Thiney: "Pas au Mondial pour étendre du linge"

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Thiney: "Pas au Mondial pour étendre du linge"
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Le Welcome Tour de la FIFA faisait étape à Paris ce lundi. Organisée dans tous les pays participants au Mondial en Allemagne cet été (du 26 juin au 17 juillet), l'initiative veut promouvoir le football féminin. A quelques jours de la rentrée 2011 de l'Equipe de France, à l'occasion du Tournoi de Chypre (du mardi 1er au jeudi 10 mars 2011), la meilleure buteuse de la sélection et véritable ambassadrice de son sport, Gaëtane Thiney, revient sur l'actualité et les ambitions des Bleues en cette année de Coupe du Monde.

Le Welcome Tour de la FIFA faisait étape à Paris ce lundi. Organisée dans tous les pays participants au Mondial en Allemagne cet été (du 26 juin au 17 juillet), l'initiative veut promouvoir le football féminin. A quelques jours de la rentrée 2011 de l'Equipe de France, à l'occasion du tournoi de Chypre (du mardi 1er au jeudi 10 mars 2011), la meilleure buteuse de la sélection et véritable ambassadrice de son sport, Gaëtane Thiney, revient sur l'actualité et les ambitions des Bleues en cette année de Coupe du Monde. Que pensez-vous de cette initiative du Welcome Tour FIFA ? Est-il nécessaire de promouvoir le football féminin ? C'est important de montrer notre soutien à la fédération qui essaye de développer le football féminin. C'est quelque chose de bien car cela permet d'attirer les médias et de préparer la France à cette Coupe du Monde qui débute au mois de juin. Vous participez d'ailleurs activement à cette promotion (calendrier nu des Bleues, couverture de magazines, récemment élu sportive française la plus glamour de l'année 2010 par les internautes ...). L'exercice médiatique c'est quelque chose qui vous plaît ou vous le faites plutôt par obligation vis-à-vis de votre sport ? Cela ne me dérange pas en soi. Je ne le vis pas comme une obligation mais ce n'est pas non plus quelque chose que je décide. Pour le calendrier, on était seulement quatre à vouloir le faire donc cela a forcément resserré l'attention des médias. Cela me fait plaisir à moi et à ma famille mais le principal c'est surtout de bien jouer au foot. L'actualité sportive, c'est la rentrée de l'équipe de France début mars au tournoi de Chypre. Quels sont les objectifs de la sélection pour cette compétition ? L'objectif c'est de préparer la Coupe du Monde en faisant une revue de notre système de jeu et de nos ambitions afin de montrer que nous sommes prêtes pour le Mondial. Cette compétition nous offre une séance de répétition et à titre individuelles, on veut également prouver que l'on mérite notre place sur le terrain. Même si je n'en ai pas encore parlé avec l'entraîneur, il est clair que j'y vais aussi pour gagner le tournoi. "Si le groupe vit bien, le groupe joue bien" Le tournoi s'inscrit donc déjà dans la phase de préparation à la Coupe du monde ? Avec le fait que le championnat finisse fin mai, on aura très peu de temps de préparation avant le Mondial donc le tournoi de Chypre constitue une phase de préparation à part entière. Cela est aussi l'occasion d'observer voire éventuellement de jouer le Canada qui devrait être votre adversaire direct pour la qualification en quart de finale du Mondial... On pourra effectivement les voir évoluer mais elles pourront en faire de même avec nous. Je ne sais pas si la possibilité de les jouer maintenant représenterait un quelconque repère. Le contexte de notre affrontement en Allemagne sera complètement différent et l'aspect mental tiendra une place prépondérante ce jour-là. C'est une équipe à notre portée de toute façon. Ce genre de compétition est-il aussi important pour la vie de groupe dans l'optique de la Coupe du monde ? Effectivement, c'est aussi une répétition générale pour la vie de groupe car même si on est habituées il faut toujours continuer à créer des liens et comme le répète l'entraîneur : si le groupe vit bien le groupe joue bien. La Coupe du monde vous y pensez à l'heure actuelle ? J'essaye de ne pas trop y penser car il y a d'autres échéances avant, à commencer par neuf matches en mars. C'est dans un coin de ma tête mais je préfère rester concentrée sur mes objectifs en club dans un premier temps. "Ça paraît énorme de jouer devant 48 000 personnes" On attend une ferveur incroyable cet été en Allemagne. Le dernier match de poule face au pays hôte se jouera devant 48 000 spectateurs. Que cela vous inspire-t-il ? On se dit que ce n'est pas possible ! Ça paraît tellement énorme... J'ai hâte d'y être et en même temps je ne veux pas y penser. L'important c'est de prendre les évènements les uns après les autres et on pourra profiter de l'ambiance le moment venu. Quelles seront les ambitions de l'équipe de France dans cette compétition ? Ce serait quelque chose de grand de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Londres (pour y accéder les Bleues doivent figurer dans les deux meilleures nations européennes au Mondial, voire les trois meilleures si l'Angleterre en fait partie, ndlr). Mais on cherchera évidemment, dans un premier temps, à passer le premier tour. Après si on sort de la poule, la magie de la Coupe du Monde peut opérer et avec un brin de chance on peut espérer aller le plus loin possible. En même temps, on n'y va pas pour étendre du linge ! La France peut-elle gagner ? Moi j'y crois en tout cas. Même si je garde à l'esprit que les Allemandes, doubles championnes du monde en titre, voudront faire le triplé chez elles. D'autant plus qu'elles bénéficient pour cela d'un calendrier aménagé avec un championnat national qui finit fin mars et une préparation de deux mois. Pensez-vous avoir réduit l'écart, ces dernières années, sur les nations phares de votre sport (l'Allemagne, les U.S.A, le Brésil) ? Je note juste que l'Italie à accrocher les Etats-Unis pendant la phase de qualification. Aujourd'hui nous pointons au 8e rang du classement FIFA et même s'il y a un écart avec les toutes meilleures équipes, je ne pense pas que la différence soit si importante. La France possède des joueuses exceptionnelles et si le collectif est à la hauteur on peut aller très loin. Quatre ans après votre première sélection, quel est votre statut aujourd'hui dans cette équipe ? Il y a beaucoup d'attaquantes de qualité donc j'essaye déjà de me battre pour conserver ma place sur le terrain. Comme j'ai joué la plupart des matches de qualification en tant que titulaire (11 titularisations en 12 matches, ndlr), je pense qu'aujourd'hui je peux considérer faire partie des cadres de l'équipe. Que pensez-vous de votre positionnement en EDF, où vous évoluez en pointe, alors que vous jouez dans une position plus reculée dans votre club de Juvisy ? Je n'ai pas de préférence. Mon positionnement s'inscrit dans la recherche d'équilibre collectif. A Juvisy, devant moi, j'ai la meilleure buteuse du championnat, Laetitia Tonazzi, avec qui je m'entends très bien sur le terrain. J'espère d'ailleurs qu'elle fera partie du voyage pour la Coupe du monde malgré sa non-sélection pour le tournoi de Chypre. En sélection, le niveau est différent et je me sens bien en position de numéro 9 dans le système de jeu dans lequel nous évoluons. Je pense que je le montre bien puisque j'ai réussi à inscrire 12 buts au cours des rencontres de qualification. Vous sentez-vous investie d'une responsabilité particulière en tant que meilleure réalisatrice en activité de l'EDF (18 buts en 41 sélections) ? J'en suis fière mais je garde à l'esprit que mes buts ne résultent pas d'exploits individuels mais d'un travail collectif. En tant qu'attaquante je suis le dernier maillon de la chaîne. J'espère continuer à marquer mais le plus important c'est la victoire de l'équipe. Quelles ambitions nourrissez-vous à titre individuelle dans cette équipe ? J'aimerais marquer autant de buts à la Coupe du monde que pendant la phase qualificative avec un triplé en finale ! Qu'est-ce que l'on peut donc vous souhaiter pour cette année 2011 avec la sélection ? D'être championne du monde et de se qualifier pour les JO 2012. En même temps, si on gagne la Coupe du monde on sera automatiquement qualifiées...