Traille a les clés

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Traille a les clés
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A peine revenu au jeu après six mois d'absence et Damien Traille fait déjà de nouveau figure de rouage incontournable du BO, qui reçoit Castres ce jeudi, à Aguiléra. Mais aussi par la force des choses d'un XV de France, dont il sera sans aucun doute l'ouvreur n°1 lors des tests de novembre. Avant de rejoindre les Bleus à Marcoussis vendredi, le Biarrot voudra une fois encore marquer les esprits.

A peine revenu au jeu après six mois d'absence et Damien Traille fait déjà de nouveau figure de rouage incontournable du BO, qui reçoit Castres ce jeudi, à Aguiléra. Mais aussi par la force des choses d'un XV de France, dont il sera sans aucun doute l'ouvreur n°1 lors des tests de novembre. Avant de rejoindre les Bleus à Marcoussis vendredi, le Biarrot voudra une fois encore marquer les esprits. "J'ai retrouvé de bonnes sensations et j'étais content de me lever ce matin en ressentant des courbatures." Ces mots, expression d'un bonheur simple, exprimé dans les colonnes de Sud-Ouest au lendemain de la victoire (16-13) du BO face à Clermont il y a dix jours, Damien Traille ne les surjoue certainement pas. Car le Biarrot a mangé plus que sa part de pain noir ces derniers mois. Six mois au total d'indisponibilité liés à des pépins physiques en tout genre, qui ont privé de jeu le trois-quarts international. Il aurait pu se contenter d'un retour pas à pas, discret, mais le talent ne ment pas. Ce retour, Traille non seulement le savoure, mais il le soigne. Au point qu'après seulement quatre matches joués, dont deux seulement dans la peau d'un titulaire, le voilà redevenu tout simplement indiscutable. "C'est une grosse satisfaction, beaucoup de choses positives qui arrivent pour moi après des mois de galère par rapport aux blessures. Retrouver le terrain avec le BO, être appelé pour cette sélection, c'est un honneur", réagissait-il la semaine dernière dans Le Parisien à l'annonce de sa sélection avec le XV de France pour les test-matches de novembre. "Franchement, ce n'était pas l'objectif principal, avoue-t-il encore dans Sud-Ouest. Il fallait retrouver les terrains au plus vite après ces longs mois d'absence" Après 45 minutes et deux entrées en cours de jeu en Coupe d'Europe à Bath et face à l'Ulster, pour autant de victoires, il aura suffi de 80 minutes, ses premières depuis six mois, dans la peau d'un titulaire à ce poste d'ouvreur, revendiqué dès la préparation d'avant-saison, assorti notamment de deux drops dont il a le secret face aux Clermontois, pour convaincre Marc Lièvremont et son staff de rappeler Traille en sélection. "Cela fait un an que je n'ai pas porté un maillot de l'équipe de France, c'est une joie comme si c'était ma première, s'enthousiasmait-il encore, tout à sa joie de renouer avec des Bleus qu'il n'a plus fréquentés depuis bientôt un an et la dernière de ses 73 capes face aux Samoa. Traille: "Si le staff me demande de jouer centre, je le ferai " Traille et son désir d'ouverture assumé dès cette reprise en même temps que le brassard de capitaine du BO. Un Traille patron qui, non content d'avoir déjà su se rendre indispensable à son club, où son association avec Dimitri Yachvili offre aux Basques une charnière d'exception, se retrouve, par la force des choses, promu ouvreur n°1 de l'équipe de France après le forfait de François Trinh-Duc et le rappel du Racingman Jonathan Wisniewski. A un an de la Coupe du monde, le Biarrot se pose là, bien aidé par ce coup de pouce du destin, même si lui y voit surtout une manière d'étendre son registre. "C'est dans la continuité de ce que j'ai fait jusqu'à présent. Le premier centre aujourd'hui est un parfait complément du 10. Ce n'est pas parce que j'ai décidé de jouer à l'ouverture que je fermerai la porte de centre. C'est une option en plus, c'est aussi une façon de m'épanouir et de prendre plus de décisions." A 31 ans, son désir de peser sur le jeu n'en est pas moins évident... Face à Clermont et encore à Brive ce week-end, son animation offensive a largement contribué à faire basculer ces deux rencontres après le repos, la marque de fabrique des Biarrots depuis plus d'un mois. Même si l'intéressé prévient: "On a besoin d'encore plus travailler collectivement, notamment derrière. Il va falloir être plus régulier dans notre jeu, on ne pourra pas à chaque fois faire la différence en seconde mi-temps." Le discours d'un vrai chef d'attaque. Traille à l'ouverture, c'est aussi un gabarit (1,94 m, 98 kilos) capable d'attaquer la ligne sans pour autant rogner sur la technique de passes, sans parler de ce jeu au pied, qui soulage aujourd'hui Yachvili. "Damien qui prend ses responsabilités sur le jeu au pied, ça nous décharge un peu et nous fait essentiellement du bien, nous confirmait le Yach encore il y a peu (voir: Yachvili: "On ne lâche rien"). C'est un cadre indiscutable de l'équipe, c'est bien pour lui et c'est bien pour nous." Un bénéfice dont Traille espère faire profiter son équipe une fois encore ce jeudi, à Aguiléra, face à des Castrais, contre lesquels les Biarrots viseront un neuvième succès en dix matches. Avant de rejoindre Marcoussis dès vendredi et de reprendre une carrière internationale dans ce rôle de chef d'attaque cette fois tricolore. Un rôle assumé l'espace seulement de quatre matches en 2006, sous l'ère Laporte (voir par ailleurs), dont une première victorieuse face aux Springboks au Cap (26-36). Quatre ans depuis ont passé, c'est long et Traille aimerait renouveler l'expérience. Un souhait, pas plus. "J'ai demandé à jouer ouvreur au BO, mais si le staff me demande de jouer centre, je le ferai. (...) Je n'imposerai rien du tout. J'aimerais jouer en 10 chez les Bleus, mais je ne peux pas refuser quoi que ce soit, en club ou en équipe nationale." Car Traille sait qu'il revient de loin: "Je n'ai pas eu beaucoup de temps de jeu depuis le début de la saison, cela pouvait être un paramètre pour ne pas être pris dans le groupe. C'est une grosse marque de confiance du sélectionneur de me prendre." Sa volonté de lui donner raison, elle, est énorme.