Toulouse se méfie de Toulon

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Toulouse se méfie de Toulon
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Tenu en échec le week-end dernier à Brive (9-9) mais toujours leader du Top 14, le Stade Toulousain reçoit le RC Toulon samedi au Stadium à l'occasion de la 12e journée. Un choc qui tombe presque au mauvais moment pour les champions de France, en rodage depuis le retour des internationaux et diminués par les absences alors que se profile déjà un double rendez-vous décisif en H Cup.

Tenu en échec le week-end dernier à Brive (9-9) mais toujours leader du Top 14, le Stade Toulousain reçoit le RC Toulon samedi au Stadium à l'occasion de la 12e journée. Un choc qui tombe presque au mauvais moment pour les champions de France, en rodage depuis le retour des internationaux et diminués par les absences alors que se profile déjà un double rendez-vous décisif en H Cup. 44-5. Personne à Toulon n'a oublié la correction reçue un an plus tôt à Toulouse. Mais personne à Toulouse n'a évoqué cette semaine ce bel après-midi du 30 octobre 2010 (11e journée). Les champions de France en titre ont d'autres préoccupations. Et pas le loisir de fanfaronner malgré leur première place au classement. "Honnêtement, j'aurai bien aimé que ce match face à Toulon soit dans trois semaines, avoue Yannick Bru, l'entraîneur des avants toulousains, sur le site du club. Compte tenu du nombre de bobos que nous avons à l'avant, une semaine de plus n'aurait pas été de trop. C'est comme ça. Ensuite, c'est effectivement d'autant plus difficile à préparer, car nous jouerons notre avenir en H Cup juste après. Nous savons tous que la double confrontation face aux Harlequins sera décisive." Comment avoir la tête ce week-end au RCT, qui contrairement à la saison dernière se déplacera au complet, et préparer dans le même temps le déplacement à Londres le week-end prochain, voilà l'équation proposée à Guy Novès et son staff, lesquels doivent qui plus est gérer les organismes meurtris de Jean-Baptiste Poux, Census Johnston, Romain Millo-Chluski ou encore Yannick Nyanga. Pas simple, surtout quand se présente au Stadium une équipe varoise sur la pente ascendante, pas loin de braquer le Castres Olympique à Pierre-Antoine le week-end dernier (22-22) après trois victoires consécutives, dont l'une obtenue sur la pelouse du Racing. "Toulon, depuis quelques années, fait un peu peur à tout le monde, rappelle Clément Poitrenaud, toujours sur le site du club haut-garonnais. Le club compte dans ses rangs des joueurs de grande classe, qui ont prouvé au niveau international leur valeur. On ne peut être qu'inquiet avant de les recevoir." Un oeil sur Giteau D'autant que le Stade Toulousain se cherche un peu depuis le retour des internationaux. "Avec des joueurs qui viennent de cultures différentes, d'autres horizons, on manque peut-être un peu d'homogénéité, reconnaît Jean Bouilhou. On ne finit pas nos actions, on ne finit pas nos coups. Le doute vient un peu de là." Et qu'à l'inverse, le RCT semble avoir trouvé une identité collective qui lui sied bien. "C'est une formation vraiment très complète, et pour avoir travaillé un peu avec Bernard Laporte, c'est une équipe qui lui ressemble", présente Yannick Bru. "Avec Bernard, c'est d'abord une grosse conquête, de l'occupation de terrain et de la défense. Il a toujours dit que si on a ça, c'est déjà 80% du boulot d'accompli", précise Poitrenaud. Et l'arrière international d'insister : "C'est une équipe qui est difficile à manoeuvrer, difficile à percer, et cela explique qu'il soit si compliqué de lui mettre des points. En plus de ça, ils ont rajouté la discipline à leur panel. Ce n'est pas Clermont ou Montpellier, ça ne joue pas aux quatre coins du terrain, ça ne s'expose pas trop, mais ça défend bien et ça exploite à merveille les ballons de contre." Bref, une équipe solide sur ses bases - "Depuis cette année, on voit qu'ils sont très costauds, et ils ont sans doute tiré les enseignements d'un passé récent", note Bru - mais aussi terriblement efficace pour punir les approximations adverses, un manque de rigueur dont le Stade Toulousain ne s'est pas fait l'économie ces dernières semaines, grâce à son jeu au pied. "C'est un jeu au pied d'occupation, de pression, d'attaque qui est royal autour de Jonny Wilkinson, analyse Bru. Entre Wilkinson et Giteau, ils sont très bien armés dans ce domaine-là. Tout le monde a pu le vérifier à Castres le week-end dernier." Giteau n'était alors rentré que pour le dernier quart d'heure. Samedi, la nouvelle étoile du RCT, "un joueur sur qui c'est difficile de défendre parce qu'il est très remuant, un joueur qui apporte beaucoup à son équipe par sa vision du jeu", salue Yannick Jauzion, son homologue toulousain, sera titulaire au coup d'envoi. Le Stade Toulousain est prévenu. Mais Bouilhou se veut optimiste : "Si on arrive à déployer nos armes contre Toulon, ça sera du bonus pour la suite. Une bonne performance contre eux, ça mettra du baume au coeur à tout le monde." Ça sera surtout le meilleur moyen de préparer la double confrontation contre les Harlequins...