Sus au chrono ?

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Sus au chrono ?
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Le temps des premiers tours de piste est arrivé. Entre essais libres et séances de qualification mercredi et jeudi soir, les concurrents de la 79e édition des 24 Heures du Mans vont pouvoir se jauger... Si, pour la plupart, ces essais représentent surtout l'occasion de bien se préparer pour la course, les favoris viseront eux la pole position. Histoire de gagner le premier round de la guerre des nerfs.

Le temps des premiers tours de piste est arrivé. Entre essais libres et séances de qualification mercredi et jeudi soir, les concurrents de la 79e édition des 24 Heures du Mans vont pouvoir se jauger... Si, pour la plupart, ces essais représentent surtout l'occasion de bien se préparer pour la course, les favoris viseront eux la pole position. Histoire de gagner le premier round de la guerre des nerfs. La pole position au Mans, oui mais pour quoi faire ? S'élancer en première ligne pour une course de 24 Heures ne représente pas le même avantage que lorsqu'on entame un Grand Prix de deux heures. Si ce n'est d'éviter d'éventuelles fâcheuses déconvenues lors de premiers tours parfois animés, surtout en cas de météo incertaine. Les premiers essais libres (de 16 à 20 heures ce mercredi) représenteront donc d'abord l'occasion d'effectuer les bons réglages en s'adaptant à une piste aux conditions souvent changeantes. Certes, cette année avec le retour de la journée test d'avril, les concurrents disposent d'une première base de données, mais en un mois et demi, beaucoup de choses peuvent avoir changé. "Tu peux calculer, prévoir la course. Au Mans, ce n'est jamais pareil, tu peux juste être le plus proche possible, bien prévoir mais ça ne se passe jamais comme tu le souhaites", nous confie le pilote Peugeot Nicolas Minassian (n°8). "On travaille dur entre les équipages, les ingénieurs pour mettre au point un programme d'essais, une sorte de plan de travail sur les pneus, tous les réglages." Suffisamment pour négliger la pole ? Chez Peugeot, invaincu dans cet exercice depuis son retour dans la Sarthe en 2007, on assure que l'on se concentre avant tout sur samedi: "L'objectif premier est qu'il n'y ait pas de mauvaises surprises, l'inconnue météo fait qu'il y a différents scénarios à tester. On ne fait pas de distinction entre les essais libres et les qualifications. Le principal but est de régler au mieux la voiture pour la course tout en testant les différentes gammes de pneumatiques", nous assure le directeur technique Bruno Famin. Le poleman gagne rarement Dominées de peu par Audi lors la journée test du 24 avril, les Lionnes renonceraient-elles à leur royaume du chrono ? "La pole n'est pas un objectif, on peut essayer de l'accrocher, c'est toujours bon en terme de retombées mais ça n'a aucune importance sur Le Mans. Si on fait comme à Spa en partant en fond de grille pour faire le doublé au final, ça m'ira largement", note Bruno Famin. Il est vrai que le précédent de Spa sur une course ILMC de six heures qui plus est peut servir de référence. A moins que la superstition ne joue... Il faut dire que le poleman lançant la meute le samedi est rarement le plus heureux le dimanche venu. Sur les vingt dernières années, seuls deux équipages auteurs de la pole position ont ensuite remporté l'épreuve (la Joest Porsche TWR de Kristensen-Johannsson-Alboreto en 1997 et la Bentley Speed 8 de Capello-Kristensen-Smith en 2003, ndlr). Signe qu'au Mans peut-être plus qu'ailleurs, la devise séant à l'Endurance "rien ne sert de courir, il faut partir à point" n'a jamais été aussi vraie. Mercredi soir pourtant comme jeudi si la météo le permet, Audi et Peugeot devraient lancer la grande bataille du chrono, celle qui permet de prendre un premier ascendant. Le patron de la branche sportive d'Audi, le Dr.Ulrich, avait affiché ses ambitions en début d'année: battre Peugeot à la régulière en se montrant les plus rapides sur la piste. Devancer les 908 sur leur terrain des qualifications serait un sacré premier pas. Nicolas Minassian en est bien conscient. Et le Marseillais d'avouer que Peugeot tentera bien sûr le coup. Pour cela, les Lionnes devraient sortir leur expert maison de l'exercice: "Les qualifs, quand tu as une bonne voiture, ce n'est que du bonus. Mais on va essayer, ce sera à Steph' de disposer de pneus neufs et de moins de carburant pour faire péter un temps. Il faut aussi disposer du bon moment, sans trafic, c'est soumis à beaucoup de choses." Steph', c'est bien sûr Stéphane Sarrazin, le poleman de 2007, 2008 et 2009, seulement battu par son compère Sébastien Bourdais l'an passé. Entre prise de risques pour boucler le meilleur chrono et programme de travail à finir sans encombre, la bataille entre les deux géants s'annonce déjà épique.