Tout sauf amical

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Tout sauf amical
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A moins d'un mois de son entrée en lice dans la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.) face au Japon, le XV de France a fait le choix de disputer deux test-matches de préparation face à l'Irlande, dont le premier ce samedi, à Bordeaux, doit permettre aux Bleus de valider les acquis de leur préparation et de prendre leurs premiers repères. Sans crainte de mal faire. Et si possible en laissant un bon souvenir au public français.

A moins d'un mois de son entrée en lice dans la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.) face au Japon, le XV de France a fait le choix de disputer deux test-matches de préparation face à l'Irlande, dont le premier ce samedi, à Bordeaux, doit permettre aux Bleus de valider les acquis de leur préparation et de prendre leurs premiers repères. Sans crainte de mal faire. Et si possible en laissant un bon souvenir au public français. Deux test-matches: "C'est la bonne mesure" A l'approche de sa troisième Coupe du monde, Imanol Harinordoquy sait l'importance de ces matches de préparation, mais ne juge pas indispensable d'en faire trop non plus. "Je ne suis pas fan quand on joue en club qu'on joue trop de matches amicaux, explique le Basque, rompu aux cadences infernales des internationaux tricolores. Deux, c'est bien, je crois. Le premier va donner la tendance et va servir de base de travail pour le second. Deux matches, ça donne un peu le ton, on va savoir on en est." Sans non plus chercher le coup dur: "Physiquement aussi, ça doit nous permettre de finir de nous préparer parce que ce sont des matches où on risque de la casse. Plus il y a de matches et plus on risque la blessure, deux matches, je crois vraiment que c'est la bonne mesure." Pourtant, l'Irlande, elle, a fait le choix d'enchaîner... cinq matches ! De quoi prendre le temps de peaufiner son entrée dans la compétition, là où les Bleus, en cas de mauvaises performances lors de ces seuls deux tests, ne risquent-ils pas d'être pris au dépourvu ? "Il sera toujours temps de corriger ce qui ne va pas, estime Romain Millo-Chluski. On a aussi vu beaucoup de choses entre nous. Le tout est d'arriver en Coupe du monde avec le maximum de fraîcheur et vraiment avec des certitudes pour rentrer pleinement, et pas avec un retard à l'allumage, dans la compétition le 10 septembre." Le choix de l'Irlande: "Ils seront pénibles" Jouer l'Irlande en plein mois d'août, à Bordeaux, ça n'est pas banal, mais pour Julien Pierre, le Clermontois titularisé en deuxième ligne pour affronter le XV du Trèfle samedi, au Stade Chaban-Delmas, ça ne change rien à l'affaire: "Qu'il fasse 30 degrés, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, ce sera les Irlandais, ils seront pénibles et c'est tant mieux, ce sera deux bons matches de préparation, annonce celui qui formera l'attelage dans la cage avec Romain Millo-Chluski. Ils ne vont rien lâcher et venir là pour gagner ; en plus, ils viennent de jouer déjà un match amical (défaite 6-10 en Ecosse, ndlr) et ils ont peut-être un peu plus de rythme que nous, mais tant mieux, ce sera encore plus dur." Un match amical qui n'en aurait donc que le nom: "C'est tout de même difficile de parler d'un match amical dans un sport de combat, confirme Maxime Mermoz, surmotivé après six mois sans match, amical, c'est parce qu'il n'y a pas d'enjeu particulier. Mais il s'agit de trouver les repères pour l'équipe et commencer, ou continuer, à mettre en place ce qu'on veut faire pour le Mondial. Je le prends vraiment comme un match de rugby à part entière, de niveau international." La validation des acquis: "Samedi, ça va piquer grave !" Tous les Tricolores le disent, et la satisfaction des titulaires samedi ne fait que la traduire, l'excitation chez chacun d'entre eux est à son comble avant ce premier test-match et tous sont impatients de pouvoir toucher du doigt, concrètement, les effets d'une préparation à l'intensité inédite pour la plupart. "Même si on a multiplié ces dernières semaines les oppositions, ce sera le moyen de valider tout le travail physique et les lancements qui ont été mis en place ces dernières semaines contre un adversaire dont on connaît les qualités, explique ainsi Millo-Chluski. Un match de préparation certes, mais avec plein de bonnes choses à l'intérieur. Ce sera le moyen de se jauger et de juger de l'état de forme des troupes." Une impatience qui n'empêche pas une part d'appréhension, même jusque chez les plus expérimentés: "On ne remplace jamais l'intensité et le rythme d'un match, souligne Harinordoquy. On a beau faire beaucoup de préparation physique, je sais que samedi, ça va piquer grave ! Il faut retrouver ce rythme de match. Je regardais les autres équipes et ça joue..." Pas question de paniquer, le pic de forme étant pour plus tard: "Il y a quand même de la fraîcheur mentale, beaucoup d'envie. Maintenant, physiquement, dans les cannes, il y a un peu plus de fatigue... Je ne crois pas qu'on se sente encore à 100 %. Mais je pense que ce sont des matches qui vont nous permettre de remplir la jauge plutôt que de la vider. Parce qu'après ces deux rencontres, je crois qu'il va y avoir un certain rebond physique." La "der" face aux supporters: "Il faudra faire bonne figure" Si tout au long de ces sept semaines de préparation, les Bleus ont pris le soin d'aller au contact de leurs supporters, aux yeux du grand public, l'image du XV de France reste encore marquée par les échecs d'une dernière saison jalonnée de contre-performances. Raison de plus de soigner cette unique sortie sur le territoire, avant de s'envoler pour les antipodes: "Ça fait vraiment chaud au coeur et c'est une grande fierté que de pouvoir jouer le seul match de cette préparation qui se jouera en France, avoue Harinordoquy, dont la fibre patriotique vibre déjà. Je ne cache pas que ça rajoute une pression. (...) Porter le maillot bleu devant son pays et son public, c'est forcément une responsabilité. Il faudra faire bonne figure." "On a envie de leur proposer, au-delà des grandes envolées, des victoires, et en plus essayer d'y ajouter la manière, confirme Mermoz. Si on arrive à mettre ça en place sur le terrain, on va déjà prendre beaucoup de plaisir et alors on en donnera..." Bordeaux n'attend que ça.