Sept hommes en colère

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Sept hommes en colère
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Tout au long de cette VIIe Coupe du monde, notre site vous fait vivre au plus près de l'équipe de France. Tout ce qu'il faut savoir de l'actualité tricolore est à suivre au quotidien dans le Journal des Bleus. Le resserrement autour d'un quinze type met sur le grill sept joueurs exclus, dont le comportement et l'état d'esprit seront décisifs ces prochains jours pour l'avenir des Tricolores dans la compétition. Estebanez n'est pas foot, Le Yach' pense à Traille et Trinh-Duc va se tester.

Tout au long de cette VIIe Coupe du monde, notre site vous fait vivre au plus près de l'équipe de France. Tout ce qu'il faut savoir de l'actualité tricolore est à suivre au quotidien dans le Journal des Bleus. Le resserrement autour d'un quinze type met sur le grill sept joueurs exclus, dont le comportement et l'état d'esprit seront décisifs ces prochains jours pour l'avenir des Tricolores dans la compétition. Estebanez n'est pas foot, Le Yach' pense à Traille et Trinh-Duc va se tester. Traille, Marty, Doussain, Picamoles, Ouedraogo, Millo-Chluski, Guirado: retenez bien ces sept noms car ils pourraient fort bien tomber dans les limbes de cette Coupe du monde, ou tout aussi bien resurgir, à l'occasion, en pleine lumière sans que l'on ne s'y attende plus. Sept noms comme autant de recalés au pire moment qui soit sans doute dans la vie et la progression de cette équipe de France en route pour les quarts de finale. Marc Lièvremont l'a annoncé : face aux Tonga, le sélectionneur tricolore resserre son groupe et dessine déjà les contours de son équipe type en vue des matches couperet qui se profilent. Heureux les élus de Wellington, enfer et damnation pour les autres... "Chaque coupe du monde, chaque compétition, c'est l'éventuelle problématique qui peut se réaliser, souligne Lièvremont. On en a parlé, évidemment, ce qui fait aussi la réussite d'un groupe, ce sont ces joueurs qui ne jouent pas. Jo (Maso) leur en a parlé... D'abord, il peut y avoir des blessures, d'autres joueurs peuvent être réintégrés parce qu'il y a le sentiment, et je m'en félicite, que ces joueurs à tout moment peuvent postuler, sont au niveau et continuent à bosser. Ce sont des compétiteurs, ils ont déjà la chance de participer à cette aventure et rien ne dit que groupe des vingt-deux est figé jusqu'à la fin de la compétition." Bonnaire: "On savait qu'on aurait tous notre chance" La ligne de conduite est fixée, reste à s'y soumettre. Facile à dire... Si un Guilhem Guirado, troisième dans la hiérarchie des talonneurs et un Jean-Marc Doussain, suppléant de David Skrela, ont dès leur intégration au groupe été fixé sur leur statut, pour les autres, l'évidence est plus cruelle et sans doute bien difficile à admettre. Un Fulgence Ouedraogo, au sein de cette fameuse troisième ligne, où Lièvremont se plaît à compter le plus de talents, paraît plus barré que jamais par la concurrence, à la différence d'un Louis Picamoles, pour lequel la porte reste entrebâillée. Quand un Romain Millo-Chluski en deuxième ligne doit admettre l'avance prise par Pascal Papé. "Je l'ai connu lors de la dernière Coupe du monde, c'est toujours difficile, compatit le vice-capitaine. Pour les huit, ce n'est jamais évident. Il faut toujours garder une lueur d'espoir à l'esprit. C'est important de rester mobilisé. Comment faire ? Je crois que c'est beaucoup une démarche personnelle. Déjà capitale de par l'enjeu du match, cette semaine est doublement importante aussi de par l'état d'esprit. Ce sont des moments importants pour le groupe. On va voir si tout fonctionne bien." Julien Bonnaire, qui a su arracher le costume-cravate du début de compétition pour renfiler le maillot bleu au bon moment, il n'ya toutefois pas de secret: "Je m'accroche. On savait qu'on aurait tous notre chance pour montrer que l'on méritait d'être titulaire. Il faut arriver à la saison au bon moment." Ceux que l'on n'osait pas encore appelés "toasties" la semaine dernière resteront cloitrés dans leur silence jusqu'à un éventuel retour en grâce. Ironie de l'histoire, leurs porte-voix seront ceux-là même qui les ont supplantés dans l'esprit du sélectionneur: "Pour moi, c'est difficile d'en parler quand on est sur la feuille de match", lâche, gêné, Fabrice Estebanez, qui débutera sur le banc face aux Tonga. Pour Maxime Médard, titularisé à l'arrière, qui renvoie Traille en tribunes, "il y a des déçus, des gens plus heureux, des tensions, c'est certain, mais on est des hommes. On discute..." Même s'il faut savoir y mettre les formes: "Par respect, je préfère dans un premier temps m'effacer..." Et aussi par pudeur pour la détresse des autres. Mais aussi... Estebanez: "Nous, on ne fait pas de réunions" Interrogé sur la nécessité, ou non, au sein du groupe de procéder à des réunions de crise pour mettre clarifier les éventuels conflits, Fabrice Estebanez, un brin agacé, a livré sa vision de son sport et de ses moeurs: "Je pense qu'il y a une grande différence entre nous et certains sports collectifs. Si vous voulez savoir s'il y a des crises comme on a pu en voir au football, non, on ne fait pas de réunions... On sait très bien où on veut aller, on a un objectif commun et on sait très bien qu'il faut bosser pour, de toute façon, celui qui ne veut pas bosser, il se mettra à l'écart tout seul et puis certains sauront leur dire... Mais, pour l'heure, tout le monde est concerné, tout le monde a envie d'aller le plus loin possible." Yachvili pense à Traille La phalange biarrote vit décidément des jours bien tourmentés en Nouvelle-Zélande. Déjà amputée avant même le départ de ses deux papas, Thion et Marconnet, la voilà confrontée à la disgrâce d'un Damien Traille sans doute plus coupable de ses performances quelconques plus que de sa sortie médiatique après la défaite face aux Blacks (37-17). Le solidarité des hommes du BO n'en reste pas moins vraie, à l'image de ces mots de réconfort de Dimitri Yachvili pour son coéquipier: "C'est mon compagnon de chambrée, je vis avec lui 24 heures sur 24. Ce sont pour lui des moments difficiles que j'ai vécu en 2003, c'est dur pour lui à son âge. Maintenant, la Coupe du monde n'est pas finie, il faut rester concerné, même s'ils ne sont évidemment pas évidents à gérer." Quoi de neuf, Doc' ? Si les Bleus se comptaient mardi 28 à l'occasion de leur entraînement en public de la semaine, la dernière séance programmée ce jeudi matin, au lendemain d'une journée de repos et avant le départ pour Wellington, où le XV de France sera opposé dimanche aux Tonga, devrait permettre à la tête d'en savoir plus sur l'état de François Trinh-Duc. Victime d'une cervicalgie suite au choc reçu à la tête face aux All Blacks, l'ouvreur tricolore, qui doit débuter sur le banc face aux Tongiens, devrait en savoir plus sur sa capacité à tenir sa place. Le pilier Nicolas Mas, avec lequel Marc Lièvremont ne souhaite prendre aucun risque, poursuit son travail de réathlétisation en vue des quarts de finale. MARDI: Le "souk" ? Quel "souk" ?