Sochaux, la guerre est déclarée

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Sochaux, la guerre est déclarée
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Désireux de quitter Sochaux, Modibo Maïga et Kévin Anin avaient cru bon de ne pas se rendre à l'entraînement dimanche matin après le nul concédé à domicile face à Lorient (1-1). Une attitude exaspérante pour Alexandre Lacombe et Mécha Bazdarevic, le président et l'entraîneur franc-comtois, qui les ont contraint à aller s'entraîner avec la CFA toute la semaine.

Désireux de quitter Sochaux, Modibo Maïga et Kévin Anin avaient cru bon de ne pas se rendre à l'entraînement dimanche matin après le nul concédé à domicile face à Lorient (1-1). Une attitude exaspérante pour Alexandre Lacombe et Mécha Bazdarevic, le président et l'entraîneur franc-comtois, qui les ont contraint à aller s'entraîner avec la CFA toute la semaine. Le FC Sochaux a bien du mal à digérer son excellente saison 2010-2011. Après avoir dû gérer le départ de son entraîneur Francis Gillot, parti du côté de Bordeaux après avoir mené les Lionceaux à la cinquième place, le président Alexandre Lacombe fait tout son possible pour retenir ses meilleurs joueurs. Hormis le départ de Brown Ideye (Dynamo Kiev) et celui de Nicolas Maurice-Belay (Bordeaux), le club franc-comtois à conserver ses pépites. Bien décidé à tenter sa chance dans un club plus huppé, Marvin Martin a finalement dû se résoudre à rester un an de plus dans le Doubs, avec en guise de compensation un renouvellement de contrat d'un an, assorti d'une revalorisation salariale et d'une clause de départ en cas d'offre intéressante pour le club. Mais, à peine le cas du néo-international géré, que le FCSM doit désormais faire face aux velléités de départ de Modibo Maïga et Kévin Anin. Arrivés l'été dernier en provenance du Mans et du Havre, l'attaquant, auteur de 15 buts en 36 matches de championnat, et le milieu de terrain sont devenus des piliers de l'effectif. Hors de question pour Alexandre Lacombe de laisser partir des joueurs en pleine force de l'âge, 25 ans, et arrivés seulement un an plus tôt. Mais ces deux derniers ne l'entendent pas de cette oreille. Dimanche matin, alors que Sochaux avait concédé la veille un nul rageant au Stade Bonal face à Lorient (1-1), Maïga et Anin ne se sont pas présentés au décrassage, sans donner de raison à leur absence. A l'heure lundi matin, ils ont été priés d'aller s'entraîner durant toute la semaine avec l'équipe réserve par l'entraîneur Mécha Bazdarevic, soutenu par le président Alexandre Lacombe. "Ils sont écartés jusqu'à ce que tout rentre dans l'ordre", a indiqué le technicien franc-comtois à L'Est Républicain. Richert: "Ça commence à nuire au groupe" Pour sa défense, Maïga a indiqué au quotidien Le Pays"avoir été malade. J'ai même pris sur moi pour pouvoir jouer. Le docteur était au courant. Je n'étais pas bien après le match et, dimanche, j'ai dormi". Une version confirmée par le docteur Philippe Pasquier, mais qui ne peut servir d'excuse selon ce dernier: "Modibo présentait les symptômes d'une infection virale, rien d'inquiétant. Je lui ai donné un traitement avant et pendant le match et il a pu jouer... En outre, les joueurs malades sont tenus d'en informer le staff technique ou le médecin ce qui n'a pas été le cas". Kévin Anin évoque quant à lui des difficultés à s'endormir et une panne de réveil. Des explications pour le moins vaseuses qui ne peuvent occulter la réelle volonté des joueurs qui souhaitent quitter le club coûte que coûte. Une situation qui a le don d'exaspérer l'un des cadres du groupe, le gardien Teddy Richert. "Ça dure trop, ça commence à nuire au groupe. Le message a été passé. À un moment donné, on peut être contrarié mais le groupe passe avant tout. Il y a des règles à respecter. C'est ça le message, tant pis pour ceux qui ne l'écoutent pas. Dimanche, on faisait la vidéo pour parler de l'erreur qui nous coûte la victoire. Et il y en a qui ne sont pas là. C'est surtout ça qui m'embête. Après, qu'ils ne fassent pas les soins et les massages, je m'en fous un petit peu", a ainsi confié à L'Est Républicain le portier de 36 ans. Dans une situation quasi-similaire il y a quelques semaines, Marvin Martin se montre plus compréhensif envers ses coéquipiers. Il a ainsi indiqué ne pas comprendre les sifflets adressés par le public de Bonal à Maïga: "Modi est quelqu'un de fort. Mais cela fait toujours mal quand ça arrive. Il doit y penser, c'est normal. Être sifflé par son propre public, c'est très dur... Les supporters devraient mettre tout ça de côté, je pense, et se dire surtout qu'on a besoin de Modi au meilleur de sa forme. On oublie vite qu'il a marqué quinze buts la saison passée, qu'il reste très important pour l'équipe. Qu'il ait voulu partir me semble normal. Moi aussi j'ai eu cette envie...". Reste qu'aujourd'hui, Maïga comme Anin mettent en péril, au nom de leur propre intérêt, l'équilibre d'un groupe en pleine reconstruction et qui aura besoin de toutes ses forces vives pour tenir sa place en Ligue 1.