Toulouse sans pitié

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Toulouse sans pitié
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Trois victoires bonifiées en trois matches, c'est l'impressionnant bilan du Stade Toulousain qui, jeudi, a su signer à Grenoble son premier succès de la saison en déplacement face à Bourgoin (11-35). Tout le courage des Isérois n'aura pas suffi à enrayer la machine rouge et noire, plus que jamais leader au terme d'une 12e journée du Top 14, où seul Montpellier tient la cadence des Champions d'Europe.

Trois victoires bonifiées en trois matches, c'est l'impressionnant bilan du Stade Toulousain qui, jeudi, a su signer à Grenoble son premier succès de la saison en déplacement face à Bourgoin (11-35). Tout le courage des Isérois n'aura pas suffi à enrayer la machine rouge et noire, plus que jamais leader au terme d'une 12e journée du Top 14, où seul Montpellier tient la cadence des Champions d'Europe. Malgré tout leur courage, les Berjalliens n'ont pas été en mesure de rééditer l'exploit, qui leur avait valu de signer leur maintien dans l'élite il y a six mois face aux futurs Champions d'Europe, en s'inclinant (11-35) au Stade des Alpes de Grenoble ce jeudi pour le compte de la 12e journée du Top 14. Jeff Coux, l'ailier du CSBJ, cachait mal sa frustration au coup de sifflet final: "On a du coeur peut-être, mais ça ne suffit pas, on fait trop de petites erreurs, regrettait ce fidèle parmi les fidèles de la Berjallie au micro de Canal+. Je suis peut-être parano, mais j'ai l'impression qu'on est arbitré comme les derniers et qu'on passe plus de choses a des équipes qui sont premières. Ce ne sont pas les mêmes règles à Toulouse qu'à Bourgoin, il faut demander à M. Maciello (l'arbitre de la rencontre). C'est vraiment dommage parce que je pense qu'il y avait mieux à faire." De l'amertume bien sûr, et pourtant le CSBJ a de quoi trouver des raisons d'espérer dans ce revers, certes lourd par le score et les quatre essais concédés. Mais on ne parvient pas à bousculer les Toulousains comme les Isérois l'ont fait, notamment à l'entame de la seconde période, par hasard. Les conséquences de ce quatrième revers à domicile sont toutefois plus brutales quand on sait que dans le même temps, les rivaux agenais et rochelais pour le maintien ont su créer la surprise et s'imposer pour creuser un peu plus l'écart sur la lanterne rouge, reléguée désormais à cinq et neuf points. Médard: "Deux essais, ça ne veut rien dire" A l'autre extrémité du classement, Toulouse, fort de ce premier succès à l'extérieur, mais surtout de cette troisième victoire bonifiée de rang - 19 points pris sur 20 possibles lors des quatre derniers matches - s'échappe aussi, au point de compter déjà... douze points d'avance sur les Champions de France clermontois. Face aux Berjalliens, capables de mener (6-0) grâce à leur ouvreur Alberto Di Bernardo, qui sur une jambe ne tiendra que quarante minutes avant de céder sa place après le repos, il aura fallu aux joueurs de Guy Novès une petite demi-heure pour se mettre en branle. Une fois lancée, la machine rouge et noire ne s'arrêtera plus, ou presque. David Skrela a définitivement récupéré ses esprits suite à un sévère plaquage d'Arnaud Tchougong quand l'ouvreur toulousain s'infiltre au coeur de la défense berjallienne. Le jeu rebondit, vif et inspiré, avec cette passe sautée de... William Servat qui, en bout de ligne trouver Cédric Heymans. L'ailier fait l'effort de conserver le ballon dans l'espace de jeu et sert Maxime Médard, dont la reprise de gaz suffit à s'offrir un huitième essai cette saison (6-10, 26e). Vincent Clerc continue à se faire regretter du côté des Bleus, mais se voit refuser de façon bien injuste un essai tout à fait valable (voir par ailleurs). Ce n'est que partie remise et juste avant la pause le meilleur marqueur d'essais des avants toulousains répond à Médard: William Servat inscrit son sixième essai de la saison sur une cocotte implacable du paquet toulousain (6-20, 40e). L'affaire, à la pause, est déjà entendue. Pourtant, toute la fierté berjallienne s'exprime au retour des vestiaires à travers cette réaction superbe, qui comme en première période manque de concrétisation. Une absence de réalisme sanctionnée dans la foulée par Clerc, auteur d'un essai en première main absolument magnifique (6-25, 50e). ). Mais le CSBJ refuse toujours l'inéluctable. Toulouse se voit privé du bonus offensif avec l'essai en force du jeune pilier Vincent Pelo, qui à 22 ans incarne l'avenir du rugby berjallien (11-25, 61e). Mais les hommes de Novès sont persévérants et récupèrent leur succès bonifié grâce au doublé de Médard, plein d'opportunisme et bien servi par la passe au pied de Yannick Jauzion (11-35, 76e). "Deux essais, ça ne veut rien dire, soulignait, modeste, celui qui est attendu ce vendredi midi, à Marcoussis. Le plus important, c'est la victoire et le bonus obtenus ici, c'est une première victoire à l'extérieur. Certains vont partir en vacances, d'autres en tournée, on finit bien. On va fêter ça dignement, mais on va rester tranquilles." Avec un contingent de cinq Toulousains attendus par Marc Lièvremont, ce serait en effet préférable.