"Sempre endavant" les Bleus !

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"Sempre endavant" les Bleus !
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Coupée du monde, ou presque, une semaine durant dans son nid d'aigles de Falgos pour y travailler au secret son projet de jeu, l'équipe de France redescend dimanche de sa montagne pour un bain de foule attendu. Un entraînement en public dans le chaudron d'Aimé-Giral, où la ferveur catalane devrait apporter le point final idéal à ce second stage de la préparation des Bleus.

Coupée du monde, ou presque, une semaine durant dans son nid d'aigles de Falgos pour y travailler au secret son projet de jeu, l'équipe de France redescend dimanche de sa montagne pour un bain de foule attendu. Un entraînement en public dans le chaudron d'Aimé-Giral, où la ferveur catalane devrait apporter le point final idéal à ce second stage de la préparation des Bleus. "Ici, on est en pays de rugby. Les racines sont rugby. Aimé-Giral, Gilbert-Brutus sont des lieux magiques pour le public catalan et pour nous qui avons grandi ici. C'est le bonheur. Je suis sûr que les Catalans vont être ravis et enchantés de venir applaudir les joueurs de l'équipe nationale à Aimé-Giral." Jo Maso, en bon régional de l'étape, avait prévenu dès l'arrivée de l'équipe de France lundi, dans un aéroport de Perpignan déjà pris d'assaut par les supporters de l'équipe de France: le second stage de préparation des Bleus à la Coupe du monde en pays catalan allait trouver son épilogue idéal à l'occasion de l'entraînement public programmé ce dimanche, dans l'antre de l'Usap Soucieux de s'isoler dans le Haut Vallespir, sur leur billard du Domaine de Falgos, afin d'y peaufiner leurs combinaisons à l'abri des regards indiscrets, les Tricolores sont, il est vrai, restés invisibles pour le peuple sang et or, n'abandonnant jeudi leur nid d'aigles que l'espace d'une journée de transition et d'un sortie kayak en pleine mer, au large d'Argelès-sur-mer. C'est un peu dommage pour les Catalans, mais ce n'est pas moi qui décide, commente David Marty, l'un des quatre Perpignanais sélectionnés pour cette Coupe du monde aux côtés de Mas, Mermoz et Guirado. "Dimanche, à Aimé-Giral, j'espère qu'il y aura du monde et qu'on pourra en faire profiter tout le monde. En 2007, à Font-Romeu, il y avait déjà beaucoup de monde, avec la route en moins, ça promet." Un appel au peuple entendu puisque 10 000 places d'Aimé-Giral avaient dès mardi déjà trouvé preneurs. Marty: "Une sorte de retour à la civilisation" Heureux les Catalans de ce groupe France qui toute cette semaine évoluaient en effet à domicile, à quelques kilomètres seulement de leurs foyers. "On connaît tout le monde, on connaît les lieux, confirme Marty, dont l'Usap a déjà fréquenté Falgos en stage. On n'a pas la contrainte du voyage, en plus, la famille va peut-être pouvoir monter un soir ou deux dans la semaine, pour nous, on est un peu encore à la maison." Leurs coéquipiers seront venus les saluer. Jusqu'au staff, emmené par son nouveau manager, Jacques Delmas, convié à partager la table de Marc Lièvremont en cours de semaine. Et si le programme des Bleus s'est avéré encore des plus copieux, l'occasion leur fut donné de goûter aux saveurs locales avec jeudi, au terme de leur raid marin, un barbecue sur la plage et la dégustation des fameuses grillades catalanes. Mais l'hospitalité a ses limites. Laurent Arbo, ancien ailier de l'Usap, reconverti en tant que préparateur physique (voir par ailleurs), aura beau être sondé, lui l'amateur de champignons qui évolue aussi sur ses terres, pas question de trahir les meilleurs "spots" du coin: "Je n'en donnerai aucun, aucun... (rires)" Enfant du pays -le Vallespirien est le parrain du terrain de Falgos- Guilhem Guirado se savait en première ligne cette semaine. Forcément attendu au tournant par ses partenaires: "Ça va être sympa là-haut, mais les autres joueurs ne vont pas nous louper, nous les Catalans, s'il y a un petit défaut..." Le talonneur ne croyait pas si bien dire... Yoann Huget, le Bayonnais, s'en est chargé: "On est en pays catalan, on le sent bien, c'est le terrain de Guilhem Guirado. On sent qu'ils (les Catalans) montent en puissance, on ne les entendait pas trop au Chambon et puis là d'un coup... Bon, au niveau du temps, on se croirait au Chambon quand même. On nous avait promis du soleil et ça fait deux jours de pluie (rires)." Dimanche en revanche sera chaud dans un Aimé-Giral chauffé à blanc pour la réception des Bleus. "Ça permettra de revoir un peu de rugby, se réjouit Marty, d'autant qu'il y a un premier match amical dès vendredi (l'Usap affrontait Agen en amical, ndlr), parce qu'on a malheureusement arrêté la saison assez tôt. Et puis c'est bien pour les touristes, les vacanciers, ça change de la plage. Ce sera pour nous l'occasion d'un bain de foule parce qu'ici on est un peu isolé, mais on en a besoin pour travailler. Une sorte de retour à la civilisation." Et même si l'enceinte sang et or possède la réputation certainement pas usurpée d'être impitoyable pour ses visiteurs, Maxime Mermoz prévient: "On a un public plus ou moins chauvin, mais quand on parle du maillot de l'équipe de France, on sent vraiment une unité." Et Guirado de confirmer: "Je pense que les Catalans sont super contents de venir nous voir, ils n'attendant que ça pour montrer que la France est derrière nous, et que Perpignan, qui est une ville rugby, le sera d'autant plus, comme pourront l'être Biarritz, Toulouse,... Ce sera bon de se le rappeler dans des moments difficiles quand on sera seuls en Nouvelle-Zélande." Alors que les Bleus fassent le plein !