Tour 2012 : les 4 éléments à maîtriser

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Tour 2012 : les 4 éléments à maîtriser
@ REUTERS
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CYCLISME - Le parcours du Tour de France a été dévoilé, mardi, au Palais des Congrès, à Paris.

Il n'y a pas eu de surprise, lundi, lors de la révélation du parcours du Tour 2012, au Palais des Congrès de Paris. Il correspondait trait pour trait à celui qui avait été annoncé par erreur, il y a huit jours, par Amaury Sport Organisation sur le site officiel de l'épreuve. En revanche, des surprises, les coureurs devraient en avoir sur le vélo, dans neuf mois. En quatre points, Europe1.fr détaille ce parcours particulièrement excitant.

L'inconnu. En attendant le feu d'artifice de la 100e édition, les organisateurs ont joué la carte de l'originalité avec ce Tour 99e du nom. Dès la troisième étape, les coureurs seront confrontés aux monts du Boulonnais, avec six côtes bien "casse-pattes" entre 6 et 9% sur les routes menant vers Boulogne-sur-Mer. Les nouveautés sont d'ailleurs concentrées dans la première semaine avec une arrivée inédite dans les Vosges, au sommet de la planche des Belles-Filles, une montée de six kilomètres avec des passages allant jusqu'à... 20% ! Sur la route du Jura suisse, à Bellegarde sur-Valserine, les coureurs emprunteront également le col du Grand Colombier, une difficulté jamais franchie sur le Tour (17,4 km à 7,1%). Régulièrement dans l'ombre des deux grands massifs alpin et pyrénéen, les Vosges et le Jura, placés en première semaine, ont le profil pour dynamiter l'épreuve.

La montagne. Comme c'est la tradition, les passages dans les deux grands massifs ont été inversés. Au contraire de l'an dernier, le peloton va donc d'abord franchir les Alpes avant d'attaquer les Pyrénées. La seule grande étape alpestre s'annonce redoutable, avec les cols de la Madeleine, de la Croix de Fer, du Mollard et la montée finale vers la Toussuire (11e étape). Cette année, ce sont surtout les Pyrénées qui sont en vedette. Certes, ils ne proposent qu'une seule arrivée en altitude, à Peyragudes, dans la foulée du col de Peyresourde, mais l'étape de la veille devrait être dantesque, avec le quatuor Aubisque-Tourmalet-Aspin-Peyresourde. Au total, ce sont 25 cols de 2e, 1re ou hors catégorie qui sont proposés aux coureurs, contre seulement 21 l'année dernière.

Le chronomètre. L'oublié du Tour 2011 effectue son retour en force. Par rapport à l'an passé, il y a plus du double de kilomètres chronométrés, avec près d'une centaine : 6 km pour le prologue à Liège, 38 km pour le premier chrono, entre Arc-et-Senans et Besançon, et enfin, 52 km, la veille de l'arrivée, entre Bonneval et Chartres. Pas de "chichi", pas de piège ou de côte, ces trois parcours sont tout plats et faits pour les rouleurs. Ceux qui ne sont pas à l'aise dans l'exercice, et on pense d'abord aux frères Schleck (RadioShack-Nissan-Trek), ont tout intérêt à le travailler cet hiver...

Le vent. Dans un trait d'humour, le directeur du Tour, Christian Prudhomme, a rappelé l'épisode de l'édition 2009, quand Lance Armstrong avait repris du temps sur Alberto Contador vers la Grande-Motte sur une "bordure", ces écarts physiques (et chronométriques) qui se créent sous l'effet du vent. Le parcours de l'édition 2012 offre quelques terrains favorables aux "filous", avec notamment cette arrivée au Cap d'Agde, le 14 juillet. La 4e étape, entre Abbeville et Rouen, propose également plus de 100 kilomètres le long de la côte. Si le vent se lève, le peloton risque d'imploser.

Et le favori est : le vainqueur sortant, Cadel Evans (BMC). Avec sa centaine de kilomètres contre-la-montre, ses étapes piégeuses et sa haute montagne, présente sans être écrasante, ce Tour 2012 semble taillé pour l'Australien, qui devra sans doute se méfier d'abord d'Alberto Contador (Saxo Bank). Et les Français ? Les cent kilomètres de contre-la-montre, ça risque d'être un peu compliqué", souligne Pierre Rolland (Europcar), vainqueur à l'Alpe d'Huez cette année. "On verra, je ne me fixe pas de limites", explique de son côté son coéquipier Thomas Voeckler, quatrième en juillet dernier. "Les massifs intermédiaires sont vraiment sélectifs. Je ne vois aucune étape tranquille, car même les étapes plates, il y aura des dangers, avec le vent notamment." Thomas Voeckler a raison. Pour gagner ce Tour très exigeant, il faudra sans doute maîtriser bien plus que quatre éléments...