Shakhtar, l'épouvantail

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Shakhtar, l'épouvantail
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Patronyme le moins ronflant des huit quarts de finaliste de la Ligue des champions, le Shakhtar Donestk n'en est pas moins une équipe à prendre très au sérieux. Premiers de leur groupe devant Arsenal, puis tombeurs de l'AS Roma en huitièmes de finale, les Ukrainiens se préparent à défier le FC Barcelone dès mercredi au Camp Nou. Avec des arguments à faire valoir.

Patronyme le moins ronflant des huit quarts de finaliste de la Ligue des champions, le Shakhtar Donestk n'en est pas moins une équipe à prendre très au sérieux. Premiers de leur groupe devant Arsenal, puis tombeurs de l'AS Roma en huitièmes de finale, les Ukrainiens se préparent à défier le FC Barcelone dès mercredi au Camp Nou. Avec des arguments à faire valoir. C'est le petit poucet, l'invité surprise des quarts de finale de la Ligue des champions. Seul novice à ce stade de la compétition parmi les huit équipes encore en lice (*), le Shakhtar Donetsk n'est pas pour autant l'adversaire le moins craint. La preuve avec cette déclaration de Johan Cruyff, icône catalane, qui redoute une confrontation difficile pour les doubles champions d'Espagne. "Le Real va se qualifier pour les demi-finales. En revanche, pour le Barça, je suis moins sûr. Je me méfie du Shakhtar, a déclaré le Néerlandais dans les colonnes du Periodico de Catalunya. Le style direct de Tottenham convient bien aux Madrilènes. Le Shakhtar, c'est une autre histoire. Une équipe bien plus dangereuse." Une équipe qui a su gagner du crédit au fil des saisons. Depuis leur victoire en Coupe de l'UEFA en 2009, les Taupes n'ont cessé de progresser. Les statistiques sont là pour l'illustrer: 14 points d'avance sur le Dynamo Kiev après 22 journées de championnat ukrainien et une invincibilité à domicile qui court depuis fin 2008. Surtout, le projet de jeu de Mircea Lucescu apparaît on ne peut plus cohérent. Une défense solide autour de l'ancien Barcelonais Chygrinsky, protégée par deux milieux récupérateurs. Des latéraux offensifs, Rat et surtout le Croate Srna, excellent tireur de coups de pieds arrêtés. Le tout au service d'un quatuor offensif à l'accent brésilien (Douglas Costa, Willian Borges, Jadson et Luiz Adriano) qui dispose d'une liberté créative absolue. Le Shakhtar, c'est un collectif rodé et un cocktail détonant, qui a fait ses preuves contre l'AS Rome (3-2, 3-0), en huitièmes de finale. Auparavant, en phase de poule, Arsenal avait pu le constater en s'inclinant 2-1 sur la pelouse synthétique de l'imprenable Donbass Arena. Résultat, les Gunners ont terminé deuxièmes du groupe H et ont hérité d'un gros morceau en huitièmes de finale, le FC Barcelone, qui s'attaque à présent à l'armada ukrainienne. Srna: "Le Barça est la meilleure équipe du monde" Une chose est certaine, le Shakhtar n'aura rien à perdre. "Je crois que nous avons déjà atteint nos objectifs, assure le capitaine Darijo Srna sur le site du club. Maintenant, nous avons face à nous la meilleure équipe du monde. Et même à mon sens la meilleure équipe de l'histoire du football. Nous n'avons aucune pression à avoir. Nous n'avons qu'à aller sur le terrain, et jouer au football, ce qui est la marque de fabrique du Shakhtar." Le Croate est persuadé que le match aller, au Camp Nou mercedi soir, sera déterminant. "Nous devons tout faire pour obtenir un résultat décent à Barcelone. Nous savons tous que c'est toujours difficile de nous battre à la Donbass Arena." Or, si les hommes de Lucescu sont intraitables à domicile, il leur arrive de connaître quelques trous d'air en dehors de leur antre. En octobre dernier, ils avaient payé pour apprendre à l'Emirates Stadium (5-1). La leçon a-t-elle été retenue ? Les Ukrainiens savent en tout cas que l'exploit n'est pas irréalisable, la preuve: le Shakhtar était venu s'imposer au Camp Nou en Ligue des champions le 9 décembre 2008... (*) Tottenham a disputé une demi-finale de Coupe des champions en 1961-62.