Tout est bien qui finit bien

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Tout est bien qui finit bien
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Les partisans des grandes envolées attendront. Mais l'essentiel était ailleurs samedi contre le Pays de Galles. Le XV de France était attendu sur sa capacité de réaction après sa triste déconvenue romaine. Et les Bleus ont répondu présent dans ce domaine pour conclure leur Tournoi 2011 sur une note positive. En attendant la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande...

Les partisans des grandes envolées attendront. Mais l'essentiel était ailleurs samedi contre le Pays de Galles. Le XV de France était attendu sur sa capacité de réaction après sa triste déconvenue romaine. Et les Bleus ont répondu présent dans ce domaine pour conclure leur Tournoi 2011 sur une note positive. En attendant la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande... "C'est toujours mieux de se quitter comme ça que fâchés." Le bon sens selon Imanol Harinordoquy ! Avant de replonger dans les affaires courantes du Top 14, puis de se projeter sur la Coupe du monde dont le coup d'envoi a été maintenu au 11 mai par Marc Lièvremont, date de la distribution des 30 billets d'avion pour la Nouvelle-Zélande, les internationaux tricolores ont soigné leurs plaies samedi contre le Pays de Galles. "Tout n'a pas été parfait", consent François Trinh-Duc. "Mais on n'a pas tout perdu non plus à Rome", ajoute-t-il comme pour clore ce chapitre douloureux de l'histoire bleue. Une défaite historique qui aura finalement révélé la nature profonde de ce groupe, bien décidé à se battre ensemble, contre leurs propres sentiments de culpabilité, voire contre un environnement hostile relevé par le sélectionneur. "Ça a été une très belle semaine, et j'englobe la journée de samedi dernier à Rome", appréciait dimanche un Marc Lièvremont "apaisé, serein et extrêmement déterminé", du moins pas décidé à sombrer dans une "quelconque forme d'aigreur et de ressentiment" face à une presse très critique à son sujet. "Une semaine extrêmement contrastée avec son lot de sentiments et d'émotions diverses. Une semaine où on apprend beaucoup sur soi et sur les hommes. Le genre de semaines qui me fait aimer énormément ce sport et ce jeu. Du moment que les hommes se disent les choses en face et qu'ils mettent les actes en application derrière les paroles, tout est possible. C'est très encourageant pour la suite." La colère de Rome et les actes de contrition qui ont suivi, de la part des joueurs comme du sélectionneur qui s'est excusé de la dureté de ses propos, comme l'explication dominicale de Marcoussis entre les joueurs et le staff ne seront donc pas restés des psychodrames vains. "J'espère que ce passage à vide nous aura permis d'en tirer les enseignements, de crever l'abcès et de trouver des solutions", souffle Damien Traille. La défaite en Italie aura au moins permis de recentrer Thierry Dusautoir sur l'essentiel, le combat, sans lequel il n'y a point de salut en rugby. "Je suis content parce qu'on a mis les choses à l'endroit, comme il faut. On a démarré le match avec l'envie de combattre, de les agresser", note Lionel Nallet, qui s'est racheté avec un doublé contre les Gallois. Lièvremont: "Si je dois me planter, au moins que je me plante avec mes idées" "Il fallait d'abord mettre les choses au point devant, être performants, sur les attitudes, sur les contacts, dans les rucks, appuie Harinordoquy. On a réussi quelques ballons portés qui nous ont fait du bien au moral, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas réussi ça. On a su aussi dynamiser autour, lancer le jeu par les trois-quarts. Ce qui fait plaisir, c'est d'avoir joué ensemble. On a senti qu'il y avait du liant." Et de la solidarité. "Quand quelqu'un ratait un plaquage, il y avait toujours un ou deux mecs pour rattraper le coup. On n'a pas voulu lâcher, pas voulu prendre d'essai", relate Julien Pierre. "Quand on met les ingrédients, bizarrement on remporte nos duels, bizarrement on contre des ballons, bizarrement on réussit des cuillères du bout des doigts", complète Trinh-Duc. Une solidarité que les Bleus ont su faire renaître par la parole, en se disant les choses en face, en se rentrant dans le chou, et qui a trouvé son prolongement dans ce message de Nallet pour les cinq joueurs victimes de la défaite italienne : "Je n'oublie pas qu'il y a six joueurs qui ont ramassé pour la connerie de tout le monde. Et j'ai une pensée pour eux. Parce que beaucoup de joueurs auraient pu faire partie de ces six-là." "S'ils avaient été sur le terrain, le résultat aurait été le même", a acquiescé Lièvremont. Une manière, encore et toujours, de mettre les joueurs devant leurs responsabilités. "Il faut juger du comportement des hommes dans leur globalité. La semaine a été contrastée à ce niveau-là aussi. Les joueurs peuvent être admirables, intelligents, courageux, solidaires mais aussi être de petits garçons. Il faut à la fois croire en eux et les responsabiliser. Et puis se dire qu'ils évoluent dans un contexte compliqué, coincés entre le marteau et l'enclume", juge le sélectionneur qui n'oubliera pas de sitôt le couac italien. Les joueurs non plus. "On a appris en Italie que, lorsque l'on n'est pas dans le combat, on ne peut pas gagner. L'Italie, il faut le garder, il faut s'en souvenir", invite Pierre. "L'Italie, on ne peut pas l'effacer. Mais c'est un match qui nous a aussi servi. Ce qu'on doit réussir à faire, c'est de ne pas passer par des scénarios catastrophes pour réagir, ne pas être une équipe à réaction et être convaincu de ce qu'on peut faire", ajoute Harinordoquy. Et pour ne plus être à la tête d'une équipe à réaction, une éternelle survivante, Marc Lièvremont a son idée: "J'ai dit aux joueurs que je continuerai à les écouter et à les entendre. Ils sont dans des clubs avec des contextes et organisations complètement différentes. Mais dès le 28 juin, il faudra qu'ils m'entendent aussi. Et si je dois me planter, au moins que je me plante avec mes idées." Tout est bien qui finit bien ?