Skrela: "La déception ne passe jamais"

  • A
  • A
Skrela: "La déception ne passe jamais"
Partagez sur :

Jean-Claude Skrela a déjà connu ça. Finaliste de la Coupe du monde 1999, le directeur technique national, sait combien il est difficile de passer à autre chose. S'il considère que "c'est la première fois que l'équipe de France est aussi près" ou encore que le traitement subi par Marc Lièvremont "est trop dur", il ne perd pas espoir quant à l'avenir du XV de France qu'il voit un jour champion du monde.

Jean-Claude Skrela a déjà connu ça. Finaliste de la Coupe du monde 1999, le directeur technique national, sait combien il est difficile de passer à autre chose. S'il considère que "c'est la première fois que l'équipe de France est aussi près" ou encore que le traitement subi par Marc Lièvremont "est trop dur", il ne perd pas espoir quant à l'avenir du XV de France qu'il voit un jour champion du monde. Est-ce qu'on peut dire qu'on n'a jamais été aussi près de gagner une Coupe du monde ? Oui, bien sûr car on vient mourir à un point donc c'est celle où on a été le plus près. Mais on n'a pas su se donner les moyens sur le terrain, à un moment donné lorsqu'on dominait cette équipe néo-zélandaise, de se créer des situations pour aller les battre. C'est la première fois que l'équipe de France est aussi près. Venir mourir à un point ce n'est quand même pas loin, mais ça l'est tout de même parce que nous ne sommes pas champions. La déception d'une défaite en finale de Coupe du monde finit-elle par passer avec le temps ? Non. Moi j'en ai perdu une, ça n'est jamais passé. Ça fait déjà douze ans et ce n'est jamais passé parce que lorsque l'on joue des finales, c'est pour les gagner et aujourd'hui, au-delà de ce qu'il s'est passé, de la joie qu'il peut y avoir, il y a un certain point de déception qui fait que ça ne passe jamais. Comment analysez-vous ce qu'a vécu Marc Lièvremont ? Je pense que j'ai vécu à peu près la même chose que lui. C'est trop dur, à un moment donné, le rugby reste un jeu. On dit beaucoup de choses, la réponse elle est là avec le public, 15 000 personnes qui l'ont applaudi. Quelle est la personne, quel est le joueur, quel est l'entraineur qui a joué une finale de Coupe du monde et qui a emmené l'équipe de France en finale ? Il n'y en a qu'un, c'est lui. Le traiter comme il l'a été, je trouve que c'est très dur, trop dur par rapport à un jeu. La Fédération lui a fait confiance jusqu'au bout, elle a eu raison puisqu'il a emmené l'équipe de France en finale. Après, il y a eu des difficultés mais quand vous partez quatre mois, si vous n'avez pas de difficulté dans un groupe, dans n'importe quelle structure, s'il n'y a pas de problèmes en quatre mois de vie commune, qu'on vienne m'en informer. Le rugby français a donné du bonheur à la France dans ces moments un peu difficiles ? Beaucoup. Je crois que dans la période où on vit, qui est très négative, c'est bien si le rugby a pu donner, et l'équipe de France en particulier, beaucoup de plaisir aux 15 millions, 18 par moments, de téléspectateurs et à tous ceux qui ont regardé des matches comme sur le parvis de l'Hôtel de Ville (25 000 personnes), ceux qui étaient là aujourd'hui (15 000). Si le rugby a pu leur donner un peu de plaisir, c'est bien, on en est fier ils nous le rendent. C'est un bon petit moment passé ensemble pour fêter et remercier les joueurs. Le rugby français sera un jour champion du monde ? Oui. Oui il le sera un jour. Quand ? Je ne sais pas, mais oui il le sera un jour et on va tout faire pour que ce soit dans quatre ans en Angleterre.