Toulouse s'agace...

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Toulouse s'agace...
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Montpellier, sa jeunesse, sa fraîcheur, sa formation et bien sûr sa bonne étoile... A 48 heures de la finale inédite du Top 14 face aux Montpelliérains, Toulouse, à l'image de Guy Novès, cache mal son agacement de voir son adversaire réduit au rôle de Petit Poucet face à l'ogre rouge et noir. Toujours très pointu dans sa communication, destinée à protéger ses joueurs, le manager toulousain ne feint pas son irritation.

Montpellier, sa jeunesse, sa fraîcheur, sa formation et bien sûr sa bonne étoile... A 48 heures de la finale inédite du Top 14 face aux Montpelliérains, Toulouse, à l'image de Guy Novès, cache mal son agacement de voir son adversaire réduit au rôle de Petit Poucet face à l'ogre rouge et noir. Toujours très pointu dans sa communication, destinée à protéger ses joueurs, le manager toulousain ne feint pas son irritation. "Sur cette pelouse du Stade de France, vingt-cinq finales vous contemplent." Voilà ce qu'un Guy Novès solennel aurait pu asséner à ses joueurs du Stade Toulousain à la veille de la vingt-sixième apparition du club de la Ville Rose en finale du championnat de France. Pas vraiment le genre du manager toulousain qui, aux pompeuses déclarations, préfère les actes. C'est d'ailleurs en maniant l'ironie que le manager s'est offert une entorse à sa panoplie de parfait communiquant en acceptant, grinçant, le costume de favori, dont toute la France du rugby, ou presque, affuble son équipe. "Peut être qu'on est favoris, archi-favoris même, puisque l'on a terminé à la première place de la phase régulière et que l'on vient de réaliser une super demi-finale", lâche-t-il, irrité, dans Sud-Ouest. Toulouse face à Montpellier, l'ogre face au Petit Poucet : un cliché pour Novès qui, une fois n'est pas coutume, loin du jeu d'intox dans lequel il est passé maître depuis près de vingt ans pour mieux détourner la pression de ses joueurs avant chaque grand rendez-vous, paraît réellement s'agacer de ce rapport de force imposé, qui selon lui ne correspond en rien à la réalité du choc à venir. "On se croirait au théâtre, plus que dans la réalité du sport, s'emporte encore Novès dans les colonnes du quotidien régional. Toulon a pris 23 points contre Montpellier. Castres était invaincu chez lui cette saison et donc favori : Montpellier l'a battu en barrage. Le Racing Métro arrivait armé jusqu'aux dents, même chose. Si cette équipe est en finale, c'est qu'elle le mérite. Mais j'ai l'impression que l'on essaie aujourd'hui de présenter une pièce avec des acteurs. Cette fois, ça va être les jeunes Français formés à Montpellier, jetés dans la fosse aux lions du Stade de France." Difficile quand même de passer à côté de l'expérience et de la maîtrise de ce genre d'évènements dont le Stade, de par son vécu et par les hommes qui le composent, sait faire preuve quand lui fait face le néophyte montpelliérain. Novès: "Il n'y a pas que des jeunes et des Français à Montpellier" L'écueil est pourtant là. Car Toulouse a tout à perdre dans une finale, où sa victoire apparaîtrait presque normale et sa défaite comme une contre-performance retentissante. Là n'est sans doute pas le plus important pour Novès qui se crispe un peu plus encore devant le portrait sans doute pertinent, mais aussi un brin naïf à ses yeux, dont on dépeint Montpellier: "Mais il n'y a pas que des jeunes et des Français à Montpellier, fulmine le technicien. Il y a Gorgodze, Hancke, et Bustos Moyano, et comme ailleurs des Argentins, des Fidjiens, des Samoans, des Sud-Africains. Et chez nous, il y a aussi Jean-Marc Doussain. Ce que je constate c'est qu'il y a à Montpellier de la qualité, des internationaux de très haut niveau comme Ouedraogo et Trinh-Duc, et qu'il faut respecter leur talent, la compétence de leur staff." En clair, s'il suffisait de s'en remettre à sa bonne étoile pour rallier le Stade de France, ça se saurait... Et Novès de balayer d'un même revers de la main la victoire de ses hommes, aussi méritoire soit-elle, face aux Champions de France clermontois en demi-finales, à Marseille: "Il faut remettre les pieds sur terre. C'est vrai nous avons gagné ce match sans jamais être en danger. Mais ce qui nous a aidés dans notre préparation, c'est la victoire de Clermont contre Biarritz. Avec le recul, n'était-ce pas le seul gros match des Clermontois, cette saison ?" Mario Ledesma avait décidément bien raison : c'est bien Novès plus fort.