, Souley Diawara, Diarra, qui ont beaucoup d'expérience. Moi aussi, j'ai ma carte à jouer, c'est clair. Si je peux donner des conseils, je les donnerai. Le plus important pour moi quand on est sur le terrain, c'est de montrer l'exemple et de ne rien lâcher. Pourriez-vous être l'aboyeur qui manque à l'OM ? Je suis un compétiteur, j'ai baigné dans le football anglais, je déteste la défaite à l'entraînement ou en match. S'il y a besoin de remonter les bretelles, pourquoi pas ? Comment jugez-vous la situation de l'AS Monaco, votre ancien club ? Sur un plan personnel, c'était assez difficile pour moi les six derniers mois à Monaco parce que j'étais blessé. L'équipe n'allait pas et voir mes coéquipiers dans cette situation, ça été très dur. C'était une double peine, j'étais blessé et je voyais l'équipe chuter. Tous ces changements, c'est normal. Je ne sais pas si ça va aider le club à revenir au plus haut niveau le plus rapidement possible, mais je pense qu'ils ont besoin de ça. Je vais être honnête, j'aurais bien voulu rester à Monaco. J'étais bien, ma famille était bien, j'avais une belle stabilité. Mais ça ne s'est pas fait et je suis content d'être ici.