Simon sort de sa réserve

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Simon sort de sa réserve
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C'est une équipe de France tourmentée qui s'en va défier l'Autriche ce week-end dans le cadre du premier tour de la Coupe Davis. En l'absence de Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, Gilles Simon assumera alors le rôle de leader d'un groupe tricolore sans doute moins uni qu'il n'y paraît. Dans un entretien accordé à L'Equipe, le Niçois ne mâche pas ses mots. A l'égard de son capitaine, Guy Forget, notamment.

C'est une équipe de France tourmentée qui s'en va défier l'Autriche ce week-end dans le cadre du premier tour de la Coupe Davis. En l'absence de Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, Gilles Simon assumera alors le rôle de leader d'un groupe tricolore sans doute moins uni qu'il n'y paraît. Dans un entretien accordé à L'Equipe, le Niçois ne mâche pas ses mots. A l'égard de son capitaine, Guy Forget, notamment. Amère, la défaite de Belgrade en décembre dernier a laissé des traces. Dans la tête de Gilles Simon notamment. Balayé par Novak Djokovic lors du deuxième simple de la finale de la Coupe Davis 2010, le Niçois n'a pas digéré le scénario qui s'en est suivi. "A Belgrade, on aurait tous pris une valise contre Djokovic. Il a fallu attendre que Gaël prenne une rouste le dimanche pour le comprendre, rappelle-t-il ce lundi dans les pages de L'Equipe. Le dernier jour contre Troicki, il fallait envoyer celui qui avait le plus de chances. Et je pense que c'était moi." L'intéressé en voulant pour preuve son bilan de cinq victoires sans le moindre set concédé sur le Serbe en question. Alors, simple vengeance que cette sortie médiatique clairement hostile à Guy Forget, capitaine de l'équipe de France ? A priori non, Gilles Simon décrivant un mal plus profond que cette blessure d'orgueil. Alors qu'il sera ce week-end en Autriche le fer de lance de Bleus privés de trois pièces-maîtresses - Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet étant tous forfait pour l'occasion - l'Azuréen brosse un tableau peu flatteur de la sélection française. "L'an dernier, quand j'ai fait le bilan après la finale, ça n'allait pas. Je me sentais mal dans l'équipe telle qu'elle fonctionnait. Au lieu d'être un plaisir, être en équipe de France était devenu un poids", souffle-t-il, avant de s'en expliquer. Gilles Simon remet ainsi en cause l'organisation même de la vie en équipe de France. "Je suis arrivé en sélection dans l'idée qu'il fallait absolument se plier aux règles. Et qu'est-ce que je vois ? Je vois que chacun arrive à l'heure qu'il veut, que chacun fait ce qu'il veut. Quand tu vois que tu es le seul à faire des efforts, ça ne peut plus marcher. [...] Moi, j'aimerais plus de règles. Ou alors, si c'est vraiment libre, que chacun vienne avec son coach. Ces deux dernières années, avec ce fonctionnement à la carte, je ne me sentais pas à l'aise." "Les conseils de Forget m'ont parasité plus qu'autre chose" Autre malaise, l'incompréhension manifeste qui règne entre le joueur et Guy Forget... "Qu'il ne me parle pas de mon jeu quand il est sur la chaise et moi sur le terrain. Ou alors qu'il passe plus de temps à regarder comment je gagne, demande-t-il dans les colonnes du quotidien sportif. Guy a une vision d'action et moi je joue plus en réaction. C'était un attaquant. Il a gagné la Coupe Davis et Bercy en attaquant. Donc ça, c'est sa perception du jeu. Je le respecte, mais ça ne colle pas du tout à ma façon de jouer. Il retient les points gagnants mais pas les fautes que je fais faire à l'autre. Quand j'ai joué en Coupe Davis, j'ai vachement écouté ses conseils, mais ça m'a parasité plus qu'autre chose." Par le biais d'une conférence de presse téléphonique dimanche, le capitaine des Bleus avait anticipé cette publication: "On a l'impression qu'il y a vraiment eu un gros souci, alors que non. Gilles a eu l'impression que je n'avais pas confiance en lui, ce qui est totalement faux. On s'est dit qu'il fallait sûrement que l'on communique plus ensemble pour que je le rassure et que lui m'aide mieux à comprendre l'évolution de son jeu et ce qu'il travaille à certains moments. Maintenant, on n'est pas à des années-lumière l'un de l'autre en ce qui concerne son tennis." Gilles Simon, au final, ne prétend pas le contraire. Evoquant une discussion entre quatre yeux lors du dernier Open d'Australie, il y a un mois, le n°30 mondial assure: "Il m'a donné les réponses que j'attendais, je n'ai plus de raison de ne pas vouloir aller en équipe de France." Quant à sa motivation à l'idée de jouer à Vienne ce week-end: "Si je vais sur le terrain, je donnerai tout, c'est le minimum", clame-t-il. Avec une première victoire en Coupe Davis à la clef ?