Toulouse, le pas de géant

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Toulouse, le pas de géant
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Après quatorze victoires en quatorze matches, les Harlequins, les "invincibles" de ce début de saison outre Manche, ont trouvé face à Toulouse leurs maîtres ce vendredi, à l'occasion d'une victoire sans appel (10-21) des Stadistes à Londres. A deux pas de Twickenham, théâtre de la finale de la H Cup, Thierry Dusautoir et ses partenaires ont déjà accompli un grand pas vers la qualification.

Après quatorze victoires en quatorze matches, les Harlequins, les "invincibles" de ce début de saison outre Manche, ont trouvé face à Toulouse leurs maîtres ce vendredi, à l'occasion d'une victoire sans appel (10-21) des Stadistes à Londres. A deux pas de Twickenham, théâtre de la finale de la H Cup, Thierry Dusautoir et ses partenaires ont déjà accompli un grand pas vers la qualification. Du Stoop à Twickenham, quelques centaines de mètres... Et un rendez-vous pris par les Toulousains bien décidés à retrouver le 19 mai prochain le jardin du rugby anglais, théâtre au printemps de la finale de la 16e H Cup. Face à l'équipe phénomène de ce début de saison outre Manche, invaincue depuis le mois de mai dernier et à la tête d'une impressionnante série de quatorze victoires toutes compétitions confondues, le Stade a envoyé un message fort et clair à la concurrence: les quadruples champions d'Europe visent plus que jamais une cinquième étoile européenne. Le choc au sommet de cette poule 6e de la H Cup entre les deux leaders de la Premiership et du Top 14 a largement tourné à l'avantage des hommes de Guy Novès qui, à l'exception d'une légère alerte à la reprise, auront dominé leur sujet de la tête et des épaules. Dans le sillage d'un cinq de devant plus souverain que jamais, le Stade, emmené par une troisième ligne déchaînée, à l'image d'un Thierry Dusautoir et d'un Louis Picamoles souverains (voir par ailleurs), a construit un de ces succès fondateurs dans une saison, même si Novès saura rappeler l'importance du match retour face à ces même Anglais dans une semaine. Dusautoir et Picamoles souverains Le lever de rideau, aussi anecdotique soit-il, avait pourtant déjà donné le sens du vent... La victoire des poussins du Stade Toulousain un peu plus tôt dans l'après-midi donnait la voie à suivre pour Thierry Dusautoir et les siens qui, dès l'entame de match, prenaient littéralement à la gorge leurs adversaires ; les leaders invincibles de la Premiership, mis sous la pression avant tout physique des quadruples champions d'Europe, subissaient à l'impact et surtout souffraient terriblement sur les phases statiques. Touche et mêlée fermée: les avants toulousains faisaient la loi. Après un échange de pénalités entre les deux buteurs néo-zélandais, Luke McAlister et Nick Evans (3-3), les Toulousains font mouche sur leur première incursion dans les 22 mètres anglais, initiée par Luke Burgess, auteur d'un bon jeu au pied derrière sa mêlée. Louis Picamoles est avec McAlister, auteur d'un renversement génial, le grand artisan de ce premier essai, à la récupération pour faire valoir toute sa puissance, puis à la conclusion pour décaler son capitaine, Dusautoir, auteur de la passe décisive au contact (peut-être entachée d'un en-avant), qui envoie son ailier Timoci Matanavou en terre promise pour la huitième fois de la saison, toutes compétitions confondues (3-8, 17e). McAlister, en échec sur la transformation, sait se rattraper dans la foulée sur cette nouvelle pénalité concédée au sol par les Londoniens (3-11, 21e). Impérial en défense, Toulouse survole ce premier acte et peut même regretter plusieurs occasions manquées, à l'image de cette pénalité ratée des 50 mètres par McAlister, mais plus encore ce temps fort à la demi-heure de jeu, qui voit Florian Fritz rattrapé à cinq mètres de la ligne sans que le Stade ne parvienne à conclure (30e). Jusqu'à ce drop mal ajusté de ce même Fritz qui ne sanctionne pas les errements des "Quin's", auteurs notamment de dix en-avants au cours de cette première période. Des points qu'il ne faudrait pas regretter. D'autant que les Anglais se réveillent dès la reprise. Comme un signal, la première ligne toulousaine se montre moins dominatrice. Face à ses anciens coéquipiers, Gary Botha égare un premier lancer, tandis que Jean-Baptiste Poux sort sur blessure (46e). La sanction tombe sur ce jeu dynamisé par Danny Care, dont profite en bout de ligne l'arrière Mike Brown pour relancer totalement la rencontre d'un essai transformé, qui replace les Harlequins à un petit point au score (10-11, 49e). La course-poursuite est lancée que McAlister, récompensant sa mêlée retrouvée, sait rendre plus sereine sur cette pénalité ajustée des 40 mètres (10-14, 57e). Avant que Vincent Clerc, sur un lancement en première main derrière une mêlée à nouveau stable et d'une percée tranchante plein axe, n'envoie (d'une passe encore probablement en-avant) Matanavou s'offrir le doublé en coin (10-21, 66e). Le score n'évoluera plus. Pour le plus grand bonheur de Toulousains qui, à Londres, ont déjà pris leurs marques.