Toulon, entrée réussie

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Toulon, entrée réussie
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Pour ses grands débuts en H-Cup, le RC Toulon a su samedi, à Mayol, signer dans la douleur une première victoire précieuse (19-14) grâce à un ultime essai de son ailier Paul Sackey, idéalement servi par un Jonny Wilkinson auteur de 14 points et une fois encore étincelant. Entrée en matière moins réussie pour le Racing-Métro 92, qui chute (38-22) à Dublin face au Leinster.

Pour ses grands débuts en H-Cup, le RC Toulon a su samedi, à Mayol, signer dans la douleur une première victoire précieuse (19-14) grâce à un ultime essai de son ailier Paul Sackey, idéalement servi par un Jonny Wilkinson, auteur de 14 points et une fois encore étincelant. Martin Johnson ne sera pas déçu du voyage. Le sélectionneur du XV de la Rose, à quelques semaines des test-matches de l'automne, était venu ce samedi, sans doute moins intéressé par les grands débuts des Toulonnais en Coupe d'Europe que par l'énorme début de saison de son ouvreur international, Jonny Wilkinson, dont les performances week-end après week-end ont franchi le Channel... Le capitaine des champions du monde 2003 peut rentrer satisfait: s'il n'est peut-être pas revenu à son meilleur niveau, Wilkinson n'en est assurément pas très loin. "Il est bien, il est confiant, on voit qu'il prend du plaisir et surtout il sécurise le groupe", appréciait d'ailleurs au micro de Canal+ un Philippe Saint-André, qui lui bien dans son rôle préférait louer son équipe toute entière ; un RCT qui a su signer ses premiers pas en H-Cup d'un succès (19-14) aussi savoureux qu'il fut compliqué à construire. "C'est Jonny, mais c'est surtout le RC Toulon qu'il faut féliciter aujourd'hui." Wilkinson comme les trois jeunes champions de France Reichel (Orioli, Ivaldi, Magnaval), intégrés au groupe qui a fini par venir à bout de cette référence européenne que sont les Ospreys. "On est très content et très fier des joueurs. Au début, on n'a pas essayé de mettre trop de jeu parce qu'on les savait très forts, puis on a pris confiance avec vingt très grosses dernières minutes. C'est vraiment bien de débuter comme ça..." Eole, le faux-ami Et pourtant à la pause, rien n'est fait pour ces bizuths toulonnais, tenus en échec (6-6) devant leur public suite à une pénalité à la dernière minute du premier acte que passe avec le vent des soixante mètres un Dan Biggar pourtant jusqu'alors malheureux. Le buteur gallois, comme sa formation, a pourtant l'avantage du vent dans ce premier acte, mais n'en profite pas. Deux échecs (8e, 34e) qui répondent aux deux pénalités également ratées par Jonny Wilkinson (16e, 30e), à la différence que l'ouvreur bute contre le vent. Un avantage dont les Ospreys ne tirent pas avantage, cantonnés à six malheureuses secondes de possession du ballon dans les 22 mètres adverses dans ce premier acte et qui multiplient les turn-overs, dont Toulon ne parvient pas non plus à profiter. Des Varois qui, s'ils sont présents dans l'intensité que requiert la Coupe d'Europe, pèchent, sans trop de conséquence il est vrai, par leur indiscipline avec déjà sept pénalités concédées, dont cinq au sol. La dernière juste avant la pause, qui permet justement à Biggar, profitant cette fois bien d'Eole pour remettre les deux formations à égalité. Mayol espère forcément beaucoup d'un seconde période, où Wilkinson, fort de l'appui du vent, doit creuser l'écart. Encore faut-il profiter de cet atout... Dès la reprise, on se met à la faute côté gallois et, ironie de l'histoire, c'est l'ancien Toulonnais Jerry Collins qui est pris par la patrouille. Celui qui avouait, au moment de quitter la Rade sans avoir convaincu, être trop jeune pour finir dans un cirque, offre trois points sur un plateau à Wilkinson, qui à la différence de Biggar, répond présent. Et Toulon reprend l'avantage (9-6, 42e). Le RCT enchaîne les grosses séquences, mais la défense galloise tient bon. Pire, la mêlée toulonnaise se met à la faute et c'est Biggar qui égalise à son tour (9-9, 52e). Comme en première période pour les Ospreys, Eole est un faux-ami et le jeune ailier Benjamin Lapeyre, piégé par un rebond, se met à la faute sous ses poteaux. Derrière la mêlée qui s'en suit, ce diable de Shane Williams, qui aurait pu porter le maillot toulonnais, sort de sa boîte pour inscrire son quatorzième essai en H-Cup, essai de filou dans le côté fermé que l'arrière-garde varoise a déserté (9-14, 60e). Toulon sort de son match, à l'image d'un Sackey, préféré à Williams par Saint-André contre l'avis de son président, qui s'oublie bêtement sur l'ailier gallois et offre une pénalité que Biggar ne transforme pas (62e). Au moment où l'équipe de Saint-André vacille, c'est Wilkinson qui endosse l'habit de sauveur. Par sa maîtrise, son jeu au pied, une nouvelle pénalité qui sanctionne le plaquage haut de Collins sur Fernandez-Lobbe (12-14, 75e) et surtout ce talent hors normes qui lui permet à trois minutes du coup de sifflet final de défier la ligne galloise et d'allonger une merveille de passe sautée à destination de Sackey, qui file inscrire son premier essai toulonnais ! Celui de la victoire que transforme comme un symbole "Wilko" ce héros (19-14, 77e) !