Toulalan y croit toujours

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Toulalan y croit toujours
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Exilé en Espagne l'été dernier après avoir fait jusqu'ici toute sa carrière en Ligue 1, à Nantes puis Lyon, Jérémy Toulalan n'a pas tardé à s'imposer en Liga, devenu un élément incontournable de Malaga, l'actuel sixième du Championnat espagnol. Dans une interview accordée au site de la Fifa, le milieu de terrain international confie encore croire à un retour en Bleu.

Exilé en Espagne l'été dernier après avoir fait jusqu'ici toute sa carrière en Ligue 1, à Nantes puis Lyon, Jérémy Toulalan n'a pas tardé à s'imposer en Liga, devenu un élément incontournable de Malaga, l'actuel sixième du Championnat espagnol. Dans une interview accordée au site de la Fifa, le milieu de terrain international confie encore croire à un retour en Bleu. Jérémy Toulalan ou l'impossible rêve bleu ? Des 23 joueurs ayant disputé la dernière Coupe du monde en Afrique du Sud, le milieu de terrain formé à Nantes est aujourd'hui le seul à ne pas avoir eu le droit à un rappel en Bleu, tout en étant un titulaire indiscutable dans son club. Son cas diffère en effet des autres joueurs qui n'ont plus endossé la tunique tricolore depuis l'arrivée de Laurent Blanc aux commandes de l'équipe de France: William Gallas, Marc Planus, Sidney Govou, André-Pierre Gignac et Sébastien Squillaci ont été rattrapés par l'âge ou les blessures, Thierry Henry a tiré un trait sur sa carrière internationale tandis que Nicolas Anelka a été banni, sans doute à vie. Laurent Blanc aurait-il une dent contre Toulalan ou ce dernier a-t-il laissé passer sa chance au cours d'un début de saison 2010-11 qui l'aura vu traverser le pire moment de sa carrière, plombé par les doutes et la culpabilité au retour d'une Coupe du monde sud-africaine cauchemardesque ? Désigné comme l'un des meneurs de la «révolte de Knysna» pour avoir en partie rédigé la lettre lue par Raymond Domenech à la face d'un monde médusé, «Toul'» a mis des mois à relever la tête, alignant les prestations quelconques au sein d'une équipe lyonnaise qui ne tournait plus rond. Dans ce laps de temps, Laurent Blanc a lancé à son poste, sans doute le plus concurrentiel en équipe de France, des joueurs qui ont su saisir l'occasion, comme Yann M'Vila ou Yohan Cabaye, tout en maintenant contre vents et marées sa confiance à Alou Diarra, au nom de la "logique de groupe". "Tant que je jouerai, j'aurai ma chance" Peu à peu reconstruit moralement, Toulalan, 28 ans, a ravalé sa déception pour finir la saison lyonnaise sur le podium avec le double sentiment du devoir achevé et d'avoir fait le tour de la question rhodanienne. D'où sa décision l'été dernier de répondre aux appels du pied des ambitieux dirigeants de Malaga, désireux, grâce aux fonds qatariens, de bâtir une équipe en mesure de rivaliser avec les deux géants de la Liga, le Real Madrid et le FC Barcelone. L'ancien Lyonnais s'est ainsi retrouvé au milieu des Julio Baptista, Martin Demichelis, Ruud van Nistelrooy, Joaquin et autres, contraint de s'adapter à un football et une culture différents. Et visiblement, ça lui a plu: "C'est un nouveau championnat, avec de nouveaux joueurs, et un objectif séduisant qui est d'être européen en fin d'année, explique l'intéressé mardi dans une interview exclusive accordée au site de la Fifa. Le championnat de France est plus physique. On dispose de moins d'espaces, moins de liberté. En Espagne, c'est à partir des 16,50 mètres adverses que ça s'agite. Je constate que le travail physique que j'ai pu effectuer en France est bénéfique pour évoluer dans un championnat comme celui de l'Espagne. D'un autre côté, la Liga m'a obligé à peut-être moins me jeter et à être moins naïf que par le passé. " Pas évident pourtant de s'adapter à un football espagnol qui, contrairement à la France où la victoire lors de la Coupe du monde 1998 a érigé en modèles les Didier Deschamps, Patrick Vieira puis Claude Makelele, est moins porté sur la défensive. "J'aime courir pour les autres. Paradoxalement, en Espagne, il y a moins la culture du milieu défensif traditionnellement appelé à courir beaucoup. Mais j'arrive à m'en sortir et j'espère que ça va continuer comme ça", poursuit Toulalan sur le site de la Fifa. Ces qualités n'ont en tout cas pas échappé à son entraîneur, le Chilien Manuel Pellegrini qui, depuis le début de la saison, en a fait un pilier de l'équipe andalouse: en Liga, Toulalan a été titulaire quinze fois sur quinze (il n'a raté qu'un match pour cause de suspension), ne sortant que deux fois en cours de jeu, dont une pour cause d'expulsion ! C'est d'ailleurs au cours de ce même match, le 28 novembre dernier, qu'il a inscrit son unique but espagnol à ce jour, face à Villarreal (victoire 2-1). Bref, de quoi répondre aux exigences d'un Laurent Blanc qui, s'il reste attaché à la fameuse "logique de groupe", justifie en général ses sélections par "la forme du moment". Interrogé sur le cas du joueur de Malaga (mais aussi sur celui de Lassana Diarra) début novembre au moment de donner sa liste pour les matches amicaux face aux États-Unis et à la Belgique, le sélectionneur avait répondu: "Oui, dans le groupe des 35 (groupe élargi), ces deux joueurs y sont". Un signe plutôt positif à six mois de l'Euro 2012 pour l'intéressé qui, à propos de l'équipe de France, dont il a porté le maillot à 36 reprises, répond, sur le site de la Fifa: "Tant que je jouerai, j'aurai ma chance". L'espoir fait vivre...