Spahic n'a plus de soutien

  • A
  • A
Spahic n'a plus de soutien
Partagez sur :

Longtemps soutenu par son club, Emir Spahic, auteur il y a quinze jours d'un nouveau coup de coude sur Issam Jemaa, n'est plus en odeur de sainteté à Montpellier. Actuellement suspendu à titre provisoire, le rude défenseur bosnien risque très gros lors de son prochain passage devant la commission de discipline. Même René Girard, qui a longtemps joué le rôle de son avocat, a demandé une sanction en interne à ses dirigeants.

Longtemps soutenu par son club, Emir Spahic, auteur il y a quinze jours d'un nouveau coup de coude sur Issam Jemaa, n'est plus en odeur de sainteté à Montpellier. Actuellement suspendu à titre provisoire, le rude défenseur bosnien risque très gros lors de son prochain passage devant la commission de discipline. Même René Girard, qui a longtemps joué le rôle de son avocat, a demandé une sanction en interne à ses dirigeants.. La belle histoire d'Emir Spahic à Montpellier risque bien de se terminer en eau de boudin. Arrivé sur les bords de La Mosson il y a deux saisons, le Bosnien a d'abord séduit un club alors de retour dans l'élite du football français. Par ses qualités de défenseur, le capitaine de la sélection bosnienne s'était même révélé être l'un des meilleurs de Ligue 1 à son poste. Une excellente pioche pour le MHSC qui l'avait recruté sans frais pour une année et qui avait réussi à le prolonger jusqu'en 2014. Les choses ont gentiment commencé à se gâter l'été dernier quand Arsenal est venu tâter le terrain. Enthousiaste à l'idée de découvrir le plus haut niveau à 30 ans, Spahic avait été jusqu'à offrir son maillot aux supporters de La Mosson un soir d'août comme si l'affaire était réglée. La piste finalement abandonnée par les dirigeants des Gunners, l'ancien joueur du Lokomotiv Moscou n'a semble-t-il jamais vraiment digéré. En tout cas, le tome 2 de ses aventures à Montpellier souffre de la comparaison avec le premier. Girard: "Un rappel à l'ordre est inévitable" Spahic a toujours été un joueur viril, assez dur sur l'homme. Mais depuis le début de la saison il a trop franchi la limite. Son coup de coude sur Nolan Roux lui avait déjà coûté quatre matches (le cinquième match était dû à une accumulation de trois cartons jaunes). Plutôt que de faire amende honorable, il a toujours nié s'être rendu coupable d'un geste dangereux, allant même jusqu'à confier au moment de son retour qu'il referait la même chose dans la même configuration... Et il ne fallait pas beaucoup de temps pour voir que le patron de la défense héraultaise n'avait pas retenu la leçon. Pour un geste plus bête que méchant, il était exclu pour la première fois de la saison à Sochaux fin février pour avoir fait tomber (peut-être involontairement) le carton jaune de l'arbitre Clément Turpin d'un geste de la main de mauvaise humeur. Deux matches de plus de suspension et un début de colère de Louis Nicollin qui lui ouvrait grand les portes d'un départ à l'issue de la saison. Malheureusement pour Montpellier, Spahic allait refaire des siennes face à Lens voilà deux semaines en assénant un nouveau coup de coude sur Issam Jemaa en pleine surface de réparation. Si, comme à Brest, le geste échappait à l'arbitre, la commission de visionnage le rattrapait. Suspendu à titre provisoire (donc déjà deux matches à Toulouse puis face à Nice) en attendant la prochaine séance du 7 avril, le Bosnien, récidiviste, risque très gros. Au club, certains ont déjà anticipé la sanction. Louis Nicollin a déjà crié sur tous les toits que son joueur serait privé de finale de Coupe de la Ligue, le 23 de ce mois. Ce qui ne fait aucun doute puisqu'une sanction de quatre matches lui ôterait tout espoir de défier l'OM au Stade de France. Un coup dur pour le MHSC qui a fait sortir de ses gonds, ce qui n'est pas rare, le président Nicollin. "Je suis enragé contre ce type", pestait-il il y a peu dans L'Equipe. Même René Girard, qui l'a longtemps soutenu en mettant en avant l'acharnement médiatique autour de son équipe, a fini par perdre patience. "Je vais demander à mon président de le sanctionner, a-t-il confié vendredi dans les colonnes du même quotidien. Je suis prêt à accepter un carton sur l'engagement, mais des parlottes, des choses comme ça, c'est sanctionner le groupe, ça n'apporte absolument rien. Les joueurs ont des droits mais aussi des devoirs. Emir nous a beaucoup apporté. Mais il y a des choses qu'on ne peut pas tolérer. Un rappel à l'ordre est inévitable." Entre l'ire de ses dirigeants et l'épée de Damoclès qui va rester au-dessus de sa tête jusqu'à la décision de la commission de discipline, Spahic se retrouve aujourd'hui isolé. Et rien ne dit qu'on le reverra sur une pelouse de Ligue 1 cette saison.