Traille, polyvalent malgré lui

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Traille, polyvalent malgré lui
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Jour après jour jusqu'au coup d'envoi de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.), notre site dresse un à un les portraits des joueurs de l'équipe de France. Aujourd'hui, place à Damien Traille. A la fois centre, demi d'ouverture ou arrière, le Biarrot est le symbole de la polyvalence au sein de ce XV de France. Une situation hybride qui ne sert pas toujours le joueur.

Jour après jour jusqu'au coup d'envoi de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.), notre site dresse un à un les portraits des joueurs de l'équipe de France. Aujourd'hui, place à Damien Traille. A la fois centre, demi d'ouverture ou arrière, le Biarrot est le symbole de la polyvalence au sein de ce XV de France. Une situation hybride qui ne sert pas toujours le joueur. "Polyvalent, c'est parfois la place du con. Tu peux jouer partout mais on ne te met nulle part". Signé Damien Traille un soir de novembre 2009 suite à une victoire face aux Wallabies, le constat est amer. A 32 ans, et du haut de ses 84 sélections, le natif de Pau a pourtant dû s'accommoder de ce statut brinquebalant, qui le pousse du centre à l'arrière, en passant par l'ouverture et... le banc. Un débat qui remonte déjà à plus de dix ans, lorsqu'il démarre sa carrière avec le XV de France. Dès ses premières sélections en 2001, le débat s'est posé sur celui qui semble pourtant devoir avant tout se fixer au centre: Traille ne ferait-il pas un bon ouvreur, ou un arrière performant ? Son coup de chausson, ses passes puissantes, sa capacité à attaquer la ligne d'avantage sont autant d'atouts à mettre en valeur. Et s'il cumule au final 54 titularisations au centre, les sélectionneurs vont se servir de sa large palette. Arrière en Nouvelle-Zélande ? En juin 2006, Laporte tente ainsi le pari de le titulariser à l'ouverture, face au Boks, pour une belle victoire finale (36-26). Cinq mois et deux roustes face aux Blacks plus tard: fin de l'expérience. Retour au statut d'intermittent. Au final, il est tout de même appelé pour la Coupe du monde 2007, et sera aligné en tant... qu'arrière, notamment en raison de la place prise par Jauzion au centre. Avec bonheur face aux Blacks, en quarts (20-18), de manière plus compliquée face à l'Angleterre, en demie, avec cette terrible faute de placement, qui offrira l'essai aux Anglais (9-14). Et si Lièvremont prend la place de Laporte, le statut hybride du Biarrot va continuer de le poursuivre, où il alternera encore sur les postes d'arrière et de centre. A la fin de la saison 2009/2010, et alors qu'il est blessé, Traille décide de se consacrer exclusivement au poste de demi d'ouverture en club, principalement pour se "mettre au service de l'équipe". Choix payant puisqu'il est appelé à suppléer François Trinh-Duc, blessé, pour les tests d'automne, notamment face aux Wallabies. Le crash est mémorable face à l'Australie (16-59), et Traille reprend son errance. Désormais, comme il y a quatre ans, son terminus semble une nouvelle fois le poste d'arrière pour cette Coupe du monde cuvée 2011. L'occasion pour le Biarrot de faire profiter de son expérience, pour son 3e Mondial. "Une Coupe du Monde, c'est fabuleux à vivre, j'ai eu la chance d'en jouer plusieurs et ceux qui vont vivre leur première, il faut en profiter au maximum. C'est ce qui se fait de mieux cette compétition et comme j'ai dit, il faut la vivre, profiter pleinement et ne pas subir l'évènement", confie celui qui endosse désormais le rôle de guide. Un costume de plus...