Toulon en patron

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Toulon en patron
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Opposé mardi, à Mayol, en match en retard de la 10e journée du Top 14 à Agen, l'équipe surprise de la première moitié de saison, Toulon, malgré la botte enrayée de Jonny Wilkinson, a fourni un match plein pour s'offrir une victoire bonifiée à quatre essais (34-12), synonyme de podium (3e) pour les joueurs de Bernard Laporte. Pour le SUA, le test de maturité est raté.

Opposé mardi, à Mayol, en match en retard de la 10e journée du Top 14 à Agen, l'équipe surprise de la première moitié de saison, Toulon, malgré la botte enrayée de Jonny Wilkinson, a fourni un match plein pour s'offrir une victoire bonifiée à quatre essais (34-12), synonyme de podium (3e) pour les joueurs de Bernard Laporte. Pour le SUA, le test de maturité est raté. A l'heure où de nombreux ténors du championnat, ou annoncés comme tels, vivent des heures difficiles, Toulon, moribond en début de saison, n'en finit plus de rattraper le retard accumulé en l'absence de ses internationaux. Un statut auquel Jonny Wilkinson avait choisi depuis la veille de ce match en retard de tourner le dos pour mieux se consacrer au RCT. Encore peut-être chamboulé par cette décision, l'ouvreur anglais du club varois, auteur d'un surprenant 4 sur 9 dans ses tentatives de tir au but, aurait pu, dans d'autres circonstances, placer son équipe dans la difficulté. Mais Toulon était ce mardi soir, devant son public de Mayol, hors d'atteinte pour son adversaire agenais dominé dans les grandes largeurs (34-12). Agen avait rêvé de poursuivre sa série de quatre victoires, toutes conquises, il est vrai, à Armandie, pour prolonger son état de grâce et s'installer un peu plus dans le gotha de ce Top 14. Mais le club lot-et-garonnais a pu mesurer ce qui lui fait encore défaut pour prétendre intégrer à nouveau durablement les hautes sphères de l'élite. "Ils ont ralenti tous les ballons. Ils avaient des gratteurs et ils nous ont vraiment embêté à ce niveau, ne pourra que constater Maxime Machenaud, interrogé au micro de Canal+ Sport. C'est dommage parce qu'on n'a rien fait... On n'a pas réussi à faire notre jeu. On est déçu ! On savait qu'ils allaient nous prendre à fond et cet essai qu'on prend d'entrée nous fait très mal. Il va falloir se remettre en question." Là où Toulon, de retour sur le podium (3e), peut se permettre de voir loin: "On a trois matches prépondérants en décembre, on a gagné le premier. Après on a la conférence européenne pour laquelle on veut se qualifier, se félicite Laurent Emmanuelli, tout heureux de voir son équipe, capable de passer quatre essais au SUA, allier l'efficacité offensive à la rigueur défensive, nouvelle marque de fabrique maison depuis l'arrivée de Bernard Laporte: "Forcément ! Chaque entraîneur a ses particularités. Le maître-mot avec Bernard c'est la discipline. C'est donner le moins de chances à l'adversaire, le moins de points à engranger." Mission accomplie. Wilko gaspille, mais Wilko joue juste Galvanisés par un vibrant Pilou Pilou, dédié à son créateur, Marcel Bodrero, décédé la semaine précédente, les Toulonnais rentrent dans ce match tambour battant. On ne joue pas depuis deux minutes que la première offensive du RCT fait mouche. Un lancer agenais égaré est mis à profit sur cette prise d'intervalle de Leonardo Senatore, puis cette sautée parfaite de Jonny Wilkinson, qui convertit le 4 contre 1 que conclut en bout de ligne Gabriele Lovobalavu (5-0, 2e). Meilleur buteur du Top 14 (133 points), Conrad Barnard, qui prétend avoir inspiré le rituel, mains jointes, de son homologue anglais, s'il réduit l'écart (5-3, 7e), se met à la faute dans la foulée et offre à Wilkinson sa première pénalité (8-3, 10e). Agen n'en est pas moins pris à la gorge, dépassé par le rythme et l'intensité des Toulonnais dans ce premier quart d'heure ; indiscipline et imprécision polluent le jeu du SUA, qui se met à la faute. « Wilko » régale d'une chistera superbe pas loin d'envoyer à nouveau Lovobalavu à dam (15e), mais l'ouvreur anglais, une fois n'est pas coutume mal réglé (18e), creuse difficilement l'écart de sa botte (21e, 24e) et parvient mal à concrétiser l'incontestable domination des siens (14-3). Barnard n'est pas non plus irréprochable (27e), mais permet de faire illusion (14-6, 32e). Car dans le jeu, Toulon, plus fort à l'impact et dans la vitesse d'exécution, enfonce le clou sur un nouveau temps fort ; un nouveau lancer perdu par Jalil Narjissi et les libérations toulonnaises font la différence pour envoyer Jone Tawake inscrire en force le deuxième essai toulonnais (19-6, 37e). Wilkinson peut bien lâcher deux nouveaux points en route sur la transformation, rien ne sourit à Agen, qui perd sur blessure coup sur coup Liasiate Fa'aoso et Jean Monribot, tous deux touchés à l'épaule droite. Dans ces conditions, la dernière réduction du score de Barnard juste avant la pause est inespérée, ou presque (19-9, 40e+2). Le RCT attaque la seconde période comme il avait débuté le match, pied au plancher. Le bonus offensif est déjà en poche sur ce coup de boutoir, qui doit encore à la présence et la pertinence de Wilkinson dans le jeu, pour mettre Senatore sur orbite dès la reprise (24-9, 45e). Barnard s'écharne dans la course-poursuite (24-12, 52e), mais l'affaire semble entendue. Au point que Laporte choisit d'offrir l'ovation qu'il mérite, malgré son déchet au pied, à son capitaine, encore à créditer de trois nouveaux points (27-12, 55e) et d'un échec (61e) ; l'entraîneur toulonnais, avec lentrée de Mathieu Bastareaud, en profite aussi pour expérimenter l'option Giteau à l'ouverture. Toulon croit perdre son bonus quand Brice Dulin pénètre dans l'en-but pour le premier essai agenais, finalement refusé par l'arbitre pour un en-avant de passe (67e). Le coaching et la fatigue ont grippé la belle mécanique toulonnaise, qui sur une étincelle du rare Agenais dangereux, Silvère Tian, perd Davit Kubriashvili, sanctionné d'un carton jaune pour un placage haut (71e). Une infériorité numérique qui n'empêche pourtant pas Giteau de faire son numéro et d'offrir un quatrième essai à son deuxième ligne Konstantin Mikautadze (34-12, 75e). A Bastareaud le dernier mot sur ce placage à l'épaule, synonyme de nouveau carton jaune, qui ne suffira pas à gâcher le bonheur de Mayol (80e).