Simon: "Chacun ses forces"

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Simon: "Chacun ses forces"
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Gilles Simon a réussi à se défaire de Juan Martin Del Potro (4-6, 7-6, 6-2, 7-6) au terme d'un nouveau match long, dans la nuit de dimanche à lundi au 3e tour de l'US Open. Le Niçois a totalisé 11 heures de jeu lors de ses trois premiers matches pour se qualifier en deuxième semaine. Il fait le point sur son état de forme et son profil atypique sur le circuit.

Gilles Simon a réussi à se défaire de Juan Martin Del Potro (4-6, 7-6, 6-2, 7-6) au terme d'un nouveau match long, dans la nuit de dimanche à lundi au 3e tour de l'US Open. Le Niçois a totalisé 11 heures de jeu lors de ses trois premiers matches pour se qualifier en deuxième semaine. Il fait le point sur son état de forme et son profil atypique sur le circuit. Gilles, comment vous sentez-vous après un nouveau match long (3h57') ? J'étais plus tendu, je n'arrivais pas du tout à me relâcher. Autant le dernier match, quand je l'ai joué, je savais que le lendemain j'allais être bien et que j'allais récupérer, autant celui-là je sais que lundi je vais avoir bobo... Parce que j'ai mis trop de temps à me relâcher, et au moment où ça allait mieux, je me suis crispé à nouveau. Et puis bien, pas à moitié. Donc voilà, ça a été dur. Après le dernier match vous aviez déclaré que vous préfèreriez "faire 10cm de plus, quitte à avoir moins de réserves", et changer votre façon de jouer. Pourtant, après ce match, Del Potro a justement dit que votre jeu le gênait. Vous ne pensez pas que c'est plutôt un bon avantage pour vous ? Peut-être. En même temps, si je faisais sa taille, je pense que je gagnerais le match beaucoup plus tôt (sourire). Il ne faut quand même pas sous-estimer l'importance d'avoir l'avantage de la taille systématiquement sur toutes les mises en jeu, que ce soit les siennes ou les miennes. Parce que l'envergure, ça sert au service, mais ça sert aussi énormément en retour. Ce n'est quand même pas un hasard si tous les mecs - à peu près - dans le top 10 font 1,90m, ça doit quelque part correspondre à la taille idéale. Sur ce match, le fait que vous ayez eu plus d'endurance, de réserves, de capacité à courir sur toutes les balles, a peut-être quand même fait la différence... Cette fois, peut-être. Mais ce que je dis, c'est que si j'avais son service, je pense que le match serait beaucoup plus tranquille pour moi aussi (grand sourire). Je n'aurais pas besoin d'aller taper dans ces réserves. "Il y a de moins en moins de joueurs qui ont mon physique ou mon gabarit" En même temps, vous êtes un peu celui que les autres ne veulent pas rencontrer, avec votre jeu. C'est un motif de satisfaction ? Je ne sais pas, parce que moi aussi ça me fait péter les plombs de mon côté ! Quand à la fin il commence à rater et que pourtant je n'arrive pas à retourner, parce qu'à chaque fois que je commence l'échange - même si je vois qu'il court moins bien - il fait un gros service, que je retourne comme je peux et que je prends un gros carton, j'ai les boules aussi ! Chacun ses forces. Après oui, je pense qu'ils ont moins l'habitude, il y a de moins en moins de joueurs qui ont mon physique ou mon gabarit, donc ils ont moins l'habitude de se confronter à ça, ils ont plus l'habitude de se rentrer dedans bien... (il fait un signe du poing et rit). Je dois être différent mais bon, il en reste quelques-uns. Je trouve ça un peu dommage, déjà parce que je fais 1,80m, mais aussi parce que dans le tennis, ce que j'aimais justement quand je regardais, c'est que tous les gabarits pouvaient jouer selon les surfaces. Désormais, les terrains, les balles, les conditions de jeu avantagent énormément les grands gabarits. Et puis c'est pour ça aussi que les Grands Chelems sont pratiquement tout le temps gagnés par les meilleurs: parce qu'il n'y a pratiquement plus de différence entre les surfaces, donc comme ils sont meilleurs, ils le sont partout. En plus du tie-break final, l'un des moments clés s'est déroulé à 0-40 sur votre service avec trois balles de set pour Del Potro, dans le quatrième set. Comment avez-vous géré ce moment ? Je savais qu'il fallait que je sois plus agressif. Mais je commençais à être vraiment fatigué sur le court, et c'était plus dur de frapper dans la balle. À chaque fois qu'il faisait un bon coup, c'était dur pour moi de courir et de taper fort aussi. Je perdais de l'espace, et j'étais assez loin de ma ligne à certains moments. Donc je savais qu'il fallait que je l'agresse. C'est ce que j'ai essayé de faire. Je crois que j'ai fait un bon service volée, ensuite j'ai fait un coup gagnant et puis un bon service derrière. J'ai réussi à le faire, c'était une bonne idée (il sourit). Le fait que cette victoire vous procure votre meilleur résultat à l'US Open apporte-t-il un gain de confiance pour le tour suivant ? Non, car à chaque fois c'est dur, et je sais que dans deux jours ça va être dur encore. J'essaie juste de bien récupérer et d'être prêt physiquement. Parce que je sais que même quand je ne joue pas très bien, si physiquement je suis prêt, je suis dur à battre quoiqu'il arrive. Parce que je fais jouer, je passe du temps sur le terrain, et je sais qu'à un moment je vais trouver des solutions. Le pire pour moi, c'est d'arriver et de ne pas être à 100% physiquement, parce que là ça va être beaucoup plus dur. Donc pour le prochain tour, la confiance va plutôt dépendre de comment je me sens avant le match au niveau physique.