Simone, première à Bastia

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Simone, première à Bastia
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Vendredi soir à Bastia, lors de la 7e journée de Ligue 2, Marco Simone fera ses grands débuts en tant qu'entraîneur de l'AS Monaco. C'est un chantier immense qui attend l'ancien attaquant transalpin, tant Laurent Banide, démis lundi de ses fonctions de manière rocambolesque, a laissé le club asémiste mal en point (18e au classement). L'inexpérience de Simone n'est pas là pour rassurer.

Vendredi soir à Bastia, lors de la 7e journée de Ligue 2, Marco Simone fera ses grands débuts en tant qu'entraîneur de l'AS Monaco. C'est un chantier immense qui attend l'ancien attaquant transalpin, tant Laurent Banide, démis lundi de ses fonctions de manière rocambolesque, a laissé le club asémiste mal en point (18e au classement). L'inexpérience de Simone n'est pas là pour rassurer. A l'issue de la défaite à Louis II face à Angers (1-3), vendredi dernier lors de la 6e journée de Ligue 2, Laurent Banide, le coach monégasque, semble abattu. Lors de la rencontre, il a passé la majorité de son temps avachi sur le banc, le regard dans le vide, comme sonné par la prestation insipide de ses poulains. S'il s'attendait certainement à un début de saison délicat, eu égard à l'intersaison agitée traversée par le Rocher (plus de 30 départs pour une dizaine d'arrivées), Banide, encore marqué par sa responsabilité (avec Guy Lacombe) dans la descente de l'ASM en mai dernier, n'imaginait pas vivre un tel cauchemar avec deux défaites et quatre nuls en guise d'attaque de saison. Conséquence: pressentie depuis plusieurs jours, l'éviction de Laurent Banide est intervenue lundi, dans des conditions pour le moins rocambolesques. Dans les colonnes de Nice-Matin mardi, l'intéressé raconte: "Ça s'est passé très vite. A 14h30, je travaillais encore sur le recrutement d'un joueur avec Jean-Luc Buisine. J'ai dirigé les deux séances, matin et après-midi. A la fin de l'entraînement, j'ai reçu une convocation pour voir le président à 19h. Et en prenant ma douche, j'ai entendu que j'étais viré." Responsable du recrutement depuis deux mois, Jean-Luc Buisine a visiblement joué un double jeu, puisqu'on apprenait mercredi que dans le même temps, il tentait de négocier l'arrivée au club de Rolland Courbis. Ce dernier expliquait à Nice-Matin qu'il pensait être choisi pour succéder à Banide: "C'était pour moi une fierté d'aider Monaco à gommer une anomalie. C'était une exception. Je leur ai dit oui. A 17h lundi après-midi, je pensais que je serais l'entraîneur de Monaco. Je n'ai pas été choisi, mais je n'en veux pas aux responsables monégasques. Je souhaite bonne chance à Marco." Car c'est bien Marco Simone, proche du Prince Albert, qui a été choisi pour remettre le navire monégasque à flot. Un choix venu d'en haut, qui prouve une nouvelle fois que la marge de manoeuvre décisionnelle d'Etienne Franzi, le président de l'ASM, reste limitée. Un retour de Courbis (joueur de 77 à 82) aurait de toute façon été délicat, lorsqu'on sait qu'il fut un temps indésirable sur le territoire monégasque et dans ses casinos notamment. Un onze à rebâtir Si l'ancien attaquant de l'ASM (1999-2003, champion de France 2000) est donc le nouvel entraîneur de Monaco (pour deux ans, plus une année en option si remontée en Ligue 1), un choix qui peut surprendre vu son CV vierge dans le métier, il ne sera pas le seul à la barre. Jean Petit, devenu par la force des choses conseiller sportif, l'épaulera dans sa mission tout comme Frédéric Barilaro, actuel directeur du centre de formation. C'est d'ailleurs ce dernier qui, mardi, a dirigé le premier entraînement de l'ère Simone. Si Jean Petit se retrouve là grâce au DEPF (diplôme d'entraîneur professionnel) dont Simone n'est pas titulaire, Barilaro lui dispose d'une vraie crédibilité auprès des jeunes, nombreux, présents dans l'effectif professionnel. En s'engageant avec l'ASM, Marco Simone a immédiatement résilié son contrat de consultant avec Canal+ et renoncé, temporairement, à ses activités d'agent de joueur et de scout pour des clubs italiens. Indispensable, lorsqu'on sait qu'il avait jusqu'alors plusieurs jeunes pousses monégasques sous son aile, actuellement dans l'équipe première. Ce qui aurait pu prêter à confusion. Lors de sa présentation, mardi, Simone a confié qu'il ne se sentait pas encore véritablement entraîneur: "J'ai dit aux joueurs que je ne suis pas encore entraîneur. Je débute, ils le savent, il ne sert à rien de mentir. Je vais beaucoup apprendre à leurs côtés ces prochains mois, mais j'ai aussi des idées et des convictions à faire valoir pour les aider à retrouver la confiance." Au-delà de son inexpérience, la tâche de Simone s'annonce ardue, tant le chantier semble vaste. Si les débuts de Monaco en Ligue 2 ont été prometteurs par séquence, le jeu monégasque s'est liquéfié avec l'enchaînement des rencontres, manquant cruellement de fluidité et de spontanéité. Pire, les arrivées de Giuly et Vahirua ont conduit à une réorganisation tactique (du 4-3-3 au 4-4-2, puis un retour au 4-3-3) qui a considérablement nuit à l'équilibre de l'équipe sur le terrain, et mis Eysseric, pourtant essentiel à l'animation du jeu, sur le banc. Marco Simone va devoir, alors qu'une semaine à trois matches se profile (Bastia vendredi puis Arles et Laval ensuite), repartir de zéro et dégager un nouveau onze titulaire. "Je ne suis pas magicien. Nous sommes dans l'urgence avec ce match à préparer à Bastia. Je vais simplement leur donner deux consignes pour le match de vendredi, et elles seront précises", prévient le nouveau technicien de l'ASM. Cela sera-t-il suffisant ? Monaco n'a en tout cas plus de temps pour tâtonner...