Sébastien Bourdais se confie

  • A
  • A
Sébastien Bourdais se confie
@ Reuters
Partagez sur :

SPORT AUTO - L'ex pilote F1 et désormais pilote en Superleague et en Endurance se confie.

SPORT AUTO - L'ex pilote F1 et désormais pilote en Superleague et en Endurance se confie. Comment se présente ce week-end à Magny-Cours ?Disons que nous découvrons au fur et à mesure les soucis d'une voiture qui n'a pas forcément été entretenue correctement. On nous l'a vendue comme une monoplace prête à rouler et ce n'est vraiment pas le cas. Nous allons de mauvaise surprise en mauvaise surprise. En fait, c'est un miracle que nous soyons passés au travers à Silverstone.Est-ce à dire que vous avez rencontré de nouveaux problèmes depuis l'accident à Assen ?L'accident ce n'était rien... juste l'aileron... nous avons en revanche connu de gros soucis de boite et d'embrayage. Puis une panne de couverture chauffante. Ça a vraiment été un week-end noir. Il ne faudrait pas que ce soit pire à Magny-Cours parce qu'alors je ne répondrais plus de rien (rires).Pensez-vous être prêts à temps pour cette troisième manche de Superleague ?Nous sommes dans l'attente du kit de réparation du réservoir - sinon je vais encore avoir le derrière dans l'essence, ce qui n'est pas très agréable. Mais à part ça, oui, je pense que nous serons au départ.Au départ... et compétitif ?Oui je le pense. A Assen, nous l'aurions été comme à Silverstone si nous avions pu nous exprimer. Seulement nous avons pu boucler 31 tours en trois jours... Je crois sincèrement que le team est compétitif, ce n'est pas le problème. En Superleague, il faut savoir qu'il y a très peu de pièces de rechange et que la moindre panne peut prendre d'énormes proportions. Or, sur notre voiture, il y a malheureusement beaucoup de choses à revoir...Vos ambitions personnelles en pâtissent forcément...On est en train de travailler à un arrangement. La voiture ne nous appartient pas et on ne peut pas continuer à changer des pièces, comme ça, sur une monoplace qui n'est pas la nôtre. C'est un problème avant tout extra-sportif. En terme de performance, je reste confiant et convaincu de la qualité de notre équipe. Par contre, on ne peut pas se permettre de revivre des week-ends blancs comme celui que l'on a vécu à Assen. A force de prendre 50 ou 80 points de retard, on risque de se retrouver rapidement distancé. "Ce serait bien qu'il y ait à l'avenir une vraie discipline alternative à la F1"Quel regard portez-vous sur ce championnat qui semble en l'état très perfectible ?C'est un beau championnat. Seulement il n'a que trois ans d'existence et cherche encore un peu sa voie. Il y a beaucoup de choses à finaliser, le format a déjà été revisité, il faut simplement le stabiliser dans le temps. Je crois que la Superleague a énormément de potentiel. Il nous faudrait juste davantage d'exposition pour que ça décolle vraiment. A l'heure actuelle, ce n'est pas un tremplin mais ce serait bien qu'il y ait à l'avenir une vraie discipline alternative à la F1. Ça manque cruellement aujourd'hui.Le fait de piloter sous les couleurs de l'OL signifie-t-il quelque chose pour vous ?Oui, forcément. Même si je ne suis pas forcément un grand fan de football, c'est plus sympathique pour un Français de défendre les couleurs d'un club de son pays (l'an dernier, Sébastien Bourdais pilotait sous la bannière du FC Séville, ndlr). En plus, les dirigeants de l'OL sont réellement investis dans le projet, ils s'intéressent de près à nos résultats. C'est une collaboration agréable.Parallèlement à la Superleague, vous suivez un programme Endurance. Après les 1000 km de Spa, vous allez vous attaquez bientôt aux 24 Heures du Mans. Avec un sentiment de revanche ?Non, il n'y a pas de revanche à prendre. C'est effectivement une course qui me tient à coeur. En tant que Manceau d'autant plus. C'est la plus belle, la référence, en Endurance et tout le monde veut la gagner. J'ai eu l'opportunité de terminer deux fois deuxième déjà, et ce serait bien que cette année soit la bonne... C'est une course compliquée mais j'entends bien y participer jusqu'à ce qu'elle me sourie.Comptez-vous vous investir sur le long terme dans ces deux disciplines que sont la Superleague et l'Endurance ?En Endurance, nous avons un vrai projet d'avenir avec Peugeot. L'an prochain, nous avons déjà une belle voiture qui s'annonce et nous souhaitons continuer à progresser ensemble. Pour ce qui est de la Superleague, ça devrait également s'inscrire sur le long terme puisque l'Endurance ne me prend que peu de temps sur la saison. Or, plus je roule, mieux c'est !"Tout est parti d'une grosse incompréhension avec Toro Rosso"Avez-vous un temps envisagé un retour aux Etats-Unis ?Je vous avoue que j'y ai pas mal songé cet hiver. Le problème, c'est la situation financière sur place. Plus personne n'investit dans le sport auto là-bas. Alors si c'est pour retourner aux US et piloter au sein d'une structure médiocre, voire pire, ça ne m'intéresse pas. Je n'ai que des bons souvenirs aux Etats-Unis et j'entends bien les garder. Si un jour je franchis à nouveau le pas, c'est qu'il y aura un beau challenge de l'autre côté. Ce n'est pas le cas pour le moment... mais il ne faut jamais dire jamais...Cela vaut pour la F1 également ?Je crois avoir fait le tour de la question. J'ai 31 ans... je ne vois pas comment je pourrais me retrouver à nouveau dans un baquet de F1. D'autant que ca ne s'est pas très bien passé à l'époque. Si quelqu'un m'offre un volant, pourquoi pas ? Mais personnellement, j'ai arrêté de courir après. Ne gardez-vous pas de cette expérience en F1 le sentiment d'un énorme gâchis ?Tout est parti d'une grosse incompréhension avec Toro Rosso. Dès le premier test, alors que rien n'était signé, je leur ai fait comprendre qu'ils perdaient leur temps, et moi aussi, s'ils avaient l'intention de me laisser une telle voiture dans les mains. A l'époque, on m'a assuré que je faisais du bon boulot et qu'on avait besoin de mon expérience. En fin de compte, ils avaient juste besoin d'un mec qui ferme sa gueule et aligne les tours. Ils ne décidaient pas du développement de la voiture ni des orientations techniques. Du coup, ça s'est fini comme ça devait se finir. C'était écrit d'avance. Même si je me demande encore aujourd'hui pourquoi ils ont fait appel à moi. Maintenant, je n'ai pas de regrets. J'en aurais eu si je n'avais pas tenté l'expérience.N'est-il pas frustrant de ne pas avoir pu défendre vos chances au volant d'une monoplace compétitive ?Non, je n'ai ni frustration, ni amertume. Juste de l'incompréhension. Surtout par rapport à ce qui s'est passé lors du dernier week-end, lorsque mon père m'a appelé alors que je venais d'atterrir à Francfort pour me dire que les médias sur internet annonçaient ma rupture de contrat... Je l'ai appris comme ça, et de la part d'une telle structure, aussi carrée, j'avoue que ça m'étonne encore.Votre nom a été cité à l'intersaison lorsque Renault cherchait un second pilote. Avez-vous été approché cet hiver ?Non, je n'ai eu aucun contact. Je connais très bien Eric Boullier (le directeur du team Renault F1, ndlr), qui est un ami, et nous n'en avons même pas parlé. Renault avait besoin d'un pilote susceptible de lui ramener des sous, je ne suis jamais entré dans leurs plans. J'espérais que Romain (Grosjean, ndlr) soit conservé. Nous avons de nombreux pilotes de talent en France mais notre économie est telle qu'il est difficile pour un pilote de trouver des soutiens financiers. Et, les places, hélas, sont rares et chères en F1.